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 Ecrits d'ennui

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Anonymous
Invité
Sam 1 Sep - 17:13
Voici donc mes textes, que vous allez détester ou aimer, mais qui sont toujours écrits avec amour (ou haine :P ). Ces textes ne traduisent pas seulement un besoin d'écriture, mais surtout des sentiments et mon histoire. A travers ces poèmes, nouvelles ou ... trucs inclassables, ceux d'entre vous qui feront attention, verront ma vie défiler, avec ses hauts et ses bas. Mais ne plongez pas trop loin, vous risqueriez d'en savoir trop :P

A vous maintenant, de me dire si tout cela en vaut la peine ou pas :D


❣ - ❣ - ❣ - ❣ - ❣ - ❣


TEXTE 1 (texte écrit il y a un moment déjà, mais qui il y a peu a refait surface ... Mais je ne sais pas si certains d'entre vous l'ont déjà lu ^^')


Je voudrais être une autre pour me blottir contre toi,
Pour pouvoir te chuchoter combien, chaque jour, je pense à toi.

Je voudrais être celle que tu aurais envie d'aimer,
Celle que, n'importe quand, tu voudrais embrasser.

Je voudrais me transformer en celle qui pourrait t'attirer,
Pour que, la nuit durant, le désir enflamme nos corps enlacés.

Mais je voudrais surtout, qu'un jour, tu ouvres les yeux,
Et que tu voies à quel point, pour moi seule, je te veux.




TEXTE 2 : Larmes de Sang


La salle surchauffée. Les chaises alignées. L'autel recouvert de velours rouge. Les bougies allumées pour l'occasion. Les couronnes de fleurs de toutes les couleurs. Et par-dessus tout ça, le cercueil noir. Mes yeux se ferment. La sensation du plastique froid sous mes cuisses. Les bruits étouffés à l'extérieur de la pièce. L'odeur d'encens, lourde et suave à la fois, qui plombe l'air. Des pas enfin semblent s'approcher. Un contact frôle mon épaule, peut-être une main amicale. Un parfum délicat et estival m'enveloppe, en même temps que des bras nus et frêles. Un chuchotis à mes oreilles se fait entendre : « Tout ira bien, mon enfant. ». Cette promesse, déjà entendue cent fois en quelque jours, apparaît pourtant bien creuse. Les larmes chaudes roulent sur mes joues. Les bras relâchent leur étreinte sans pour autant perdre le contact avec ma peau. D'autres bruits de pas, des respirations parfois profondes parfois saccadées résonnent à mes oreilles. L'atmosphère lourde s'épaissit encore tandis que les personnes qui j'entendais respirer prennent place sur les chaises.

Mes yeux s'ouvrent à nouveau et rencontrent le regard plein de compassion de quelque proche. Le voile de la douleur ne me laisse pas la moindre chance de reconnaître ce visage, qui m'est pourtant familier. Mon regard s'accroche à la main qui m'est tendue ; on attend de moi que je me lève. Je prends alors cette main, me redresse et suis mon guide vers un petit pupitre dressé juste devant le cercueil. Un discours, ils veulent que je fasse un discours. Leurs yeux, leur attente me le réclament. Mais quoi dire ? Parler de la douleur de perdre un être cher ; c'est si commun et vide à la fois. Comment exprimer une douleur qui ne demande qu'à être tue, murée dans le silence ? Où chercher les mots, où trouver le courage d'ouvrir une bouche fermée depuis bientôt une semaine ? Comment faire comprendre la destruction d'un univers ? Pourquoi s'acharner ainsi à vouloir … parler ?

Ma bouche s'ouvre. Pour se refermer aussitôt. Un mouvement flou là au fond a coupé mon élan. Ton visage se dessine, ton sourire apaisant, ton corps élancé. Tu te tiens devant moi. Toi qui devrais être dans le cercueil derrière moi. J'observe longuement tes traits, mais il n'y a aucun doute : c'est bien toi, mon amour. Je te vois, et pourtant mon cerveau refuse de l'accepter. J'observe les autres et aucun ne t'a remarqué. Je ne comprends pas ; comment est-ce possible ? Peu à peu l'évidence fait sa place. A y regarder de plus près tu n'es pas consistant. Tu sembles quelque peu translucide.

