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 [PV Reine des Neiges] Le collier de la Reine

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Mer 30 Juil - 0:28


Les yeux rougis et toujours baignés par un tapis de larmes, la Reine fixait son collègue, l’air hagard. Pendant de nombreuses secondes, il ne sentit plus son souffle chaud sur son nez, lui indiquant qu’elle s’était probablement arrêtée de respirer lorsqu’il eut posé une main sur ses joues humides. Une réaction de surprise qui n’était pas surprenante. Parce qu’Oberon connaissait les doutes et les peurs de cette personne. Et il les comprenait sans doute mieux que quiconque dans cet Univers. Le Roi n’avait jamais voulu que son amie d’enfance apprenne ce qui s’était réellement passé dans son adolescence car il était effrayé à l’idée qu’elle le rejette, qu’elle le haïsse et qu’elle le blâme pour tout ces actes aussi inhumains. Et probablement que cette jeune fille, qui déversait toutes les larmes de son corps sur les doigts du souverain, pensait la même chose. Oui, un individu lambda l’aurait sûrement jugé et catégorisé dans les personnes à ne pas fréquenter mais qui était-il pour critiquer alors que, lui-même, n’assumait pas ses propres erreurs?

Serafina posa faiblement sa main sur celle de Zephyrius. Toujours aussi sensible à son environnement, il sentit, à travers sa main, le flux d’énergie vitale qui parcourait le corps de la jeune fille. Celui-ci était en nette diminution, probablement un contrecoup de toute cette émotion et de "l’incursion illégale" du souverain. Il voyait dans ce regard bleu qu’elle n’était pas totalement présente, sûrement étourdie ou au bord de l’évanouissement, le regard un peu vide. Elle abaissa alors sa main, glissant ses doigts à travers ceux d’Oberon, s’assurant de garder le tissu de soie entre leurs mains pour ne pas l’échapper à terre. Dans un premier temps, il s’était un peu inquiété de la voir perdre connaissance mais il ne put s’empêcher de fixer leurs doigts enchevêtrés et apprécier cette sensation de chaleur froide qui provenait de la peau de la jeune femme. Était-elle consciente de ce qu’elle faisait? Ce n’était pas vraiment le moment de se poser la question. Car elle avait commencé à marcher vers une souche d’arbre, non loin de là. Marcher, disons plutôt qu’elle titubait, entraînement doucement le souverain avec elle. Il aurait pu la lâcher mais s’il l’avait fait, probablement qu’elle serait tombée en avant. Il se laissa faire et, discrètement mais avec fermeté, il tirait tout doucement sur le bras de Serafina lorsqu’elle manquait de perdre l’équilibre. Finalement, elle défit son étreinte sur la main du monarque et se laissa tomber sur le vieux tronc d’arbre, réussissant tout de même à atterrir sur ses fesses. Assise plus ou moins convenablement, elle prit quelques minutes pour reprendre son souffle et ses esprits puis reprit la conversation là où elle s’était arrêtée. Sur des larmes.

«Je suis désolée de t’avoir imposé pareille situation ... D’abord les souvenirs puis les larmes. Ce n’était absolument pas mon intention et si j’avais su que mon histoire allait produire un tel effet, je me serais abstenue. Crois-moi. Et tant que j’y suis merci d’avoir voulu essuyer mes larmes ...»

répondit-elle alors d’une voix douce, essuyant les cascades d’eau salée qui dévalaient les pentes de ses joues. Même faisant cela, ses larmes ne s’étaient pas arrêtées de couler pour autant. Mais il n’y avait plus autant que l’instant précédent. Seules quelques gouttelettes récalcitrantes continuaient  de perler sur ses cils lorsqu’elles clignaient des yeux. Il le sentit également chez lui. Ses larmes ne coulaient plus. Il ne lui restait plus qu’à les effacer, comme sa consœur. Cette dernière leva sa main en direction de son visage mais dans un moment d’hésitation, elle se retint. Oberon, debout devant elle, était bien trop haut pour qu’elle puisse atteindre son visage. Et puis, elle se douta que c’était un geste qui pourrait blesser l’orgueil de sa majesté. Pas faux. Elle voulait sûrement lui rendre la pareille mais l’égo d’Oberon avait déjà été brisé plus d’une fois aujourd’hui et la facture commençait à s’alourdir un peu. Intérieurement, il fut heureux qu’elle ait renoncé, cela lui avait épargné le geste ingrat de la repousser. Elle se contenta de lui sourire tristement avant de poursuivre.

«Maintenant si ce que tu as vu t’incite à poser plus de questions, je t’en prie fais-toi plaisir. J’y répondrai sans détours ... Je te le dois bien après ce que tu viens de subir par ma faute. A croire que je me suis levée ce matin avec comme mission de te bousiller ta journée…»

finit-elle, en essayant de rire sur la fin de sa phrase. Mais la tristesse était bien trop grande. Si grande qu’elle détourna son regard, évitant celui de la fée. Il ne pouvait pas lui en vouloir. C’est en plongeant ses pupilles dans les siennes, qu’inconsciemment, il avait lu dans son cœur. Si Oberon maîtrisait sa magie élémentaire presque à la perfection, il ne pouvait pas en dire autant de sa magie mentale. Précisément parce que cette magie dépend de l’état mental de son utilisateur. Un seul moment d’égarement, d’émotions  et il pouvait détruire l’esprit des gens et le sien par la même occasion. Il avait commit assez de dégâts pour aujourd’hui. Elle pensait que c’était entièrement de sa faute mais il avait sa part de responsabilité, principalement son manque de contrôle sur sa télépathie. Et de ce fait, il était hors de question qu’il poursuive son « interrogatoire ». Sa curiosité pouvait bien attendre. Dans l’état actuel de Serafina, la moindre fausse note pourrait s’avérer très dangereuse pour sa santé.

Il s’approcha lentement d’elle, serrant le tissu de soie toujours entre ses mains, et continuait de fixer son interlocutrice. Non, il ne détournerait pas le regard. C’était une sorte de défi envers lui-même. Il fallait qu’il se rassure, il est capable de garder le contrôle. Il fallait qu’il se vide l’esprit et qu’il garde la tête froide. Il répondit à la jeune femme, avec une face toujours aussi peu expressive mais avec une voix se faisant toujours plus rassurante, plus sincère et un peu plus basse. Il fallait tendre un peu l’oreille pour bien discerner ses mots.

«C’est de ma faute. Je n’ai pas su tenir mes pouvoirs en laisse. Ta fatigue n’est pas uniquement due à un stress émotionnel mais bien à cause d’une présence étrangère dans ton esprit. Lorsque l’on n’y est pas habitué, cela peut être très éprouvant. Je te dois encore des excuses…»

Il souleva doucement les mèches qui recouvraient le front de la jeune femme et y déposa sa main, de la même façon dont les humains procédaient pour vérifier qu’un tel n’avait point de fièvre.

«Je ne suis pas un mage guérisseur. En revanche, je peux remettre un peu d’ordre dans ton esprit. Cela évitera  une migraine et te soulagera un peu. Ce n’est pas drôle dit comme cela, mais je ne voudrais pas avoir à te porter jusqu’à l’Organisation si tu perdais connaissance dans cette forêt. Si tu me permets…»

ajouta-t-il tout aussi calmement,  retirant alors sa main. Il existait bien un autre moyen de soulager le mal chez les fées mais ce n’était pas une méthode que le roi chérissait. Au contraire, il avait horreur de s’en servir et bizarrement, depuis plusieurs semaines, il avait eu recourt à ce pouvoir. Plus d’une fois. Oui, cette fameuse bénédiction par le baiser. Mais ce n’était que pour les cas extrêmes, Serafina ne risquait pas vraiment de mourir présentement. Même si l’idée n’était pas pour lui déplaire…Bref tout ce qu’il avait à faire, c’était effectuer un nettoyage psychique dans la tête de la Reine, ensuite quelques jours de repos pour elle  et tout irait pour le mieux. Il avait fait la même chose avec Nayomi, il n’y avait aucune raison que cela ne fonctionne pas avec elle. Les esprits de mages étaient plus puissants que ceux du commun des mortels.

Il toucha la vieille souche du bout des doigts et se rendit compte que l’écorce était bien trop molle pour supporter le poids d’un homme aussi imposant que lui, sans compter qu’il était en armure. Il mit alors un genou à terre et sans attendre une réponse de la part de la femme à la chevelure de neige, il prit la tête de cette dernière entre ses deux mains, avec une extrême délicatesse, passant ses mains et ses doigts à travers les mèches blanches. Il savait qu’il s’exposait à un rejet ou à une réaction de peur. Avoir un homme tel que lui aussi près de soi n’avait rien de rassurant. Mais il le fit quand même. Sans savoir pourquoi. De toute façon, depuis qu’il avait rencontré cette mystérieuse jeune femme, il faisait énormément de choses sans savoir pourquoi.

