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 Reclamation •• Le Chapelier Fou

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Anonymous
Invité
Dim 6 Avr - 18:13
Chapelier & Jabberwock





J’avais envie. Envie d’écrire sur du papier, envie de laisser mon menton se poser sur mes genoux pliés. On a tous des envies, la mienne était simple ; rester dans cette pièce, ne plus bouger, m’enfermer dans un monde, un pays, une ville, une culture. Peut-être pour un conte, peut-être pour donner forme à un rêve. J’ai encore fait le même, le même songe interminable, où je suis sur ce sable d’or, sous ce soleil sans chaleur, face à une montagne sans fin. Y aurait-il un sens à ce que donne mon esprit ? Autant qu’il y a de sens à cette connerie de maladie ?!

Tu barras nerveusement de ton crayon les quelques mots écrits. Une histoire, une histoire comme les autres, avec seulement quelques lignes, des petits dessins maladroits dans les marges. Tu avais enlevé tes sandales abandonnées non loin, tu avais gardé ton gilet bleu, et tes mitaines noires.

Jabber’ qui s’accouda à la table, qui posa son stylo sur cette dernière, pour fixer la fenêtre. Une simple salle, vide, avec des bureaux, avec des livres venus de chez toi, tu l’avais choisi pour son absence d’humanité, pour t’héberger cette après-midi. Que faisais-tu à l’agence, Jabby Jabby, futile Jabby ? Pourquoi te faisais-tu mal ? Jabber’ la masochiste, Jabber’ la stupide.

Tu tendis ta main, à travers les rayons de lumière. Tu te demandais bien si tu les verrais transpercer cette dernière. Et si tu mourais maintenant, Jabber’ ? Et si tu arrêtais cet écœurement, Jabber’ ? Tes lèvres laissèrent passer un soupir, tes yeux glissèrent sur le petit miroir de poche poser près d’un bouquin. Vas-tu encore vérifier, Jabber’ ? Le cœur battant, la peur au ventre, si le monstre va revenir chuchoter ses mots dans ton cou, laisser sa bave sur ta joue. Mais ce n’est qu’une illusion, tu le sais Jabber’, n’est-ce pas ? Cette monstruosité ne peut pas se matérialiser, pas encore, et pourtant elle te hante et t’empoisonne. Tu t’infliges ça, Jabber’, tu te l’infliges toute seule.

Jabber’ Jabber’, tu te levis, tu avais entendu un bruit. Pourtant, tu étais certaine d'avoir fermé la porte à clé. Rien, de nouveau le silence. Je l’avais dit : venir ici ne t’apportait rien de bon. Ne l’ai-je pas murmuré ? Car tu risquais toujours de le croiser, et cela te faisait peur, et cela te faisait mal. Tu sentais ton cœur tambouriner, tu sentais ta gorge se serrer, tes forces te quitter, et le souvenir s’amener à sa vue. Jabber’, tu voulais pourtant lui parler, tant lui montrer ta rage, ta rancœur et tes questions, juste comprendre ce Chapelier. Mais Jabber’…

L’incompréhension est ta salvation.

Tu posas tes pieds nus sur le rebord du bureau, revenue sur ta chaise, celle-ci que tu fis tanguer en arrière, la laisser sur deux pieds. Jabber’, tu réfléchissais à ton conte, un nouveau, composé de sable et de vérité, de malheurs et d’une fin heureuse. Tu fermas les yeux, pour oublier l’ancienne pensée, tu les fermas sur le Chapelier, pour mieux visualiser. Un murmure sur ton intense problème, suprême réflexion de ta nouvelle histoire…Attention, que d’idées !

« Un crocodile remonte le Nil…Mais pour voler sans ailes, ça ne doit pas lui être compliqué, si ? Sérieux, pourquoi j’ai pris un crocodile ?! »

Incompréhension. La tête posée en arrière, le visage fermé et toujours aussi sérieux, dans le vide, tu les rouvris. Rien ne te vint, rien ne te prit.
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Anonymous
Invité
Jeu 10 Avr - 20:41

Dieu qu’il était vaste.