Je me ressaisis alors, puise dans ta vision la force de parler. Le discours est court, poignant peut-être. La plupart se mettent à pleurer silencieusement. Je ne m'en soucie plus : tu es là. Tu es revenu rien que pour moi. Je suis la seule à te voir apparemment, la seule à profiter encore de ta présence. La tête baissée, je m'éloigne. Les discours des autres m'importent peu. Je sors alors discrètement de la pièce, espérant très fort que tu me suivras. C'est le cas. En dehors de la pièce, la chaleur est moins oppressante, l'air est plus respirable, le silence est moins pesant. Les larmes se sont asséchées et mon cœur semble plus léger.

J'observe ton visage si doux ; tu me parais si calme, bien plus apaisé, bien moins torturé que tous ces gens qui te disent adieu dans la pièce d'à côté. Tu n'as pas changé, tu es exactement comme dans mon souvenir et pas comme ce corps vide de toute substance qu'on m'a demandé d'identifier il y a quelques jours. L'amour qui me tourmentait une heure plus tôt à peine me redonne à présent des ailes. Cependant j'ai peur, peur que tu ne me quittes encore une fois. J'éloigne cette pensée désagréable pour revenir à ma contemplation ; toi aussi tu me fixes de tes yeux clairs. Tes magnifiques yeux dans lesquels on risque à tout moment de se perdre. Une mèche de tes beaux cheveux châtains tombe dans tes yeux et je tends la main pour la remettre en place. Je ne touche alors que du vide. Un frisson glacé me traverse l'échine quand je réalise l'horreur de la situation.

Mais déjà j'entends des bruits de chaises qui raclent le sol ; je ne vais plus tarder à être entourée. Ta tête se tourne vers la porte et tu t'évapores soudain. Mon cœur se serre à nouveau et les larmes refont surface … Juste au moment où les premiers proches sortent. La vision que j'offre ne doit pas être des plus réjouissantes : les yeux gonflés et larmoyants, toute tremblante je me tiens à peine debout au milieu de la pièce. Aussitôt, je me sens entourée par mes amis et ma famille qui me soutiennent physiquement et psychologiquement. Ils m'entrainent vers la sortie afin que je « prenne l'air » me disent-ils.

L'air frais, je dois l'admettre, me fait beaucoup de bien. Néanmoins il n'enlève pas le poids de ton inconsistance et de ta nouvelle disparition. Si personne d'autre que moi ne te voyait, pourquoi t'es-tu presque enfui ? Pourquoi être revenu pour repartir aussi vite ? Voudrais-je pouvoir te garder avec moi, pour toujours ? Non, je ne le veux pas. J'en ai besoin. Ta perte est trop douloureuse, je ne peux pas m'y résigner. Reviens-moi, au plus vite.

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤

Six semaines ont passé depuis l'enterrement. La brise souffle. La balancelle du porche me berce légèrement. Mes yeux sont secs d'avoir trop pleuré ces six dernières semaines. La tasse fumante dans mes mains représente la seule touche de chaleur dans mon univers. Ton fantôme est toujours à mes côtés depuis ce premier jour où je t'ai revu. Mais il n'est pas toi, il n'est que le reflet pale de ce que tu étais … Il ne peut apparemment pas me parler, il ne peut pas me tenir dans ses bras ; il ne peut que se contenter de rester près de moi, de me laisser le contempler pendant des heures. Il m'apporte un réconfort certain mais ne peut pallier à ton absence. Celle-ci se fait sentir tous les jours, à chaque heure, à chaque minute. Elle bat en moi comme un second cœur qui menace d'obliger l'autre à stopper ses pulsations. Elle me fait pleurer le soir et des nuits entières. Elle me rend chaque jour un peu plus malade.

Depuis quelques temps je fais des recherches pour trouver, je sais ça peut paraître étrange, un moyen de te faire revenir … Après tout je vois bien ton fantôme, pourquoi ne pourrais-je pas croire en une magie aussi forte que l'amour que je te porte ? Des tonnes de livres comme ceux qui trainent à côté de moi font état de toutes sortes de magies qu'on pourrait dire nécromanciennes. Certaines paraissent absurdes dès le début comme celles qui demandent des préparations à base des viscères de tel animal et de bout du cadavre de tel autre, mais certaines magies semblent plus profondes et m'intéressent un peu plus. Ces types de magies puisent dans la force vitale de la personne qui tente de faire revenir un être aimé, bien plus que dans ces imbécilités de potions miracles. Il y a bien sûr un nombre non négligeable de précautions, de recommandations, et une liste longue comme le bras de risques. Mais je suis prête à tout si je peux te récupérer.