Ce geste simple forçait, en quelque sorte, la jeune femme à tourner son visage vers celui de Zephyrius. Il n’avait nullement l’intention de l’obliger à le regarder. Elle pourrait fermer les yeux ou tourner ses pupilles dans une autre direction. Il ne fit rien d’autre pour le moment. Il voulait s’assurer que Serafina était consentante. Mais avec tout ce fouillis de pensées qui défilait dans sa tête et les évènements qui s’enchaînaient, il avait complètement oublié d’essuyer ses larmes. Il sentait le mince fil d’eau salée qui continuait à serpenter entre les petites rides de son visage. Néanmoins, il continua à admirer le visage de l’agente, détaillant les moindres recoins de sa peau, de ses paupières, de ses lèvres et prit la parole à nouveau. À voix basse, à la limite du chuchotement.

«Je crois que ce n’est plus vraiment le moment pour les questions,  il est inutile de te faire plus de mal pour satisfaire ma curiosité. Et puis, cela fait des semaines que j’affronte des monstres et des ennemis en tout genre, en comparaison, cette journée…n’est pas si mal…plutôt belle même...»

finit-il, le regard rivé sur le visage de la Reine des Neiges. Il n’y avait pas vraiment besoin d’être psychologue pour comprendre qu’il n’y avait pas que sa journée qui était belle.

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Jeu 31 Juil - 8:06
    - C’est de ma faute. Je n’ai pas su tenir mes pouvoirs en laisse. Ta fatigue n’est pas uniquement due à un stress émotionnel mais bien à cause d’une présence étrangère dans ton esprit. Lorsque l’on n’y est pas habitué, cela peut être très éprouvant. Je te dois encore des excuses…


Oui c'est sûr que dans le domaine des intrusions mentales, Serafina s'y connaissait assez peu. Voir même pas du tout. Elle n'avait jamais maîtrisé pareille magie de son existence et les volontaires pour forcer les portes de son esprit étaient vraiment peu nombreux ... étrangement. Au fond, elle en venait à se demander si l'intrusion du Roi était une bonne ou une mauvaise chose. Elle aurait peut-être dû s'en offusquer : il s'était quand même permis d'établir un lien bien trop intime entre eux en entrant dans sa tête. Mais elle n'avait pas le coeur à faire un esclandre de ce qui lui semblait être si peu à l'instant présent. Malgré son étourdissement et sa fatigue évidente, sans compter les larmes qui peu à peu s’asséchaient, c'était comme si un poids avait quitté ses épaules. Elle se sentait légère comme jamais. Elle ne savait si l'explication se trouvait dans le fait qu'après cette expérience elle n'avait plus à s'inquiéter du jugement du Roi ou si, inconsciemment, en repartant de son espace le plus privé, il avait emporté une partie de ses tourments avec lui.

Tandis qu'Oberon posait brièvement une main chaude sur son front, comme pour prendre sa température, elle s'est allée à se demander si finalement elle ne devait pas le remercier plus que pour le tissu sacrifié.

    - Je ne suis pas un mage guérisseur. En revanche, je peux remettre un peu d’ordre dans ton esprit. Cela évitera  une migraine et te soulagera un peu. Ce n’est pas drôle dit comme cela, mais je ne voudrais pas avoir à te porter jusqu’à l’Organisation si tu perdais connaissance dans cette forêt. Si tu me permets...


La Reine s'est figée à nouveau. N'oubliant tout de même pas de respirer cette fois. De toute manière c'était différent, elle ne s'était pas figée par surprise mais par méfiance. Elle était prête à croire en la sincérité du guerrier qui se tenait debout face à elle. D'ailleurs s'il avait pu se mettre à son niveau à elle ça l'aurait arrangée, enfin soit. Mais elle avait eu son compte d'expériences psychiques pour un certain temps. Son esprit n'allait plus rester tellement privé si elle permettait à tout un chacun d'y circuler régulièrement. Pendant qu'elle caressait mentalement l'idée de lui refuser ce nouvel accès à ses pensées les plus secrètes, il a posé un genou au sol et a pris sa tête dans ses mains puissantes. Bon ... Il ne lui laissait plus tellement le choix. Elle n’allait pas avoir une réaction de vierge effarouchée et le repousser. De toute façon elle n’aurait fait que se ridiculiser puisqu’il était probable qu’elle se casse la figure du haut de son tronc d’arbre dans la foulée.

D’un autre côté, ce n’était pas comme si la présence du Roi lui était si désagréable. Dans d’autres circonstances, elle aurait sans doute été intimidée par sa stature et la force qu’il dégageait, mais là elle se sentait étrangement rassurée. Peut-être parce qu’il n’avait eu aucun geste violent envers elle, bien qu’elle soit dans une situation peu avantageuse. Peut-être parce que justement sa position de faiblesse lui faisait voir en son compagnon un bon défenseur en cas de problème.

A force de laisser dériver son esprit dans toutes sortes de réflexions plus ou moins inutiles, Serafina n’a pas remarqué qu’une fois de plus elle se retrouvait les yeux plongés dans ceux d’Oberon. Elle a tenté de détourner le regard mais dans cette position elle ne pouvait pas franchement faire autre chose qu’observer - là encore, pour la énième fois - le visage qui bouchait son champ de vision. De toute évidence le Roi n’avait pas pris le temps de sécher ses larmes, qui coulaient doucement entre les creux, très peu nombreux de sa face inexpressive. Lui aussi ne se privait pas de la détailler. Heureusement que je n’ai pas beaucoup de boutons, sinon il ne les aurait pas loupés de là où il est ! Réflexion hautement inutile mais qui a eu le mérite de faire revenir un joli sourire amusé sur les fines lèvres de la Reine.

    - Je crois que ce n’est plus vraiment le moment pour les questions,  il est inutile de te faire plus de mal pour satisfaire ma curiosité. Et puis, cela fait des semaines que j’affronte des monstres et des ennemis en tout genre, en comparaison, cette journée…n’est pas si mal…plutôt belle même...


La réponse de son « collègue » ne fit que renforcer ce sourire. Alors comme ça elle n’était qu’une mince affaire en comparaison des monstres qu’il avait déjà eu à affronter ? Cette pensée a fait rire intérieurement la Reine mais elle ne s’y est pas attardée plus longtemps. Puisqu’il était là, si proche d’elle, autant qu’elle en profite ... pour sécher ses larmes. Elle n’a pas tendu les mains pour les essuyer, mais a concentré un peu d’énergie magique et a doucement soufflé sur le visage du Roi. Une délicate brise fraîche a alors atteint ce dernier et l’eau restante s’est asséchée. Voilà une chose de faite. En observant l’air assécher l’eau présente dans les plissures des lèvres du guerrier, la jeune femme s’est rendue compte que ses propres lèvres, mises en avant pour souffler, étaient un peu trop proches de celles qu’elle observait. Elle a repris une expression faciale normale et a arrêté de fixer les lèvres d’Oberon. Pas question de se laisser aller à ce genre de bêtises avec lui, juste parce qu’elle venait de se souvenir de toutes les conquêtes qu’elle avait eu autrefois.

Serafina a posé les mains sur le tronc d’arbre. Elle a fermé les yeux, ignorant le petit mal de crâne qu’elle sentait finalement poindre, et s’est concentrée sur l’eau contenue dans l’arbre mort : petit à petit une pellicule de givre s’est formée en superficie mais surtout le tronc entier a été comme pris dans la glace. Toute l’eau liquide s’était solidifiée, rendant le tronc plus dur mais pas tellement plus froid. La jeune femme a rouvert les paupières sur des pupilles un peu plus claires que l’instant d’avant et a pris dans les siennes les mains d’Oberon.

    - Je veux bien qu’on ne se préoccupe pas des masses des convenances depuis tout à l’heure mais j’ai un peu de mal à voir un Roi agenouillé devant moi ... Alors si tu voulais bien te relever et venir t’asseoir à côté de moi, ça me ferait plaisir, a-t-elle dit en forçant le-dit Roi à bouger en tirant sur ses mains.


La Reine s’est tournée, de façon à avoir une jambe de chaque côté de l’arbre et se trouver parfaitement en face de son interlocuteur. Ce qui allait suivre n’allait probablement pas beaucoup lui plaire donc autant qu’elle puisse jauger de ses réactions.

    - Maintenant pour ce qui est de remettre de l’ordre dans mon esprit ... Disons qu’après l’expérience que l’on vient de faire j’ai un peu l’impression de n’être qu’un jouet entre tes mains. Qui me dit qu’en entrant une nouvelle fois dans ma tête tu ne vas pas encore avoir accès à toutes mes pensées les plus secrètes ? A ce rythme-là, toutes mes faiblesses te seront connues avant que je ne puisse ne fut-ce qu’espérer en connaître d’avantage sur toi ...