L’Océan... La Mer du Temps. Une immense étendue calme et crépusculaire, infinie se perdant au fond de chaque horizon, vaste miroir sans bords aux reflets irisée au couleur du ciel de mauve et d'or, recouverte d’une brume éternelle qui cachait ses tenants et ses aboutissements sous un voile d’interrogations. Une myste ombrageuse qui caressait sa surface doucement, comme on caressait la joue d'un enfant assoupi, flottant au gré des vents aléatoires du changement. Une dimension extérieure existant sans avoir à exister, englobant tout de son calme, et reliant toutes les îles des possibles, toutes les alternatives de chemins qui se font et se défont, toutes les cellules de l’histoire. Partie émergée qui naissent de l’abysse, se déplacent sur les courants, puis sombrent au fond de l’eau. Nul ligne déterminée ne peux être vu, ni même de chemin tracé ou planifié. Pas de carte sur et précise ou d'instrument permettant la navigation. Simplement une infinité de possibles, d'aléas et de complexes qui se combinent, et pouvant donner naissance à des milliers de scénarios, à des milliers d’histoires dans des milliers de dimensions.  

Dieu qu’il était cruel.

L’Océan dévoreur. Le Temps affamé. Sur sa surface, entres les îles isolées, voguaient sur les pauvres barques fragiles, les âmes perdues et aveugles. Leur vision incapable de percer la myste les rendaient faibles et sans défenses, ne pouvant voir si au loin un soleil rayonnait ou si l’orage se préparait. Sur leurs nacelles décrépies, elles avançaient au hasard au dessus des gouffres amers, cherchant désespérément quelque chose ou quelqu’un : une terre, un autre navire, un possible. Certaines se laissaient couler au fil de l’eau en dormant paisiblement, d’autres ramaient de toutes leurs forces à s’en épuiser, sans espoirs d'atteindre un des horizons. Quelques fois, les vents du changement soufflaient bien fort sur la mer, dispersant la brume et dévoilant les nuages noirs et rageurs de l’esprit qui réprimait sa sourde et étrange colère. Les larmes pleuraient abondamment sur l’eau en furie, et la tempête distordait l'espace et brisait la surface lisse de l’eau. Les immenses remous et les vagues monstrueuse dévoraient les îles assoupies, tandis que partout, isolées les unes des autres, les âmes sombrer dans l’abîme avec les cadavres des possibles et des bateaux. Qu’elles lutent de toutes leurs forces, de tout leur cœur, ou qu’elles se réfugient dans les bulles de rêves et de souvenirs, elles n’avaient que peu de chance d’en réchapper. Juste une question d’aléa. Le temps n’était pas colérique, il avait simplement le sommeil mouvementé.

Dieu qu'il était absurde.

Le Temps endormi. Le Monde assoupi. Insouciant des possibles qu'il faisait naître ou bien qu'il tuait. Inconscient des milliers d'âmes qu'il brassait et malmenait. Dans sa nuit profonde et étoilée, il ne savait rien, il ne prévoyait pas, il n'observait jamais : il ne faisait que rêver. Rêver à jamais, dormant paisiblement. Les orages et les tempêtes n'étaient pas de ses colères, seulement de ses mauvais rêves, de ses songes torturés. Et le calme qui régnait sur son dos n'était que le reflet de son sommeil tranquille. Le temps n'était pas un dieu sage et omniscient veillant au bon déroulement d'un plan méthodique, juste un enfant éternel dormant et dont les rêves changeants formaient nos vies. Et sur sa surfaces, les âmes n'étaient pas moins sottes : elles voguaient à l'aveugles somnolant elles aussi, elles rêvaient dans le rêve, et le temps dans les leurs. Et même si la tempête était loin et que le souffle était léger, les âmes parfois coulaient : leur ennui profond et leur sommeil agité faisait tanguer le bateau quand la mer était parfaite. Quand les âmes s’ennuyaient, elles devenaient si bête que simplement pour savoir, simplement pour exister, elles brisaient les mats, déchiraient les voiles et se jetaient à la mer, alors que le navire sombrait. Pendant ce temps, le Temps innocent rêvait. Inconscient des vies qu'il brisait et des possibles qu'il tuait. Car après tout, il en créait de nouveau sans même s'en rendre compte, et les âmes continuaient de voguer inlassablement. De possibles en possibles. De rivage en rivage. Sans jamais atteindre l'un des horizons.