J'ai d'ailleurs bientôt rendez-vous avec l'un des membres d'une association qui vient en aide aux proches dévastés par la perte d'un être cher. Je suis tombée sur leur site internet lors des recherches que je menais sur la nécromancie car ils semblent bien informés. Mes proches s'en inquiètent, me traitent comme une enfant et chuchotent dans mon dos que je deviens peu à peu folle... Je n'en ai que faire, du moment que d'autres qu'eux sont capables de m'aider, du moment que j'arrive à mes fins.

Voilà mon rendez-vous qui approche de la maison. Je tente alors de ranger un peu les papiers et livres qui trainent tout autour de moi et me lève pour accueillir mon invité. Habitué à présent à la présence de gens autour de moi, tu gardes la même place qu'avant mais je vois ton regard inquisiteur sur l'homme qui s'avance dans l'allée. Je dois reconnaître qu'il inspire un sentiment désagréable de crainte, mêlé de méfiance. Ce ne doit être qu'une impression, renforcée par sa tenue sombre après tout.

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤

Des cheveux ternes et plats. Des cernes sous les yeux. Des lèvres gercées. Un visage émacié. Des côtes proéminentes. Des bras et des jambes trop maigres. Ces quatre derniers mois n'ont pas amélioré l'image que me renvoie mon miroir. Ma nouvelle famille, l'association, soutient que je dois passer par là pour enfin atteindre mon but. Mes proches quant à eux sont de plus en plus inquiets et ne peuvent s'empêcher de débiter des mensonges ; par exemple que je suis entrée dans une secte et que je ne pourrai plus jamais en sortir. C'est faux ! Si tant est qu'un jour je veuille quitter cette nouvelle famille qui m'a ouvert les bras, je n'aurai aucun problème à le faire car nous sommes juste un soutien les uns pour les autres.

Mais bientôt j'irai mieux, et je pourrai prouver à tous que je ne suis pas devenue folle à cause de la douleur. Au contraire, c'est cette infinie douleur qui m'a donné la force de poursuivre ma voie ; je ne peux pas vivre sans l'homme de ma vie … Et son seul fantôme, muet qui plus est, ne peut pas combler le manque. Bientôt j'aurai assez de force vitale pour te faire revenir auprès de moi et plus personne ne pourra nous séparer. Bientôt nous serons unis par des liens plus forts que n'importe quel couple peut rêver d'avoir. D'ici quelque jours, les autres membres pensent que je serai prête. Mais j'ai peur que ça ne fonctionne pas …

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤

Je ne comprends pas … Ca ne devrait pas se passer comme ça … Tout est en place pourtant. Les bougies sont allumées. Le pentagramme est tracé avec du sel. Les membres font cercle autour de moi. Ta photo, avec une goutte de mon sang, est placée au centre parfait du pentagramme. J'ai bu la mixture qui aurait du me mettre en connexion avec le monde dont je veux t'enlever pour te ramener dans mon monde. Mais ça n'a pas les effets escomptés. Je me sens nauséeuse, je me sens hors du temps, mais je n'ai absolument pas de connexion avec toi. Ton fantôme est là lui aussi, et je vois dans ses yeux le reflet de mes propres craintes. Toujours muet, il ne semble pas laisser la place à une version de toi plus consistante.

A y regarder de plus près il a étonnamment la même expression que je dois avoir à l'instant même … J'essuie le sang qui souille ta photo et je la compare au fantôme qui me fait face. Là, je comprends et au même instant la vision disparaît. Un voile de larmes brouille ma vue tandis que je tombe à genoux. Tout ça n'était que le fruit de mon imagination et de ma douleur. Ton fantôme n'a jamais existé, tout comme la magie et la nécromancie particulièrement n'existent pas, tout comme les gens autour de moi appartiennent consciemment ou inconsciemment à une secte de la pire espèce, de celles qui profitent de la douleur d'avoir perdu un être cher pour recruter des membres faibles et manipulables à souhait.