Sa voix était encore faible mais malgré tout assez claire. Ses tempes commençaient à bourdonner un peu trop et elle a entrepris de se les masser fermement. Elle ne voulait pas repousser la proposition de la fée, qui de toute évidence ne s’était pas trompée sur les symptômes. Mais elle ne pouvait pas non plus le laisser entrer dans sa tête comme dans une église. Elle espérait qu’il comprendrait sa position, et surtout qu’elle ne pouvait baisser ses défenses ainsi sans contre partie. Elle a fixé la main du Roi. Main qu’elle avait si souvent prise et manipulée en si peu de temps. Elle se rendait compte à présent que cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus eu autant de contacts physiques avec quelqu’un ; ça avait définitivement du bon de rencontrer un détenteur de magie de glace. Elle se doutait qu’Oberon avait peut-être mal pris sa remarque et a tenté de se rassurer un peu. Il est Roi, il peut comprendre mes réticences, surtout qu’il a l’air d’être du genre à élever des barrières plutôt que les baisser ...

    - ... et puis je n’ai pas dit que je voulais en rester là ...


Perdue dans ses pensées, Serafina n’a même pas remarqué qu’elle venait de finir sa phrase à haute voix. Aussi se sont des yeux tout à fait innocents qu’elle a posés sur l’homme assis près d’elle, dans l’attente de sa réponse.
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Jeu 31 Juil - 22:14


Difficile d’échapper à la lueur verte qui brillait dans la rétine de  la fée. Serafina avait bien tenté de diriger son champ de vision ailleurs, mais celui-ci la ramenait toujours vers les yeux du souverain.  Évidemment, rien n’empêchait la jeune femme de fermer les yeux mais elle choisit plutôt de porter son attention sur le visage d’Oberon. Ce dernier, bien qu’il en ait le pouvoir, ne voulait pas savoir ce à quoi elle pouvait bien penser. Surtout quand ça la faisait sourire. Et les propos récents du blond ne firent que renforcer l’expression amusée de la Reine, si bien qu’il commençait à se demander si elle n’était pas en train de se moquer de lui. Il est vrai qu’un homme de sa stature, qui s’abaissait ainsi devant une étrangère, avait de quoi faire jaser toutes une ribambelle d’opposants au souverain. En tant qu’ancienne Reine, elle devait comprendre à quel point les actions du jeune homme allaient à l’encontre de tous les principes de la Haute Société et il se disait alors que c’était peut-être la cause de son hilarité.

Il haussa légèrement les sourcils, ressentant alors le flux d’énergie magique de l’agente augmenter. Face à n’importe qui, Zephyrius l’aurait immobilisé ou aurait reculé de plusieurs mètres en arrière, se préparant à faire face à une éventuelle attaque. Accumuler de l’énergie à bout portant, ce n’était jamais un bon signe. Mais étrangement,  il ne fit rien. Il avait plus ou moins confiance en elle et surtout, il n’avait ressentit aucune agressivité émanant de la jeune femme. Les lèvres de cette dernière prirent la forme d’un "o" et elle souffla doucement sur ses joues. Une légère brise, très fraîche, vint caresser les coulées de larmes toujours présentent sur la peau du Roi. Celles-ci s’asséchèrent alors, ne laissant que quelques petites traces sombres à peine visibles. Était-ce là une manière de le remercier pour avoir voulu sécher celles de la jeune fille? Sans doute. Par reflexe, il plissa les yeux pour éviter que ceux-ci s’assèchent également. Lorsqu’il les entrouvrit, Serafina avait également fermé ses paupières. Concentrant une fois de plus sa magie, il vit la souche sur laquelle elle était assise, se geler petit à petit. Il semblerait qu’elle se soit servie de l’humidité restante dans le tronc. C’était de la magie simple,  mais de la belle magie.   Différente de la sienne. Les magies associées aux ténèbres n’étaient pas vraiment reconnues pour leur beauté.
Serafina rouvrit alors les yeux puis prit les mains du monarque dans les siennes.

«Je veux bien qu’on ne se préoccupe pas des masses des convenances depuis tout à l’heure mais j’ai un peu de mal à voir un Roi agenouillé devant moi ... Alors si tu voulais bien te relever et venir t’asseoir à côté de moi, ça me ferait plaisir.»

Elle tira sur les mains de l’homme en armure qui, pour ne pas la voir s’efforcer pour rien, décida de se lever quelques instants avant de s’asseoir à côté de sa collègue. Le vieux morceau de bois trembla un peu sous le poids de tout l’attirail militaire du souverain mais résista tout de même, grâce à la robe de glace qui l’enveloppait. Il ne comprenait pas bien pourquoi elle faisait une fixation sur son statut royal alors cela faisait un bon moment qu’il n’agissait plus en tant que tel. Et puis, elle était de sang royal aussi un roi qui se mettait à genoux devant une reine n’avait rien de si étrange. Il s’agissait même là d’un geste diplomatique des plus courants. Mais quelque part, l’égo d’Oberon s’en retrouvait flatté. Inutile d’expliquer pourquoi. ;)

La jeune femme pivota afin de placer ses jambes de chaque côté du tronc de sorte qu’elle se retrouvait parfaitement en face de lui. Enfin, de profil pour le moment puisqu’il s’était assit de façon conventionnelle, les deux jambes du même bord. Il tourna la tête vers elle et ramena ses bras contre son buste pour finalement les croiser.

«Maintenant pour ce qui est de remettre de l’ordre dans mon esprit ... Disons qu’après l’expérience que l’on vient de faire j’ai un peu l’impression de n’être qu’un jouet entre tes mains. Qui me dit qu’en entrant une nouvelle fois dans ma tête tu ne vas pas encore avoir accès à toutes mes pensées les plus secrètes ? A ce rythme-là, toutes mes faiblesses te seront connues avant que je ne puisse ne fut-ce qu’espérer en connaître d’avantage sur toi ...»

dit-elle alors d’une voix assez basse. Néanmoins, il put entendre ce qu’elle lui disait. Il détourna alors le regard pour fixer droit devant lui. Il n’était pas vexé, loin de là. C’est surtout qu’il n’osait pas lui répondre, en tout cas pas avant d’avoir mûrement réfléchit sa réponse. Lorsqu’il s’expliquait à sa manière, c’est-à-dire froidement et sans aucun  tact, il pouvait devenir blessant et l’on pourrait se méprendre sur ce qu’il voulait dire. Il voulait éviter de jeter un nouveau froid dans cette conversion aussi, comme le disait si bien le Roi Salomon, «Le sage tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.». Serafina n’avait pas tout à fait tort. Rien ne l’empêchait de pénétrer plus profondément dans l’esprit fragile de la jeune femme et accéder à tous ses souvenirs les plus intimes et ses expériences les plus marquantes. De plus, devant les immenses pouvoirs du souverain, les connexions psychiques qui tapissaient le cerveau de la Reine n’étaient que des chemins si faciles à remonter que cela en devenait un jeu. Sa méfiance était plus que légitime.

«... et puis je n’ai pas dit que je voulais en rester là ...»

murmura-t-elle alors. Sur ces mots, il se tourna à nouveau vers elle. La jeune femme était en train de le regarder comme si de rien était, attendant patiemment un signe de sa part. Il ne comprit pas, ou plutôt il fit semblant de ne pas comprendre, ce qu’elle voulut dire par là. Tout ce qu’il retint, c’est qu’elle voulait une sorte de compromis. Autrement dit, elle voulait en savoir plus sur lui avant d’accepter qu’il plonge à nouveau en elle. Mais c’est comme si elle partait du fait que c’est ce qu’il allait faire, espionner ses souvenirs. Or, il n’en avait absolument pas l’intention en ce moment. Sauf s’il voulait la tuer. D’ailleurs, les effets de la télépathie s’étaient déjà fait sentir puisqu’il l’avait vu se masser la tête à plusieurs reprises.

Cela n’échappait à personne, Oberon était un homme des plus secrets. Cela dit, il était tout de même prêt à lever quelques rideaux mais il y avait certains nombres de choses qu’il refuserait de dévoiler. Et tant pis si cela ne plaisait pas à la jeune femme. Oui, il s’agissait là d’une forme d’injustice étant donné ce qu’il savait sur elle à présent. Mais il n’avait pas délibérément choisit de lire dans ses pensées. Mais peu importe ce qu’il voudrait bien lui dire,  elle n’était clairement pas en état de soutenir une conversation.  Et pour écouter l’histoire d’Oberon, il en fallait du temps et de la patience. Et plus les minutes défilaient et plus la douleur gagnait l’esprit de Serafina. Ils n’avaient pas vraiment beaucoup d’alternatives. Il ne restait plus qu’à lui annoncer ça de façon diplomatique. Le grand domaine politique qu’il maîtrisait le moins. Il se remit à observer le paysage devant lui, envoyant quelques coups d’œil vers Serafina entre les virgules.