Et pourtant, Dieu qu'il était beau ...

Malgré tout, que le spectacle était radieux, que sa musique était splendide ! Que sa tempête sonnait comme une symphonie mélodieuse, que son immensité formait une toile sublime, une peinture fabuleuse ! Et que ses histoires étaient palpitantes, ses rêves profonds, ses lignés passionnantes : une conte sans fin qui jamais ne commence ou ne termine, relatant tant d'aventure et d’événement, et sur son flot, tant de rencontre ! Tant de surprise ! Certaines plutôt bonnes, pour ceux qui savaient apprécier. D'autres plus dérangeantes, mais toujours dignes d'intérêt. Chacun était acteur sans même le savoir, et sans qu'elle ne s'en rende compte les âmes avaient un pouvoir. Un pouvoir sur le Rêve, par leurs rêves immergés. Et quelques fois, lorsque deux âmes se rencontraient, leurs songes se frôlaient et ils communiquaient.

C'est ce qui arriva ce jour là, quelque part dans une autre dimension : une âme sans navire rencontra une autre qui flottait. Elle se connaissait, enfin disons plutôt qu'elle le savait.

C'est l'histoire d'une rencontre entre deux êtres du passé, deux âmes errantes entres les possibles, deux temps qui furent arrachés. L'histoire qui s'écrit ou se réécrit après trois jours, trois ans, ou trois siècles. Car le temps n'est pas une linéaire, mais une mer endormi qui rêve à jamais, et les âmes ne sont que des manifestation passagères de ses songes stupides.

Et parfois, le hasard faisait bien les choses...

***

Dans des bureaux vide, le lézard réfléchissait : assise, posée, tranquille, elle cherchait l'inspiration pour ses petites histoires pleines de sens et d'espoirs. Mais une ombre est sur son visage, la voilà qui fait volte-face. Qu'a-t-elle donc perçue, un bruit, un son, une plainte ? Rien. Le néant. Pourtant, lui il l'entend. Il entend son cœur battre et la toile se serrer autour. Il entend son souffle chaud et doux, qui se retient, comme figé. Rien. Rien. Rien.

Le Jabberwocky, remit de sa frayeur, reprit son calme et s'adossa à nouveau à sa chaise, cherchant désespérément une idée, quelque chose pour la sortir du néant ! Bien décidée à avancer, elle se replonge dans son papier, et ses yeux magnifiques survolent les lignes rayées et les gribouillis étranges. Elle cherche, elle cherche encore. Jabby Jabby, joli Jabby, pourquoi cherches-tu ? Alors la lumière grésilla une seconde, et l'ombre passa devant les vitres éclairées. L'air se fit plus froid, plus lourd et chargé. Et sans qu'une porte ou une fenêtre ne soit ouverte, le souffle glissa doucement dans les allés. Bougeant quelques papiers, glaçant les âmes sans s'en rendre compte. Il y avait une mélodie à l'intérieur ... Une douce et étrange mélodie, une voix féminine qui résonnait. Non pas aux oreilles, les hommes ne pouvaient l'entendre. Mais le Jabberwocky n'était pas humain, et il percevait, il devinait, dans son petit cœur abîmé.

Une voix parla, sans avoir de provenance, semblant prendre part au souffle et résonner en son sein.