Comment ai-je pu me tromper aussi longtemps ? Comment n'ai-je pas vu que le fantôme que je voyais n'était autre que le reflet de celle que je devenais mais comme peint sur le visage de celui que j'ai toujours aimé plus que tout ? Comment ai-je pu ignorer tant de signes, tant de mises en garde de mes proches ? Comment pourront-ils jamais me pardonner ce que je m’apprête à faire ?

Un bref regard autour de moi m'apprend que les fidèles n'ont pas compris ce qu'il se passe : ils doivent toujours penser que j'accomplis le rite. Je me relève et, profitant de l'ignorance de tout le monde, je m'empare du poignard en argent utilisé pour les rituels. Je m'attarde un instant pour observer le reflet déformé qu'il me renvoie. Dans mes yeux je vois une immense douleur, et une demande d'excuse que je ne pourrai jamais formuler. Etonnamment mes mains ne tremblent pas, car je sais que je te rejoins. Je sais que dans quelques secondes nous serons vraiment réuni à jamais.

Je ne sens pas la lame effilée s'enfoncer dans mon cœur, à peine ai-je le temps de voir tomber quelques gouttes de sang, semblables à mes larmes versées si souvent, que mon monde devient noir, noir, noir, noir …




TEXTE 3 (écrit en cours de latin, peu après avoir redonné à un ami cher une énième chance, malgré le mal qu'il m'avait fait ...)

Peur de toi et de tes mensonges,
Peur de tes problèmes dans mes songes.

Envie de te laisser,
Envie de te garder.

Peur de te permettre de m'attendrir,
Peur qu'après les larmes tu me fasses rire.

Envie de croire que tout cela n'est pas qu'un rêve,
Envie que plus jamais cet espoir tu ne l'enlèves.




TEXTE 4

La vie est une guerre. Une guerre dure et harassante. Une guerre dont personne ne sort indemne.
Une guerre qui ne laisse aucun répit. 
Qui peut dire de nos jours qu'il a arrêté de se battre et qu'il est heureux comme ça ? Qui peut dire qu'en se laissant dériver au grès des combats des autres on peut trouver le bonheur ? Personne. Car cette guerre, on ne choisit pas si on la mène ou pas. On choisit uniquement avec qui, contre qui et comment. On décide si on veut perdre toutes les batailles. On décide si on préfère lutter pour telle ou telle raison. On décide ce qui vaut la peine d'être défendu ou attaqué. Toutes ces batailles, perdues ou gagnées, ne nous font pas perdre ou gagner la guerre pour autant. On peut perdre de nombreuses batailles, on peut perdre de nombreux alliés, mais la guerre n'est jamais perdue ou gagnée tant qu'on est pas MORT.


Dernière édition par Reine des Neiges le Mar 18 Juin - 11:13, édité 6 fois
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Anonymous
Invité
Sam 1 Sep - 17:39
J'attends la suite :)


Dernière édition par Prince Charmant le Dim 24 Aoû - 20:16, édité 1 fois
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Anonymous
Invité
Sam 1 Sep - 17:44
Wa ! T'as fait fort ! :o
Tu m'as perdue en 1 seul commentaire x)

Donc ... La suite, n'est pas vraiment une suite puisque ce sont des textes séparés :P Ensuite ... Tous plus ou moins vécu euh ^^' Voilà xD Mais alors le coup des phrases profondes ... Explication ? ^^'
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Anonymous
Invité
Sam 1 Sep - 18:29
:)


Dernière édition par Prince Charmant le Dim 24 Aoû - 20:16, édité 1 fois
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Sam 1 Sep - 19:14
Ah ^^' Bon bah ... Bon courage pour lire mes textes, parce que mes sentiments sont parfois de ce genre-là :P
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Maelyss Haryn
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Sam 1 Sep - 19:27
Très joli poème :3




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Sam 1 Sep - 19:47
Mici Yel' ^^
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Maelyss Haryn
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Sam 1 Sep - 19:49
Faudrait quand même que je te trouve un surnom mieux que Reinette Ecrits d'ennui M083




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Sam 1 Sep - 20:01
Vi mais ça viendra avec le temps ;) Moi aussi je dois te trouver un surnom digne de ce nom :P
(rho il est trop chou ton smiley :3 )
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Maelyss Haryn
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Sam 1 Sep - 20:03
C'est pas le mien, je l'avais piqué à Kinder au départ :p