«Écoutes, si tu veux tant en savoir sur ma personne, alors je consens à répondre à tes questions. Mais avant,  il faut absolument que tu me laisses dissiper les effets de la télépathie. Tu ne risques sans doute pas de finir à l’infirmerie mais converser avec un mal de tête n’a rien d’agréable.»

Peut mieux faire. Dit de façon aussi professorale et sans grande émotions, il n’y avait pas de quoi convaincre la jeune femme. Ce n’était pas si simple de se montrer rassurant. D’ordinaire, celui qui posait les conditions, c’était lui. Et il n’avait rien dit à propos des risques qu’elle encourait à le laisser toucher à son subconscient. Tout simplement parce qu’il n’avait aucune garantie à lui fournir. Et Serafina était incapable de faire appel à une barrière mentale pour bloquer l’accès à ses souvenirs. Il pourrait lui apprendre mais c’est un entraînement qui prenait des semaines et des semaines de pratiques. Rien que d’y penser n’était pas loin de la stupidité. Il soupira longuement. Il fallait bien se rendre à l’évidence, il n’avait qu’une chose à lui offrir. Sa sincérité. Ce n’était pas grande chose, ce n’était pas quelque chose en quoi elle pouvait avoir foi mais c’était le mieux qu’il puisse faire dans ces circonstances. Il pivota lentement en direction de Serafina. Il l’imita, plaçant ses jambes de chaque côté de la souche glacée. Il rangea le tissu de soie, toujours dans ses mains, dans l'une des poches de sa veste puis il plongea à nouveau son regard de jade dans celui de la jeune Reine.

«Effectivement, rien ne pourrait m’empêcher de fouiller dans ton esprit  une nouvelle fois. Et rien de ce que je pourrais dire ne sera en mesure de te rassurer. Et au risque d’accroitre encore plus ta méfiance, si cela se reproduisait, tu n’y survivrais pas…Mais avant que tu ne dises quoique ce soit, je pense que tu le sais déjà au fond de toi. Si connaître tes faiblesses ou t’assassiner avaient été mes objectifs, je n’aurais pas tant attendu pour le faire. »

Ce n’était pas dit sur un ton rassurant. C’était même très neutre, à la limite de la froideur. Mais il suffisait de lever les yeux pour comprendre qu’il n’y avait rien d’hypocrite dans les propos d’Oberon. Jamais il n’avait regardé quelqu’un aussi intensément. On aurait dit qu’il pouvait absolument tout voir dans le cœur de la jeune fille, mais cela marchait aussi dans le sens inverse. Le cercle noir au centre de la pupille émeraude ressemblait à un portail par lequel l’on se sentait aspiré, un chemin ouvert vers les Jardins Secrets du Roi des Fées. À présent, il s’était tut, respirant calmement au rythme du vent.  Mais son regard parlait pour lui. Il décroisa les bras puis leva doucement une main en direction de la jeune femme. Il la déposa délicatement contre sa joue, dégageant quelques mèches blanches avec ses longs doigts, l’invitant à se rapprocher de lui. Il était encore de temps de l’arrêter.

Mais quelque chose lui disait qu’elle ne l’arrêterait pas.




Oberon's theme~ Heavens Divide


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Dim 10 Aoû - 9:28

    - Écoutes, si tu veux tant en savoir sur ma personne, alors je consens à répondre à tes questions. Mais avant,  il faut absolument que tu me laisses dissiper les effets de la télépathie. Tu ne risques sans doute pas de finir à l’infirmerie mais converser avec un mal de tête n’a rien d’agréable.


Serafina a observé le Roi tenter vainement de se montrer rassurant. Elle était à deux doigts d'exploser de rire devant ce qui ressemblait vaguement à la tentative d'un éléphant de se déplacer incognito dans un centre commercial en pleine période de soldes. Un échec total ou presque donc. La jeune femme voyait parfaitement qu'il était on ne peut plus sincère, mais sa façon de le montrer était peu convaincante. Cet homme n'avait jamais eu à utiliser la diplomatie par le passé, lui il donnait les ordres, posait les conditions et attendait que ses interlocuteurs se dépêchent d'exécuter. Mais à force d'être si puissant et au-dessus des autres il était complètement passé à côté d'une des choses les plus importantes dans les relations humaines : la délicatesse. Ce petit quelque chose qui peut faire pencher la balance en faveur de ses arguments si elle est utilisée à bon escient.

Le guerrier s'est enfin tourné vers elle, plaçant lui aussi ses jambes de chaque coté du tronc d'arbre gelé. Et a plongé ses yeux émeraudes dans les yeux bleus vaguement blancs - encore une fois ... oui ça allait finir par devenir une habitude entre eux ... Serafina imaginait déjà les misions pour GML complètement foirées parce qu'au lieu de combattre les agents de Mère-Grand ils auraient été en train de s'observer les yeux dans les yeux, oubliant tout ordre du Patron au passage ... Mais revenons à nos moutons.


    - Effectivement, rien ne pourrait m’empêcher de fouiller dans ton esprit  une nouvelle fois. Et rien de ce que je pourrais dire ne sera en mesure de te rassurer. Et au risque d’accroitre encore plus ta méfiance, si cela se reproduisait, tu n’y survivrais pas…Mais avant que tu ne dises quoique ce soit, je pense que tu le sais déjà au fond de toi. Si connaître tes faiblesses ou t’assassiner avaient été mes objectifs, je n’aurais pas tant attendu pour le faire.


Ce n'était pas tout à fait faux. Pas rassurant pour un sous, pour ne pas changer, mais complètement logique. Depuis le temps qu'ils trainaient ensemble dans cette forêt, il en avait laissé passer des occasions de la tuer ... Et puis surtout il ne l'aurait pas aidée à sortir de l'antre des araignées. A cette pensée, la Reine n'a pu réprimer un frisson de dégoût et de peur mêlés. Alors à moins qu'il n'attendait que le moment de la tuer de manière originale ... Ce qui ne semblait pas être le cas. La jeune femme en a conclu qu'elle pouvait avoir confiance. Un minimum au moins.

Alors elle n'a pas repoussé la main qui s'est posée sur sa joue. De toute façon elle était complètement crevée, et sa migraine commençait sérieusement à lui taper sur le système. Ce qu'elle s'apprétait à faire était inconvenant mais tant pis, elle trouvait sa tête de plus en plus lourde. Serafina s'est rapprochée et a posé son front sur l'épaule du guerrier. Ouille, pas confortable son armure ... Ce faisant la main du Roi avait glissé dans sa nuque et non plus sur sa joue. Bah, ce serait tout aussi bien ! Après tout, le cerveau prenait naissance au bout de la colonne vertébrale non ?

Les yeux fermés, elle s'est repliée en elle-même et a attendu, pensant à repousser ses souvenirs au fond de son esprit quand même. Elle n'avait pas besoin de donner son accord au télépathe, il était assez grand pour comprendre tout seul qu'il avait champ libre. Elle espérait juste qu'il n'allait pas encore leur arriver une tuile. Et qu'en plus elle pourrait observer et comprendre ce qu'il allait faire dans sa petite caboche. Voeux pieux elle s'en doutait ...


Dernière édition par Reine des Neiges le Lun 11 Aoû - 9:28, édité 1 fois
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Dim 10 Aoû - 22:52


Et elle ne l'arrêta pas. Comme presque toujours, l'instinct du roi ne l'avait pas trompé. Après un exposé aussi clair et aussi logique, elle ne pouvait pas se permettre de se montrer têtue,  la voix de la raison se montrait toujours la plus convaincante. Répondant à son invitation, elle s'approcha lentement de lui sans aucune hésitation mais dévia alors de sa trajectoire pour venir poser sa tête contre l'épaule d'Oberon. Par ce geste, la main de la fée s'était retrouvée sur la nuque de la jeune fille. Il haussa l'un de ses sourcils, doutant du confort que pouvait offrir une épaule recouverte par plusieurs centimètres de métal. Pour être franc, il ne s'attendait pas vraiment à ça car il avait initialement prévu de coller son front à elle, puisque c'était le moyen le plus efficace de rapprocher les centres qui commandaient les pensées. Cela dit, pour un magicien du calibre du souverain, ce petit décalage ne constituait pas vraiment un gêne.