- Peut être parce que ce pauvre lézard, c'est toi, Jabby Jabby ♪ Un pauvre lézard sans ailes qui tente de voler, quelle drôle d'idée ! Quelle douce folie ...

Un souffle arracha la feuille, elle plana dans les airs. Si elle pouvait voler sans ailes, pourquoi le crocodile ne pourrait pas ? Elle glissa sur le vent, et il la rattrapa. Assis en haut d'une cloison dans un équilibre instable sans sembler s'en soucier, il regardait innocemment de son œil unique le papier, avec la curiosité d'un enfant, sans prêter attention au lézard sur le sol. Il regardait en silence, semblant concentré, son menton entre ses doigts. Alors il tourna la feuille dans l'autre sens et s'exclama naturellement en se redressant et tapant sur la feuille comme s'il venait de découvrir quelque chose, alors que la cloison qui tanguait menacer sérieusement de dégringoler :

- Je le savais ! C'est plus facile à lire à l'endroit. Il enchaîna, semblant parler à quelqu'un que Jabber' ne pouvait voir. Comment ça ? je ne vous permet pas Milady ! Je savais parfaitement ce que je faisais.

Il n'avait pas lâcher la feuille des ye...- de l’œil et semblait toujours aussi faussement sérieux. Puis il déchira un morceau, la plia à plusieurs endroits et en fit un avions de papier. Il la lança et elle disparut quelque part dans les bureaux :

- Vole, petit crocodile ! Réalise ton rêve !

Il resta un moment, les coudes sur les genoux, regardant en souriant stupidement la direction dans laquelle l'avion était parti. Il se redressa à nouveau et épousseta son pentalon, alors que la cloison tanguait dangereusement.

- J'espère qu'il pensera à nous envoyer une carte postal ... Il sauta sur le sol et se retourna vers l'autre lézard sans ailes, il semblait surpris, et pourtant il semblait s'attendre à la trouver ici. Tiens donc ... ! Tu es là. Tu ne t'envoles pas toi ?

Spoiler:
 
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Anonymous
Invité
Ven 11 Avr - 12:49
Chapelier & Jabberwock





Une lampe qui grésilla, un son dans l’air. Intonation. Simple intonation. Quelque chose effleurait mes épaules, pris d’une envie, une envie d’écrire sur ma peau, sans plume, sans encre. Une petite mélodie, elle m’était familière, comme un souvenir. Les souvenirs n’étaient pas bons, ils empoisonnaient le cœur, et mon cœur s’empoisonnait de cette chanson. Il faisait froid dans ce monde, et ma chaise redevint stable pour palier à l’instabilité. Imperturbable, reste imperturbable Jabber’. Ne cède pas à ta peur…

Jabber’, tu gardais ton crayon contre toi, comme s’il était une arme. Il t’a trouvé, Jabber’, t’a-t-il seulement cherché ? Toi, tu cherchais, le sens de ce souffle, le chemin d’un bout de papier. Oh, tu avais envie d’hurler, de contredire juste pour contrer. Contradiction à cette opposition. Tu aurais voulu crier. Lui dire de se montrer, car tu savais, Jabber’, tu savais qui il était, ce qu’il a toujours été.

Il est là, Jabber’, juste derrière toi.

Ton cœur se serra, tu aurais voulu courir, mais tu te levas simplement, serrant fort tes mâchoires au point de faire grincer tes dents. Tu pouvais voler Jabber’, tu avais une solution, la solution de deux bras tendus, d’un couteau découpant un dos, d’une hache déployant des côtes, de poumons se parant de plumes…Où avais-tu lu cette sanglante image Jabber’ ? Dans un livre, dans un rêve ? Dans ses yeux. Car ils étaient deux. Quand je fermais les miens, je les voyais deux, et personne ne me contredira ! Mais tu gardas tes lèvres closes, l’esprit gonflé de pensées. Fuir ? Non. Le frapper ? Tu avais envie, mais aussi l’effroi de l’effleurer. Il a tué ton Wock, il pouvait tué ta Jabber’. Et ça t’envenimait, comme une mélodie.