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Sam 1 Sep - 20:15
L'est mignon quand même :P
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Maelyss Haryn
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Sam 1 Sep - 20:17
Moi j'ai fais celui-là (et c'est pas une blague ^^) -.-




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Invité
Sam 18 Mai - 13:58
Je me permets de relancer mon petit topic pour vous présenter un texte que j'ai remis vendredi pour le cours de latin ... Dites-moi ce que vous en pensez ! :D


Larmes de Sang

La salle surchauffée. Les chaises alignées. L'autel recouvert de velours rouge. Les bougies allumées pour l'occasion. Les couronnes de fleurs de toutes les couleurs. Et par-dessus tout ça, le cercueil noir. Mes yeux se ferment. La sensation du plastique froid sous mes cuisses. Les bruits étouffés à l'extérieur de la pièce. L'odeur d'encens, lourde et suave à la fois, qui plombe l'air. Des pas enfin semblent s'approcher. Un contact frôle mon épaule, peut-être une main amicale. Un parfum délicat et estival m'enveloppe, en même temps que des bras nus et frêles. Un chuchotis à mes oreilles se fait entendre : « Tout ira bien, mon enfant. ». Cette promesse, déjà entendue cent fois en quelque jours, apparaît pourtant bien creuse. Les larmes chaudes roulent sur mes joues. Les bras relâchent leur étreinte sans pour autant perdre le contact avec ma peau. D'autres bruits de pas, des respirations parfois profondes parfois saccadées résonnent à mes oreilles. L'atmosphère lourde s'épaissit encore tandis que les personnes qui j'entendais respirer prennent place sur les chaises.

Mes yeux s'ouvrent à nouveau et rencontrent le regard plein de compassion de quelque proche. Le voile de la douleur ne me laisse pas la moindre chance de reconnaître ce visage, qui m'est pourtant familier. Mon regard s'accroche à la main qui m'est tendue ; on attend de moi que je me lève. Je prends alors cette main, me redresse et suis mon guide vers un petit pupitre dressé juste devant le cercueil. Un discours, ils veulent que je fasse un discours. Leurs yeux, leur attente me le réclament. Mais quoi dire ? Parler de la douleur de perdre un être cher ; c'est si commun et vide à la fois. Comment exprimer une douleur qui ne demande qu'à être tue, murée dans le silence ? Où chercher les mots, où trouver le courage d'ouvrir une bouche fermée depuis bientôt une semaine ? Comment faire comprendre la destruction d'un univers ? Pourquoi s'acharner ainsi à vouloir … parler ?

Ma bouche s'ouvre. Pour se refermer aussitôt. Un mouvement flou là au fond a coupé mon élan. Ton visage se dessine, ton sourire apaisant, ton corps élancé. Tu te tiens devant moi. Toi qui devrais être dans le cercueil derrière moi. J'observe longuement tes traits, mais il n'y a aucun doute : c'est bien toi, mon amour. Je te vois, et pourtant mon cerveau refuse de l'accepter. J'observe les autres et aucun ne t'a remarqué. Je ne comprends pas ; comment est-ce possible ? Peu à peu l'évidence fait sa place. A y regarder de plus près tu n'es pas consistant. Tu sembles quelque peu translucide.

Je me ressaisis alors, puise dans ta vision la force de parler. Le discours est court, poignant peut-être. La plupart se mettent à pleurer silencieusement. Je ne m'en soucie plus : tu es là. Tu es revenu rien que pour moi. Je suis la seule à te voir apparemment, la seule à profiter encore de ta présence. La tête baissée, je m'éloigne. Les discours des autres m'importent peu. Je sors alors discrètement de la pièce, espérant très fort que tu me suivras. C'est le cas. En dehors de la pièce, la chaleur est moins oppressante, l'air est plus respirable, le silence est moins pesant. Les larmes se sont asséchées et mon cœur semble plus léger.