Il attendit alors que la respiration de Serafina joue souffle sur un rythme stable et qu'elle prenne le temps de mettre de l'ordre dans sa tête afin qu'il puisse y entrer sans trop de difficultés. Une fois qu'il jugea les conditions optimales pour l'opération, il ferma alors ses yeux afin de se concentrer. Bientôt, il reconnu la sensation familière d'un plongeon dans l'esprit d'un autre. Et l'expression était loin d'être mal choisit puisque cela s'apparentait réellement à un saut dans le vide. Ou plutôt dans un tourbillon. Comme à son habitude, il prit la forme d'un avatar qui le représentait parfaitement et entama une descende dans les couches de l'inconscient de la Reine des Neiges.  La sensation de chute s'atténua rapidement, comme si elle n'avait jamais eu lieu. Il était à présent en train de flotter dans un immense espace d'une couleur à mi-chemin entre le bleu azur et le blanc. Rien de bien étranger aux yeux de quelqu'un qui a maintes et maintes fois visité ce genre de place. Il trouva finalement ce qu'il était venu chercher. Tournant son regard sur sa droite, il vit un édifice fait de milliers de carrés gris, empilés les uns sur les autres. Ils  représentaient des souvenirs, des expériences, des sentiments et toutes sortes de choses reliées à l'expérience de vie de la personne. Mais à cause de l'intrusion forcée du blond, certaines de ces "caisses" étaient tombées de la pile et s'étaient éparpillées tout autour. Sa tâche était toute simple, il devait remettre ces fragments à l'endroit où ils se trouvent d'ordinaire. Très peu d'entre elles  avait été déplacé, n'occasionnant qu'un simple mal de tête et une fatigue cérébrale. Mais s'il arrivait un jour que toute la pile s'effondre, elle n'y survivrait sans doute pas ou dans le meilleur des cas, c'était une amnésie permanente qui l'attendait.

Comment pouvait-il savoir où placer ces choses? Ne le demandez pas, c'était une chose fondamentale et instinctive chez le télépathe. Il le savait, c'est tout. Et il s'exécuta. Pas à mains nues bien sûr. Dans un univers fictif comme celui-ci, la moindre de vos pensées pouvait se matérialiser d'où la nécessité d'une très grande maîtrise de soi pour faire ce genre de chose. Aussi, il leva juste les bras devant lui afin de faire léviter les caisses et les emmener tranquillement à la place qui leur était destinée. Au bout d'une bonne dizaine de minutes, il avait quasiment presque fini. Même s'il s'arrêtait là, elle ne risquait plus rien. À ce stade, d'ici quinze à trente minutes, sa migraine aura disparue.

Tandis qu'il s'affairait à déplacer les derniers fragments de Serafina, il sentit quelque chose d'étrange. Il stoppa calmement sa tâche et se mit à regarder tout autour de lui. Rien. Il n'avait pourtant pas imaginé cela. Et ses instincts le trompaient rarement. Est-ce que cela venait de sa collègue? Non, son esprit semblait calme et concentré dans des zones bien précises, moins en profondeur. D'ailleurs, étant donné qu'il s'agissait de la partie inconsciente de l'esprit, il était impossible qu'elle puisse se rendre ici. C'était la définition même de l'inconscient. À nouveau, l'étrange sensation se manifesta. Aucun doute cette fois, il se déroulait quelque chose d'étrange ici. Il sentit son propre rythme cardiaque et de la chaleur remonter depuis son abdomen. Puis tout se mit  à trembler autour de lui. Mais ce n'était pas l'esprit de la Reine qui agissait de la sorte, c'était le sien. Et lorsque celle-ci se trouva enfin aux portes de son esprit, il reconnu très aisément cette sensation. C'était de la haine. Et là il comprit. Au cœur cet endroit, il put sentir les vibrations singulières qu'émettait le pendentif de la jeune femme. À force de les côtoyer, il pensait qu'il pouvait parfaitement gérer la situation. Mais ce fut là son erreur. Avec son esprit envahit par le doute, ses sentiments les plus sombres avaient plus de facilité à se frayer un chemin, entrant alors en résonnance avec la pierre noire. Une violente douleur lui prit la poitrine, comme s'il était prit d'un infarctus. Si le fait n'était que purement psychique, la douleur elle, était bien réelle. Et le vrai lui devait à présent se tordre de douleur.

Par mesure de sécurité, il devait rompre la connexion et quitter l'esprit de Serafina. Mais ça en devenait dangereux car, durant le court voyage pour sortir, son autre lui pourrait l'accompagner et refaire surface. Il décida alors de tenter de le contenir et une fois qu'il réussirait à la refouler, il pourrait alors partir sans risquer de devenir un être de haine, comme par le passé. Il joignit ses mains puis se mit à se concentrer, les yeux fermés, débutant une lutte contre lui-même, à l'intérieur de quelqu'un d'autre. La haine qu'il terrait au fond de lui-même était un adversaire redoutable et parvenir à la contenir nécessitait énormément de puissance. Bientôt, il se retrouvait acculé, l'ombre gagnant du terrain sur son esprit, cherchant à tout prit à sortir. Mais il ne fallait pas que cela arrive car, vu qu'il se trouvait encore dans la tête de la fille, sa haine s'y déverserait et qui sait en quoi cela pourrait transformer Serafina. Maintenir son esprit ici et lutter en même temps était bien trop difficile et il était à présent confronté à un choix. Rester ici ou sortir. Dans tous les cas, les conséquences pourraient en être dramatiques. Mais finalement, il opta pour une  solution, moins dangereuse mais qui l'exposerait. Il irait se battre dans son propre, en emportant sa haine avec lui.

Il n'avait pas le temps de réfléchir plus longtemps. Il mobilisa toute sa puissance et entama le transfert entre l'esprit de Serafina et le sien. Il compressa très fortement l'aura sombre qui tentait toujours de sortir et un tourbillon l'aspira alors, le faisant repartir de la même façon qu'il était venu. "S'agrippant" à sa haine pour l'empêcher de s'échapper hors de lui, il finit par atterrir violement dans son propre esprit, non loin de son propre subconscient. Il se releva rapidement, sachant pertinemment que l'ombre rodait encore et qu'il fallait qu'il la repousse dans les parties les plus profondes de son esprit s'il voulait rester normal. Sur ses gardes, il était prêt à se défendre contre le pire de ses adversaires, lui-même. Mais il arriva quelque chose à laquelle il ne s'attendait pas. Le tourbillon qui l'avait fait revenir en lui avait transporté quelque chose d'autre. Ou plutôt quelqu'un. Il ne s'en était pas encore rendu compte, mais non loin de là, au milieu de ses propres fragments, gisait un avatar. Un avatar à la longue chevelure blanches, à la peau claire et au physique élancé. Un avatar qui était à un pas des secrets les plus profonds du souverain
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Lun 11 Aoû - 12:46
Serafina sentait les choses se remettre en place. Enfin façon de parler ... Elle n’avait pas la moindre idée de ce que le télépathe était en train de faire dans sa tête, mais elle sentait sa migraine s’apaiser et comme un sentiment d’ordre retrouvé la submerger. Les yeux toujours étroitement fermés elle se baladait virtuellement dans son esprit dans l’espoir d’y croiser Oberon pour voir ce qu’il était donc occupé à faire. En vain. L’homme était absolument introuvable dans son esprit. A moins que ... Oui ça devait être cela : il se trouvait dans son inconscient. Une petite moue boudeuse s’est formée sur le visage de la jeune femme. Elle qui espérait pouvoir le voir en pleine action, c’était raté ! Autant pour sa curiosité naturelle.

Soudain la Reine a commencé à sentir une drôle de sensation monter en elle. Quelque chose qui n’était pas habituel. Ca ne pouvait pas venir d’elle, donc ça ne pouvait venir que du Roi. La sensation en question était en train de grandir et ça ne présageait rien de bon. La Reine ressentait quelque chose de sombre, très sombre, alors elle a puisé en elle quelque chose de doux, de tout doux mais ça ne pouvait pas arriver jusqu’à son inconscient. Son apaisement ne pouvait qu’empêcher le sentiment mauvais de s’étendre en elle, cependant elle ne pouvait pas aider Oberon où il était. Complètement plongée dans son esprit, elle ne s’est pas rendue compte tout de suite que son compagnon se crispait en vrai. De toute évidence, ça ne se passait plus correctement dans sa tête à elle.