Tes yeux restaient fixés sur lui, tu amplifias ton agacement envers sa position, sa particularité, envers ce chapelier. Juste pour annihiler ton angoisse. Mais tu ne disais rien, car tu avais trop à dire, alors rien ne sortit. Tes iris lancèrent des éclairs en le voyant déchirer ce papier, à l’envoyer plus loin.

« Hé ! »

Alors, c’était tout ce que tu avais à sortir Jabber’ ? Jabber’ qui ne veut pas laisser s’envoler le morceau de papier. Tu voulais lui dire plus, tu ne faisais que rugir. Ton regard observa le papier s’envoler, avant de glisser sur le Chapelier. Serre tes poings Jabber’, peut-être arriveras-tu ainsi à lui casser une dent, à lui éborgner l’œil. Non, tu veux lui arracher les deux. Dans tes rêves, tu voulais les crever, dans la réalité, tu voulais finir son propre travail. Tu ne dis rien à ses paroles, il posait enfin son attention. Agacement. Fureur. Souffrance. Peur. Quatre émotions qui te permettaient de rester debout, de ne pas trembler.

La Peur.

« Pas depuis qu’on m’a brisé les ailes. »

Ironie cinglante. Tu te fis droite, te voulant fière, te voulant impartiale et effrayante. Vouloir n’était pas pouvoir, pauvre Jabber’. Comme si tu pouvais impressionner quelqu’un ainsi…Ironie cinglante avec un flot d’amertume. Oui, c’est lui que tu visais de tes paroles. Mais ça ne l’affecterait pas, tu en étais persuadée. Cette idée te mit plus en colère ; tu aurais voulu le frapper. Tu t’approchas de son piédestal, juste pour une petite victoire, l’y faire tomber. Tu donnas un violent coup de pied dedans pour ensuite cracher ton venin. Crache, crache pour ne pas pleurer. Crache, crache pour ne pas crier.

« Qu’est-ce que tu fous là, Chapelier ?! Y a un nombre pas possible de pièces et faut que tu viennes dans celle-ci ?! Va embêter quelqu’un d’autre, t’en as assez fait avec moi. Et puis descends donc avant de partir, que je t’aide à terminer ce que tu as commencé, que je puisse poser mes doigts sur cet œil et le crever ! »

Jabber’, ça ne servait à rien. Tu aurais voulu demander n’est-ce pas ? Mais la colère, mais l’angoisse, mais le souvenir vrillent tes sens, et tu ne peux rien dire. Tu ne veux juste pas pleurer devant lui, tu es sûre que ça lui ferait trop plaisir. Tu retins ce flot de jurons, tu retins tes mains de lui lancer tout ce que tu aurais pu trouver. Tu pris une longue inspiration, avant de détourner tes yeux colorés pour les poser là où devrait être ce pauvre papier.

« Je vais récupérer encore une chose que tu m’as brisé, après tout, c’est un passe-temps chez toi ; me regarder rattraper ce que tu aimes casser. »

Reproche sur reproche. Amertume et amertume. Tu aurais presque pu vomir cette haine, cette angoisse, cette douleur. Tu aurais pu les vomir ou exploser de l’intérieur. Tu n’en pouvais plus Jabber’, tu n’en pouvais plus de fixer cet œil, cet œil qui n’était plus là, qui s’en fichait bien de toi, de tout. D'avoir tué ce qui te semblait le plus cher. Tu en étais persuadée, et en même temps tu ne comprenais pas. Tu voulais comprendre, et tu ne pouvais pas ; tu ne voulais pas pouvoir, et tu pouvais vouloir. Jabber’, il te suffisait juste de prendre le thé, et de te laisser le questionner, mais non. Tu étais trop fière, trop furieuse, trop…rancunière. Et tes regrets ? Les regrets d’une Jabber’ qui aurait du mourir à la place d’un Wock.