J'observe ton visage si doux ; tu me parais si calme, bien plus apaisé, bien moins torturé que tous ces gens qui te disent adieu dans la pièce d'à côté. Tu n'as pas changé, tu es exactement comme dans mon souvenir et pas comme ce corps vide de toute substance qu'on m'a demandé d'identifier il y a quelques jours. L'amour qui me tourmentait une heure plus tôt à peine me redonne à présent des ailes. Cependant j'ai peur, peur que tu ne me quittes encore une fois. J'éloigne cette pensée désagréable pour revenir à ma contemplation ; toi aussi tu me fixes de tes yeux clairs. Tes magnifiques yeux dans lesquels on risque à tout moment de se perdre. Une mèche de tes beaux cheveux châtains tombe dans tes yeux et je tends la main pour la remettre en place. Je ne touche alors que du vide. Un frisson glacé me traverse l'échine quand je réalise l'horreur de la situation.

Mais déjà j'entends des bruits de chaises qui raclent le sol ; je ne vais plus tarder à être entourée. Ta tête se tourne vers la porte et tu t'évapores soudain. Mon cœur se serre à nouveau et les larmes refont surface … Juste au moment où les premiers proches sortent. La vision que j'offre ne doit pas être des plus réjouissantes : les yeux gonflés et larmoyants, toute tremblante je me tiens à peine debout au milieu de la pièce. Aussitôt, je me sens entourée par mes amis et ma famille qui me soutiennent physiquement et psychologiquement. Ils m'entrainent vers la sortie afin que je « prenne l'air » me disent-ils.

L'air frais, je dois l'admettre, me fait beaucoup de bien. Néanmoins il n'enlève pas le poids de ton inconsistance et de ta nouvelle disparition. Si personne d'autre que moi ne te voyait, pourquoi t'es-tu presque enfui ? Pourquoi être revenu pour repartir aussi vite ? Voudrais-je pouvoir te garder avec moi, pour toujours ? Non, je ne le veux pas. J'en ai besoin. Ta perte est trop douloureuse, je ne peux pas m'y résigner. Reviens-moi, au plus vite.



¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤



Six semaines ont passé depuis l'enterrement. La brise souffle. La balancelle du porche me berce légèrement. Mes yeux sont secs d'avoir trop pleuré ces six dernières semaines. La tasse fumante dans mes mains représente la seule touche de chaleur dans mon univers. Ton fantôme est toujours à mes côtés depuis ce premier jour où je t'ai revu. Mais il n'est pas toi, il n'est que le reflet pale de ce que tu étais … Il ne peut apparemment pas me parler, il ne peut pas me tenir dans ses bras ; il ne peut que se contenter de rester près de moi, de me laisser le contempler pendant des heures. Il m'apporte un réconfort certain mais ne peut pallier à ton absence. Celle-ci se fait sentir tous les jours, à chaque heure, à chaque minute. Elle bat en moi comme un second cœur qui menace d'obliger l'autre à stopper ses pulsations. Elle me fait pleurer le soir et des nuits entières. Elle me rend chaque jour un peu plus malade.


Depuis quelques temps je fais des recherches pour trouver, je sais ça peut paraître étrange, un moyen de te faire revenir … Après tout je vois bien ton fantôme, pourquoi ne pourrais-je pas croire en une magie aussi forte que l'amour que je te porte ? Des tonnes de livres comme ceux qui trainent à côté de moi font état de toutes sortes de magies qu'on pourrait dire nécromanciennes. Certaines paraissent absurdes dès le début comme celles qui demandent des préparations à base des viscères de tel animal et de bout du cadavre de tel autre, mais certaines magies semblent plus profondes et m'intéressent un peu plus. Ces types de magies puisent dans la force vitale de la personne qui tente de faire revenir un être aimé, bien plus que dans ces imbécilités de potions miracles. Il y a bien sûr un nombre non négligeable de précautions, de recommandations, et une liste longue comme le bras de risques. Mais je suis prête à tout si je peux te récupérer.

J'ai d'ailleurs bientôt rendez-vous avec l'un des membres d'une association qui vient en aide aux proches dévastés par la perte d'un être cher. Je suis tombée sur leur site internet lors des recherches que je menais sur la nécromancie car ils semblent bien informés. Mes proches s'en inquiètent, me traitent comme une enfant et chuchotent dans mon dos que je deviens peu à peu folle... Je n'en ai que faire, du moment que d'autres qu'eux sont capables de m'aider, du moment que j'arrive à mes fins.