D’un coup elle a reconnu un afflux de magie qui n’était pas la sienne et puis plus rien. Le trou noir. Elle a ouvert les yeux complètement sonnée par ce qui venait de se passer. C’est comme si elle avait été frappée par le pouvoir du Roi et limite assommée. Mais elle ne rouvrait pas les yeux sur son esprit. Elle se trouvait plutôt dans un grand endroit qui oscillait entre différentes teintes de gris. Rien à voir donc avec son esprit blanc et bleu pâle ... En essayant de se relever, elle s’est sentie beaucoup plus légère que d’habitude et a vacillé comme un enfant qui ne maîtrise pas encore ses jambes. Sauf qu’on évite tout objet important dans l’entourage direct des petits qui apprennent à marcher. Ce qui n’était pas prévu ici puisque Serafina a percuté une pile de petites boîtes, en faisant tomber trois. Heureusement qu’elle était plus légère car en temps normal elle en aurait fait tomber beaucoup plus.

Ne comprenant pas vraiment où elle était, et ne voyant que ces petites boîtes, la jeune femme a entrepris de les remettre gentiment là où elles étaient avant de tenter de déterminer ce qu’il se passait. Elle n’aimait pas particulièrement le désordre et ne savait pas à quoi servaient ces caissons donc autant les remettre correctement.

Elle n’a pas tout de suite senti que quelque chose de nouveau se passait. Elle a juste continué à replacer les cartons là où ils devaient être ... Jusqu’au dernier. Toute occupée à sa tâche elle n’a ressenti le bourdonnement qu’au moment où elle le posait, toute contente d’avoir au moins remis de l’ordre. Sa vision s’est brouillée pour laisser place à autre chose, quelque chose de totalement étranger pour ne pas changer ...
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Mar 12 Aoû - 3:59


Comment lutter contre un ennemi dont on connait tout, mais qui connait également toutes vos stratégies, vos forces, vos peurs et vos faiblesses ? Cela ressemblait à un scénario de lutte éternelle ou plutôt jusqu'à ce que les deux forces se neutralisent. Mais si cela s'avérait, la conséquence n'en serait ni plus ni moins que la mort d'Obéron. La perspective de mort ne l'a jamais effrayé. Disons que le fait d'y penser l'énervait surtout, car une fois parti, il ne pourrait plus mener à bien ses objectifs et ses projets. Une personne normale penserait sans doute aux proches qu'il laisserait derrière et à la tristesse que cela pourrait engendrer, mais pas lui. Seule sa personne importait, du moins jusqu'à aujourd'hui.

Malgré la tension qui régnait dans cette dimension, le Roi faisait toujours preuve d'un sang-froid exemplaire. Analysant avec attention son environnement, ses yeux faisaient des va-et-vient rapides dans toutes les directions tandis que ses jambes s'étaient légèrement fléchies pour entrer rapidement en mouvement si cela s'avérait nécessaire. Et ça allait le devenir. Un petit bruit se fit entendre pendant une fraction de seconde et voilà qu'une ombre fonça à ville allure en direction de la fée. Celle-ci fit un pas de côté afin d'esquiver proprement l'assaut de cette "chose" puis, tel un sprinter, il fonça alors vers son adversaire. Bientôt, on ne put rien voir d'autre que deux trainées de lumière noire et jaune se déplacer partout à toute allure, se percutant parfois dans de violents chocs aussi bruyants que spectaculaires.

Pour le moment, aucun des deux partis n'arrivait à prendre le dessus, chaque attaque se terminant sans cesse par un match nul. Finalement, ils s'arrêtèrent de bouger pour s'observer et se jauger. Celui qui lui faisait face n'avait rien de la créature qu'elle était sensée être. Sa haine, sans doute pour narguer son hôte, avait prit l'apparence de ce dernier. À quelques différences près, où son mauvais côté avait une chevelure teintée en un noir des plus sombres et une armure dont le métal privé de couleur était aussi froid que la lune. Mais à quoi bon jauger un adversaire dont on connait tout ?

Puis, "Dark Oberon", puisqu'il faut lui donner un nom, se mit à sourire au coin, semblant se moquer de son côté moins sombre. Qu'est-ce qui pouvait bien le faire sourire comme ça ? Il n'eut pas le temps de chercher une réponse. Un violent mal de tête le prit subitement tandis qu'il se sentit devenir de plus en plus lourd. Ces symptômes ressemblaient étrangement à ceux de Serafina. Impossible, il faudrait que quelqu'un puisse entrer dans son subconscient. Mais si un télépathe avait tenté une intrusion, il s'en serait rendu compte. Sa haine était en face de lui et il était quasiment sûr qu'elle n'avait pas encore atteint la zone secrète.

Soudain, l'endroit se fit envahir par les ténèbres, un tapis noir progressant rapidement pour recouvrir tout l'espace. Non, ce n'était pas l'œuvre de son autre lui. Bientôt, le voile noir se métamorphosa, prenant la forme d'un décor qui lui était très familier. Il s'agissait des Jardins de son Palais, toujours aussi élégants et bien entretenus. Au milieu de ce paradis naturel, deux êtres se promenaient. Une magnifique femme au visage irréel, à la chevelure presque blanche et avec les mêmes yeux verts qu'Obéron et vêtue d'une magnifique robe blanche, marchait. Elle tenait le bras d'un beau jeune homme à la chevelure blonde, presque aussi beau qu'elle et dont le visage ne lui était pas étranger. Cet homme, c'était Zephyrius. Mais l'identité de cette femme le laissa bouche-bée, au point qu'il pouvait plus bouger. Cette femme, c'était sa mère. "Impossible" se dit-il. Sa mère est morte alors qu'il avait à peine cinq ans. Alors comment cette scène a pu se produire ? Et finalement, le décor se brisa de la même façon qu'un miroir, laissant place à une chambre et un grand lit sur lequel gisait la même femme. Son teint était pâle, mais son visage paraissait tellement apaisé que l'on aurait pu dire qu'elle ne faisait que dormir. Mais la présence d'un homme d'âge mûr, à la chevelure blond vénitien et un regard très proche de celui que Serafina avait l'habitude de croiser maintenant, tenant un petit garçon hurlant, criant, déversant toutes ses larmes et qui se débâtait pour se rapprocher de sa mère, ne laissant plus aucun doute sur l'état de cette dernière. Le Roi des Fées se rappellera toute sa vie de ce moment des plus douloureux. Mais pourquoi voyait-il tout cela, qu'est-ce qui avait déclenché ces visions ?

Il se tourna alors vers son côté plus sombre qui se mit alors à rire fortement. Le souverain voulut de nouveau reprendre le combat histoire de faire comprendre à son alter ego qu'on ne se moquait pas de lui aussi impunément mais il fut arrêté par une illusion. La scène précédente se transforma en une autre, plus impressionnante. Ils se trouvaient à présent dans sa salle du trône. Devant celui-ci se tenait une foule immense, qui applaudissait avec bonheur les deux personnes assises sur deux trônes en or massif. Dans cette foule, des gens de toutes les races, de tous les peuples, humains, elfes, nains, s'étaient retrouvés. Une scène quasi-impossible. On pouvait même distinguer quelques membres de l'Organisation qu'il avait rencontré, dont Callie, Nayomi ou Aurore. Même son amour de jeunesse, Yonne, était présente. Tous admiraient Obéron, siégeant avec panache et élégance, au côté d'une jeune femme à la belle chevelure rouge et dont le regard espiègle fit sourire sa majesté. Non loin de là, sa mère et son père les fixaient tendrement, se tenant la main. Qu'est-ce que c'était que ce cirque ? Que faisait Allen sur le trône de la Reine ? Pourquoi portaient-ils tous deux une alliance ? Pourquoi ses parents étaient-ils toujours en vie ? Son visage se crispa encore plus lorsque le décor se brisa une nouvelle fois. Les images se mirent alors à défiler rapidement devant lui, commençant par ses adieux déchirants avec Titania, passant par l'entraînement de Spartiate qu'il a dû endurer pendant presque 10 ans, sa rencontre avec son premier amour, la solitude, les moments de rires avec Jack. Puis le décor s'assombrit alors avant de s'éclairer à nouveau devant une image aussi horrible que violente. Sur la terre boueuse gisait le cadavre de feu Zephyrion, dont les entrailles étaient déroulées par terre. Les yeux d'Oberon s'écarquillèrent devant cette scène macabre qui le hantait encore certaines nuits. Mais il n'était pas au bout de ses surprises.

Il eut alors un flash de lumière et l'on put entendre des battements de cœur. Lorsque le suréclairage s'atténua, on put voir une main tâché de sang, tenant une longue lame de glace. Le champ de vision descendit lentement, révélant alors l'extrémité de la lame, ancrée bien profondément dans le cœur d'une belle jeune femme à la chevelure bleue. Celle-ci murmura alors ses dernières paroles, des mots qu'il avait voulu oublier, qu'il avait plongé si profondément dans son âme que lorsqu'il les entendit, il se sentit défaillir. On n'entendit pas le moindre mot, mais les lèvres d'Yonne bougeaient si lentement qu'il fut facile de deviner ce qu'elle était en train de dire. "Je t'ai...".