Tu n’en pouvais plus, tu tournas les talons, te rapprochant de ta zone de recherches, pour retrouver le conte, le conte d’un crocodile du Nil qui cherchait à voler. Tu t’agenouillas pour le chercher, ne plus le fixer lui, celui dont l’identité passait tes crocs serrés. On aurait dit une formule maudite, une injure à toi-même que tu déviais vers lui. Futile Jabber’.

« Stupide Chapelier… »
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Anonymous
Invité
Mer 23 Avr - 19:21
Ça volait plutôt bien. Pour un bout de papier chargé de rêves brisés.

Le poème continua de planer tranquillement sur le souffle venu d’ailleurs, pour se perdre quelque part hors de la portée du regard des mortels, peut être coincé dans un repli tortueux du temps qui se forme et se déforme au gré du vent. Il lui avait offert un long et étrange voyage, un voyage périlleux au travers des différents possibles, un voyage que le bout de papier ne pourrait jamais oublié. Il ne reviendrait sans doute pas. Pas dans ce temps subjectif, pas dans cette dimension là. Il n’avait fait que lui ouvrir la porte, et maintenant il était libre de voir le monde et … De voler de ses propres ailes. Il en avait de la chance, ce petit crocodile … Il avait juste demandé un peu d’évasion, le voilà propulser très loin de son Nil. L’avion de papier était sa barque, et Lui, il lui souhaitait simplement – et sincèrement – un bon voyage.

Qu’il profite de ses ailes de papier nouvellement acquises, lui qui pouvait à présent voler loin des mortels et des esprits enchaînés de ce bas-monde.

Le Chapelier sourit tristement. Sous son chapeau, il sentait Miss Pringles qui tissait ses liens dans le cœur appétissant de la « dragonne ». Il sentait sa peur couler jusqu’à lui, telle une humeur noirâtre et visqueuse, dégoulinant sur les fils spirituels. Il y en avait beaucoup, elle suintait en abondance de ce petit cœur boursouflé de chagrin, gorgé de vie. Depuis qu’il était là, son nez le démangeait : l’odeur de la peur n’était pas agréable. Oh certes, elle plaisait à sa Lady, mais pas à lui. Elle était acre, sombre, soufrée. Il n’avait jamais aimé cette odeur. Après tout, il ne faisait plus parti de sa toile. Il était même ami de sa tisseuse. C’était vraiment dommage que la brunette empeste autant cet horrible sentiment, car en dessous, il pouvait discerner les effluves chauds et doux des sables du désert. L’odeur fraîche et agréable de la rosée, la saveur sucrée de la manne. Et la délicate et poétique sensation des rêves et des espoirs de nuits parsemées d’étoiles chantant et dansant pour une lune d’argent.

Un si beau bouquet, souillé par la peur. S’il n’avait pas été si détaché, le Chapelier eut été peiné d’un tel gâchis. Il se serait penché sur ses fleurs pour voir l’origine de la noirceur, nettoyer les délicats pétales, arrosé les racines. S’il n’avait pas été si détaché …

- Pas depuis qu’on m’a brisé les ailes.

Personne ne peut briser les ailes de quelqu’un d’autre. Les humains sont les seuls à pouvoir se les arracher eux même. Les autres peuvent les déplumer, les attacher, les ligoter et les torturer. Mais aucun n’est capable d’arracher les ailes de quelqu’un d’autre.

La jeune femme frappa soudain le perchoir du penseur équilibriste,  toutefois ce dernier avait déjà quitté son nid de fortune. Elle parla d’un ton dur qui ne collait pas avec ses traits raffinés, et dans ses yeux brulait la fureur d’un animal blessé et acculé. La dualité était quelque chose que le Chapelier savait apprécier. Toutefois, ici, elle le surprit.