Voilà mon rendez-vous qui approche de la maison. Je tente alors de ranger un peu les papiers et livres qui trainent tout autour de moi et me lève pour accueillir mon invité. Habitué à présent à la présence de gens autour de moi, tu gardes la même place qu'avant mais je vois ton regard inquisiteur sur l'homme qui s'avance dans l'allée. Je dois reconnaître qu'il inspire un sentiment désagréable de crainte, mêlé de méfiance. Ce ne doit être qu'une impression, renforcée par sa tenue sombre après tout.



¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤



Des cheveux ternes et plats. Des cernes sous les yeux. Des lèvres gercées. Un visage émacié. Des côtes proéminentes. Des bras et des jambes trop maigres. Ces quatre derniers mois n'ont pas amélioré l'image que me renvoie mon miroir. Ma nouvelle famille, l'association, soutient que je dois passer par là pour enfin atteindre mon but. Mes proches quant à eux sont de plus en plus inquiets et ne peuvent s'empêcher de débiter des mensonges ; par exemple que je suis entrée dans une secte et que je ne pourrai plus jamais en sortir. C'est faux ! Si tant est qu'un jour je veuille quitter cette nouvelle famille qui m'a ouvert les bras, je n'aurai aucun problème à le faire car nous sommes juste un soutien les uns pour les autres.

Mais bientôt j'irai mieux, et je pourrai prouver à tous que je ne suis pas devenue folle à cause de la douleur. Au contraire, c'est cette infinie douleur qui m'a donné la force de poursuivre ma voie ; je ne peux pas vivre sans l'homme de ma vie … Et son seul fantôme, muet qui plus est, ne peut pas combler le manque. Bientôt j'aurai assez de force vitale pour te faire revenir auprès de moi et plus personne ne pourra nous séparer. Bientôt nous serons unis par des liens plus forts que n'importe quel couple peut rêver d'avoir. D'ici quelque jours, les autres membres pensent que je serai prête. Mais j'ai peur que ça ne fonctionne pas …

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤



Je ne comprends pas … Ca ne devrait pas se passer comme ça … Tout est en place pourtant. Les bougies sont allumées. Le pentagramme est tracé avec du sel. Les membres font cercle autour de moi. Ta photo, avec une goutte de mon sang, est placée au centre parfait du pentagramme. J'ai bu la mixture qui aurait du me mettre en connexion avec le monde dont je veux t'enlever pour te ramener dans mon monde. Mais ça n'a pas les effets escomptés. Je me sens nauséeuse, je me sens hors du temps, mais je n'ai absolument pas de connexion avec toi. Ton fantôme est là lui aussi, et je vois dans ses yeux le reflet de mes propres craintes. Toujours muet, il ne semble pas laisser la place à une version de toi plus consistante.

A y regarder de plus près il a étonnamment la même expression que je dois avoir à l'instant même … J'essuie le sang qui souille ta photo et je la compare au fantôme qui me fait face. Là, je comprends et au même instant la vision disparaît. Un voile de larmes brouille ma vue tandis que je tombe à genoux. Tout ça n'était que le fruit de mon imagination et de ma douleur. Ton fantôme n'a jamais existé, tout comme la magie et la nécromancie particulièrement n'existent pas, tout comme les gens autour de moi appartiennent consciemment ou inconsciemment à une secte de la pire espèce, de celles qui profitent de la douleur d'avoir perdu un être cher pour recruter des membres faibles et manipulables à souhait.

Comment ai-je pu me tromper aussi longtemps ? Comment n'ai-je pas vu que le fantôme que je voyais n'était autre que le reflet de celle que je devenais mais comme peint sur le visage de celui que j'ai toujours aimé plus que tout ? Comment ai-je pu ignorer tant de signes, tant de mises en garde de mes proches ? Comment pourront-ils jamais me pardonner ce que je m’apprête à faire ?

Un bref regard autour de moi m'apprend que les fidèles n'ont pas compris ce qu'il se passe : ils doivent toujours penser que j'accomplis le rite. Je me relève et, profitant de l'ignorance de tout le monde, je m'empare du poignard en argent utilisé pour les rituels. Je m'attarde un instant pour observer le reflet déformé qu'il me renvoie. Dans mes yeux je vois une immense douleur, et une demande d'excuse que je ne pourrai jamais formuler. Etonnamment mes mains ne tremblent pas, car je sais que je te rejoins. Je sais que dans quelques secondes nous serons vraiment réuni à jamais.