«Assez!»

hurla alors le souverain, se mettant les mains sur la tête. Pourquoi fallait-il que tout ceci revienne encore le hanter ? À chaque fois qu'il essayer d'entrer dans la tête des autres, cela finissait toujours par se terminer en expérience traumatisante pour son esprit. Devait-il revivre éternellement ces évènements ? Non, il ne devait pas se laisser tourmenter par ça, il s'était juré de ne plus succomber à de telles faiblesses, il se devait d'être fort, il se devait de rester fier. Son combat était ailleurs. En parlant de ça, il avait complètement oublié Dark Oberon et c'était une erreur qu'il ne fallait pas commettre. Ce dernier avait foncé vers lui et saisit alors le cou de son ennemi. Ils plongèrent tous les deux dans un tourbillon avant de terminer le voyage brusquement. La fée en noir projeta alors son équivalent en jaune qui vint finir sa course sur un sol invisible, manquant de percuter une immense pyramide de boites grises. Serrant la mâchoire de douleur, il se redressa lentement puis se mit à regarder autour de lui. Il était entré dans la zone la plus profonde de son esprit, une zone qu'il n'avait jamais visitée, mais dont sa haine avait la capacité de visiter si elle était libre.

« Tu es si arrogant. Mais si faible, incapable d'oublier et surtout, incapable d'assumer ses vrais désirs.»

Cette dernière flottait au-dessus de lui, le fixant d'un air mauvais, toujours ce sale sourire dans le coin du visage. On entendit sa voix résonner dans la dimension. Une voix similaire à la sienne, mais dans un ton beaucoup plus sombre, beaucoup plus maléfique. Quels désirs ? Il ne comprenait pas ou comme d'habitude quand il s'agissait d'une chose qu'il ne pouvait accepter, il ne voulait pas comprendre. Ces scènes surréalistes, où sa famille, ses amours, ses amis étaient encore en vie, lui heureux et souriant, marié et aimé de son peuple...n'étaient rien d'autre que le reflet de ce qu'il aurait voulu vivre dans une autre vie.



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Mer 13 Aoû - 9:29
Des Jardins parfaitement entretenus. Et déambulant dedans, deux individus. Une femme aux longs cheveux presque aussi blancs que la neige et des yeux verts qui n’étaient pas sans rappeler ceux d’Oberon. Un homme à la chevelure blonde comme les tout premiers épis de blé qui poussent dans les champs.

~ Bris de miroir ~
Un grand lit au centre d’une chambre. La même femme, allongée telle la Belle Au Bois Dormant. Le visage apaisé mais trop pâle. Un homme, identique au premier, retenant un petit garçon. Garçonnet hurlant, se débattant et pleurant.

~ Changement de décor ~
Une grande salle. Des trônes occupés par un homme et une femme. L’un à la chevelure blonde et les yeux verts émeraudes si reconnaissables, l’autre à la chevelure rouge et aux yeux joueurs. Une foule applaudissante, composée d’un mélange de peuples. Non loin des trônes les deux personnes du Jardin, souriants. Et dans la foule des agents du Grand Méchant Loup.

~ Bris de miroir ~
Des adieux. Un entraînement. Une rencontre. La solitude. Des rires.

~ Nouveau coup de projecteur ~
Un cadavre éventré. Celui de l’homme aux cheveux de blé.

~ Flash de lumière ~
Une main tachée de sang s’accrochant à une lame de glace. Lame enfoncée dans le coeur d’une femme aux cheveux bleus. Des mots à peine murmurés. Un je t’aime écorché.


Soudain tout s’est arrêté, comme si quelqu’un avait baissé précipitamment le rideau sur une scène trop dure à supporter. Serafina est tombée à genoux, sonnée et le coeur au bord des lèvres. Les larmes ne coulaient pas mais les sanglots étaient bien présents. Si son intuition était correcte elle venait de faire un passage dans les souvenirs enfuis d’Oberon. Elle ne comprenait pas encore tout, les pièces étaient trop nombreuses pour qu’elle puisse finir d’agencer le puzzle aussi vite. Mais de nombreuses évidences se sont imposées à elle. Premièrement l’homme et la femme dans le jardin étaient les parents du Roi. Et deuxièmement ils étaient tous deux morts à présent. Mais le reste semblait flou. Et très peu cohérent. N’avait-elle fait que parcourir les souvenirs ? Ou quelque chose d’autre était venu prendre part à la fête ?

Serafina n’a pas eu le temps de creuser plus avant la question : elle n’était plus seule avec les boîtes grises. Un éclair jaune à traversé la « salle » de part en part et a atterri non loin d’elle, non loin des petites caisses qu’elle a eu peur de voir tomber à nouveau. L’éclair jaune en question s’est relevé et la jeune femme a pu reconnaître Oberon, grimaçant sans doute de douleur.

- Tu es si arrogant. Mais si faible, incapable d'oublier et surtout, incapable d'assumer ses vrais désirs, a résonné une voix maléfique.

Tiens, un autre Oberon ... Plus noir celui-là. Il flottait, telle une ombre malsaine, au-dessus du Roi que connaissait Serafina. En un instant elle a compris et s’est redressée. Si elle ne se trompait pas, ce qui apportait tant de noirceur depuis tout à l’heure n’était autre qu’une représentation psychique de la haine et du mal enfermé dans le coeur du Roi. Et de toute évidence celui-ci ne parvenait pas à s’en débarrasser. La jeune femme a eu un sourire franc et presque moqueur : l’ombre avait fait une grosse erreur en se mettant à sa portée. Le combat entre Oberon et sa moitié maléfique était voué à l’échec puisque l’un comme l’autre connaissait trop bien les faiblesses de l’adversaire. Et a priori l’avantage revenait un peu au plus mauvais d’entre eux puisqu’il parvenait à semer le doute. Mais elle n’était pas à leur merci, car elle n’avait pas de doutes à supporter : sa souffrance venait uniquement du souvenir de ses actions passées, pas d’un quelconque questionnement intérieur.

Avec la confiance de celle qui maîtrise la situation, la Reine s’est approchée de l’Oberon doré. Son aura se renforçait à chaque pas mais ce n’était pas de la magie. Pas celle de la glace qu’elle utilisait d’habitude du moins. C’était une aura de paix. La même qu’elle avait essayé en vain d’utiliser dans son propre corps. Cette aura projetait, à un rythme continu, comme des anneaux de puissance, dont elle était le centre et qui, à force de percuter l’ombre l’ont fait reculer. Lentement mais sûrement. Cependant Serafina savait qu’elle n’avait pas le pouvoir de la faire disparaître. Ce n’était pas son combat. Elle s’est postée devant le Roi, lui bouchant complètement la vue sur l’ombre.

- Reprends-toi, lui a-t-elle dit d’une voix calme, d’une voix douce. Il se sert de tes doutes, efface-les. Puise dans ma voix et dans ton coeur la force de le battre, de le faire disparaître. Et je ne te parle pas ici de force physique. Je te parle d’amour. Celui que tu as porté à ta mère, à ton père et aux femmes qui ont jalonné ta vie. Celui que tu as reçu en retour. Peu importe les actions passées. Ici et maintenant ne comptent que les sentiments purs.

La voix de la jeune femme s’était faite chaude, comme un câlin au coin du feu lorsque la neige tombe au dehors. Comme un moment de complicité sous la lueur du soleil couchant. Comme une main qui se glisse dans la nôtre pour apporter soutien et réconfort dans un moment de doute.
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Jeu 14 Aoû - 2:07


Non, son sombre alter ego ne pouvait pas avoir raison. Un homme tel qu'Oberon ne pouvait pas avoir des désirs aussi terrestres, lui qui avait passé tant d'années à supprimer ses émotions. Le bonheur ne faisait pas partie de sa vie et il n'en avait jamais ressentit le besoin. Ce personnage qui se dressait contre lui n'était qu'un autre de ses nombreuses créations. À force d'alimenter cette chose avec la haine, la rancœur, la vengeance, la tristesse et la solitude, il avait doté cette entité d'une conscience et d'une volonté propre. Mais cela ne l'a jamais empêché de le tenir en laisser et de puiser dans sa puissance lorsqu'il en avait besoin. Cette situation dans laquelle le vrai Zephyrius se trouvait en situation difficile n'était que temporaire, il savait comme contrer son autre lui. Il avait juste été perturbé par le défilement de toutes ces images, dont il ne connaissait toujours pas la source d'ailleurs.