- Qu’est ce que tu fous là, Chapelier ?! Y a un nombre pas possible de pièces et faut que tu viennes dans celle-ci ?! Va embêter quelqu’un d’autre t’en as assez fait avec moi. Et puis viens donc avant de partir que je t’aide à terminer ce que tu as commencé, que je puisse poser mes doigts sur cet œil et le crever !

Sans plus se faire désirer, l'étrange personnage jeta quelque chose nonchalamment vers Jabber', sans même la regarder. Cette dernière, surprise, rattrapa le petit objet entre ses mains et senti le contacte visqueux caresser ses paumes. En regardant entre ses doigts, elle put voir un oeil à l'iris rouge sang et à la racine encore fraîche. Subitement, elle jeta "l'oeil" plus loin, rageant intérieurement que son cruel interlocuteur ne se moque ainsi aussi impunément d'elle après tout ce qu'il lui avait fait. Elle repensa à son poème déchiré, et tourna les talons, tentant de ne pas exploser sous l'intensité des sentiments qu'elle pouvait ressentir.

- Je vais récupérer encore une chose que tu m’as brisé, après tout, c’est un passe temps chez toi ; me regarder rattraper ce que tu aimes casser.

La jeune femme s’éloigna sous le regard d’un chapelier presque attristé. Il ne ressentait pas de malaise non, son cœur poussiéreux était vide de toute empathie, mais il semblait affecté d’une quelconque manière. Toutefois, il ne parvenait pas à comprendre la rancœur de la conteuse vis-à-vis de son bout de papier : il avait permis au pauvre crocodile de réaliser son rêve ! Il s’interrogea, continuant de regarder sans bouger la jeune femme à tâtons chercher sans espoirs un récit qu’elle ne trouverait de toute façon jamais plus. Il était parti pour un ailleurs lointain ! Et pourtant à la porté de tous … Il eut un sourire mi-joyeux mi-triste à cette pensée. Puis il reporta son attention sur elle.

- Stupide Chapelier …

Marmonna la brunette blessée. Ces mots résonnèrent dans l’esprit du Chapelier. Non pas comme une provocation, ni même comme un reproche. Ils ne le blessèrent pas, ne le mirent pas en colère ou quoi que ce soit de la sorte. Dans cette situation, ces mots résonnèrent simplement comme … La chute d’une mauvaise blague. Il sourit tristement, laissant son regard voyager au gré de la brise qui s’était calmé. L’air était devenu lourd depuis qu’elle avait cessé ses activités.

- Vous m’en voulez d’avoir permis à ce cher petit crocodile de réaliser son rêve ? Entre vos mains, il n’aurait put qu’y rêver à jamais ! Regarder le bon coté des choses : j’ai permis à ce joli reptile de voler comme un oiseau, et lui ai offert le plus long des voyages …

Il avança doucement, sourire aux lèvres, d’un pas léger comme flottant à la surface d’une réalité qui ne le concernait plus.

- Ne croyez pas être le centre du monde : je ne passe pas mon temps à vous observez vous en particulier ! Je ne fais que … flotter au gré des courants du changement, et observer les âmes à la dérive sur l’océan du temps. Rien de plus.

Alors que la jeune femme se redressa, le Chapelier avait disparu. Elle se retourna, et tomba nez-à-nez avec lui, tête en bas, son chapeau tenant de lui même, allongé sur le dos sur un bureau. Son sourire avait disparu, et il plongeait son regard de son unique œil rougeâtre dans celui, magnifique, du jeune Jabberwocky. Tout en jouant avec sa cane entre ses doigts habile, il demanda avec toute l’innocence du monde :

- Pourquoi me détestez-vous ? 


Bien sur, la réponse il la connaissait déjà. Ce qu'il voulait entendre, c'était sa réponse. C'était peut être la moins intéressante des questions qu'il avait à poser, il en avait encore des tas d'autre ! Mais, il fallait commencer par éclaircir ce point avant tout autre. Pour remonter doucement le chemin des possibles ayant eut lieux et tenter de faire abstraction de ceux qui ne se sont pas produit.
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