Je ne sens pas la lame effilée s'enfoncer dans mon cœur, à peine ai-je le temps de voir tomber quelques gouttes de sang, semblables à mes larmes versées si souvent, que mon monde devient noir, noir, noir, noir …
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Agent Red
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Grande déesse des Cookies
Grande déesse des Cookies
Sam 18 Mai - 14:22
Et finalement, elle le retrouve ? Je vais pleurer, c'est juste magnifique et trop triste :'(



Ecrits d'ennui Team_c10
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Voir le profil de l'utilisateur https://agencecooki.lebonforum.com
Anonymous
Invité
Sam 18 Mai - 14:32
Si on croit à l'au-delà, elle le retrouve oui :3
Mais faut pas pleurer ma Reddiiie ! Je veux pas que tu pleures moi ! :(
*caliiiiiiiiiiiiiiiin*
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Anonymous
Invité
Sam 18 Mai - 14:55
J'adore ton poème. Il est magnifique et digne pour moi des plus grands. tellement d'émotion
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Anonymous
Invité
Sam 18 Mai - 14:59
Je n'en mérite pas tant, mais merciii Love2
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Agent Red
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Sam 18 Mai - 15:04
T'inquiète pas, y a mon père a côté alors j'évite parce que j'ai pas envie de lui expliquer x)
Et bah je décide qu'ils se retrouvent alors, na :p



Ecrits d'ennui Team_c10
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Anonymous
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Mer 29 Mai - 14:47
Ca ne fait certainement pas partie de mes meilleurs textes, mais j'ai retrouvé ça dans un de mes cours en bossant. Alors plutôt que l'effacer et le perdre à jamais, je vous fais lire (pour ceux que ça intéresse) ce que j'écris au lieu d'écouter en cours ...


TEXTE 3 (écrit en cours de latin, peu après avoir redonné à un ami cher une énième chance, malgré le mal qu'il m'avait fait ...)

Peur de toi et de tes mensonges,
Peur de tes problèmes dans mes songes.

Envie de te laisser,
Envie de te garder.

Peur de te permettre de m'attendrir,
Peur qu'après les larmes tu me fasses rire.

Envie de croire que tout cela n'est pas qu'un rêve,
Envie que plus jamais cet espoir tu ne l'enlèves.
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Maelyss Haryn
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Mer 29 Mai - 14:49
C'est beau :3 et triste aussi




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Anonymous
Invité
Mer 29 Mai - 14:51
Merci ma Yelli-choue :3 Et désolée pour le coté triste ^^'
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Maelyss Haryn
Messages : 9858
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Mer 29 Mai - 15:01
J'écris que de ça pratiquement, au point où j'en suis x)
De rien :3




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Anonymous
Invité
Jeu 30 Mai - 14:57
J'adore tout ce que t'as fait, le dernier est super beau, et triste :')
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Anonymous
Invité
Jeu 30 Mai - 16:10
Merci Silvyyy :3
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Anonymous
Invité
Mar 18 Juin - 11:10
TEXTE 4
La vie est une guerre. Une guerre dure et harassante. Une guerre dont personne ne sort indemne. Une guerre qui ne laisse aucun répit. 

Qui peut dire de nos jours qu'il a arrêté de se battre et qu'il est heureux comme ça ? Qui peut dire qu'en se laissant dériver au grès des combats des autres on peut trouver le bonheur ? Personne. Car cette guerre, on ne choisit pas si on la mène ou pas. On choisit uniquement avec qui, contre qui et comment. On décide si on veut perdre toutes les batailles. On décide si on préfère lutter pour telle ou telle raison. On décide ce qui vaut la peine d'être défendu ou attaqué. Toutes ces batailles, perdues ou gagnées, ne nous font pas perdre ou gagner la guerre pour autant. On peut perdre de nombreuses batailles, on peut perdre de nombreux alliés, mais la guerre n'est jamais perdue ou gagnée tant qu'on est pas MORT.



J'avais envie d'écrire aujourd'hui en attendant mon père après l'examen alors voilà ce que ça donne x_x
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Ecrits d'ennui

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