Le souverain était à nouveau bien droit et la douleur de la chute avait déjà disparu, merci à l'armure lourde qui le protégeait. Il fixa alors son image miroitante avec le même regard de haine que cette dernière. Oui, il s'agissait là d'un paradoxe particulier où il éprouvait le sentiment contre lequel il faisait littéralement face. Il était si concentré sur l'objectif de terrasser son adversaire qu'il ne se rendit pas compte que quelqu'un était en train de s'approcher de lui. Il tourna alors son regard en direction des bruits de pas, mais il fut temporairement aveuglé par plusieurs ondes de lumière. Il mit son bras devant lui et plissa les yeux afin de distinguer plus nettement la forme depuis laquelle partaient les halos lumineux. Ses rétines enfin habituées à la surexposition, il s'aperçut, non sans surprise que celle qui ironiquement, dégageait une aura aussi brillante, aussi douce et chaleureuse était la Reine des Neiges. Il entendit Dark Oberon hurler de douleur et il oublia Serafina un instant pour se tourner vers son autre lui. L'énergie positive que la jeune fille envoyait était un poison pour le concentré de haine qu'était l'avatar sombre et celui-ci ne put que reculer face à son ennemi naturel.

Mais revenons à la Reine. Que faisait-elle ici ? Et surtout comment était-elle arrivée jusqu'ici ? Le souverain fit immédiatement le lien avec ces étranges visions qu'il avait eu. Si Serafina avait touché à l'une de ses boîtes, alors elle est probablement celle qui est à l'origine de ces illusions. Mais cela signifiait que Dark avait raison sur une chose, il s'agissait bien de ses désirs. Car en cet endroit résidaient tout ce dont il n'avait pas conscience. Oberon se mit en colère intérieurement, forcé de reconnaître qu'il était aussi faible que le disait l'autre. Il n'en voulut pas vraiment à sa collègue puisque c'était probablement de la faute de la fée si elle s'était retrouvée ici. Mais elle ne serait pas vraiment d'une grande aide ici-bas. Elle ne pouvait pas battre Dark, et même si elle y parvenait, le choc psychique serait tellement violent qu'il pourrait tuer le grand blond. On ne se débarrasse pas aussi facilement d'un sentiment aussi puissant. Qui plus est, se battre dans cette dimension serait dangereux, car une seule boite de détruite pourrait avoir de lourdes conséquences sur la mémoire de la fée. Il voulut s'expliquer avec elle, mais elle fut la plus rapide et elle se tint alors devant lui, l'empêchant de voir son double maléfique.

« Reprends-toi. Il se sert de tes doutes, efface-les. Puise dans ma voix et dans ton cœur la force de le battre, de le faire disparaître. Et je ne te parle pas ici de force physique. Je te parle d'amour. Celui que tu as porté à ta mère, à ton père et aux femmes qui ont jalonné ta vie. Celui que tu as reçu en retour. Peu importe les actions passées. Ici et maintenant ne comptent que les sentiments purs.»

Encore et toujours le même refrain. Encore et toujours ce même sentiment détestable qu'était l'amour. Il n'avait pas besoin de ça, il avait ses propres armes pour maitriser sa haine. Il n'avait surtout pas besoin d'entendre ce genre de sermon. Il sentait l'affection, la douceur, la chaleur dans la voix de Serafina et il se vit presque la prendre dans ses bras et accepter la réalité telle qu'elle était, il était encore capable d'aimer et il aimait encore et toujours. Mais c'était un homme têtu et surtout très orgueilleux. Pour lui, il était hors de question d'admettre une telle chose. Le visage du souverain s'était alors durci, ne laissait plus transparaître un doute qui était malheureusement toujours présent. Mais il était bien trop imbu de lui-même pour s'en rendre compte. Il posa doucement sa main sur l'épaule droite de la femme à la chevelure blanche et l'écarta doucement sur le côté puis il s'avança. Il fixa froidement son alter ego, toujours bloqué par l'aura de la Reine, puis il se tourna vers cette dernière, en affichant un sourire triste.

« Je suis désolé... Je ne me sens pas capable de faire appel à cette force dont je ne sais rien... Et ce dont je ne doute absolument pas, c'est qu'un de mes sentiments est pur. Oui, de la haine pure. Je suis aussi maléfique que lui, car, après tout, il fait partie de moi. Aussi, je n'ai qu'à la faire revenir d'où elle est sortie.»

Oberon avait toujours recours à cette alternative lorsqu'il arrivait que sa haine se balade un peu trop librement. Il allait faire appel à une ancienne arme mystique, capable d'agir dans le vrai monde comme dans les dimensions particulières comme celle-ci. Elle permet à son utilisateur d'immobiliser et de vider une ou des cibles de toutes leurs forces. Il leva alors le bras en l'air, concentrant l'énorme quantité de magie que cette invocation nécessitait. Après un court moment, une goutte de sueur nerveuse coula le long de sa joue. Il n'était pas en mesure de faire appel à son artefact. Le visage crispé par une panique grandissante, ce fut pour la première fois depuis très longtemps qu'il perdit son sang-froid. Il se demandait bien pourquoi il n'était pas capable d'user de son arme, mais il connaissait bien évidemment la réponse. Et il n'était pas le seul à la savoir. Dark ne manqua pas de le lui rappeler, un air de satisfaction sur la figure.

«Haha, tu ne peux pas faire appel aux Chaînes d'Asgard dans ton propre subconscient ! Tu n'es pas sensé pouvoir te rendre ici alors il en est de même pour tes pouvoirs. Tous ce que tu peux faire, c'est sortir mais me laisseras-tu seul avec tes précieux désirs? Surtout que moi...je dispose de mes pouvoirs!!»

Dans un hurlement sinistre, il tenta de percer à travers l'aura de Serafina, qui aurait bien du mal à le contenir. D'autant plus que l'état mental d'Oberon s'était nettement affaibli, son autre lui n'en deviendrait que plus puissant. Complètement impuissant et privé de ses pouvoirs, son regard, non tout son corps en entier transpirait l'angoisse. Il recula d'un pas, comme effrayé par ce qui était en train de se dérouler. Le souverain n'était pas du genre à avoir peur, mais lorsque cela arrivait, c'est que la situation était désespérée. Il serra alors les dents et les poings de colère, contre lui et son manque de force. Il tourna son regard vers la jeune, puis tendit la main vers elle.

«Serafina, je vais te faire sortir d'ici. Une fois réveillée, fuis ! Moi, je reste et je le retiens tant que je peux...!»

Il tenterait au moins de la sauver. Lui, il allait finir en absorbé par sa propre haine, qui mettra sûrement à feu et à sang, non pas les hommes, mais peut-être tous les univers dans lesquels elle se rendra. Mais dans ce cas, même si Reine s'en sort, elle connaitre le même sort que si elle reste ici. Belle perspective d'avenir.




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Mer 20 Aoû - 20:36
Serafina a senti la main d’Oberon l’écarter doucement et son visage s’est durci tout autant que celui de son interlocuteur. Il allait l’envoyer au diable, ce n’était pas difficile à deviner. Et elle savait très bien qu’il faisait une grosse erreur comme ça ; mais que pouvait-elle bien faire contre ses convictions ? Rien du tout. Donc elle le laisserait faire ses bêtises, le temps qu’il se rende compte que s’en étaient.

- Je suis désolé... Je ne me sens pas capable de faire appel à cette force dont je ne sais rien... Et ce dont je ne doute absolument pas, c'est qu'un de mes sentiments est pur. Oui, de la haine pure. Je suis aussi maléfique que lui, car, après tout, il fait partie de moi. Aussi, je n'ai qu'à la faire revenir d'où elle est sortie.

Eh bah voyons ! Il voulait combattre la haine par la haine ? C’était à la limite du ridicule tout de même ... Enfin bon, il connaissait mieux ses démons qu’elle, ne restait plus qu’à espérer qu’il ne se trompait pas. Néanmoins ce qui allait suivre n’allait en rien appuyer cette théorie. Le Roi a concentré son énergie magique, invoquant sans doute quelque chose. Mais ce quelque chose a commencé à se faire désirer sérieusement. A tel point que le télépathe a perdu son éternel visage froid et distant, pour le remplacer par une expression paniquée.

- Haha, tu ne peux pas faire appel aux Chaînes d'Asgard dans ton propre subconscient ! Tu n'es pas sensé pouvoir te rendre ici alors il en est de même pour tes pouvoirs. Tous ce que tu peux faire, c'est sortir mais me laisseras-tu seul avec tes précieux désirs? Surtout que moi...je dispose de mes pouvoirs!!

Serafina a entendu son hurlement au moment exact où elle a senti un violent choc contre son « bouclier ». Alors comme ça, il ne lui suffisait pas de massacrer en beauté la confiance de son alter-ego, il voulait aussi percer ses défenses à elle. Ne faisant pas plus que ça attention à son aura, qui, elle le savait, résisterait encore un certain temps, la jeune femme s’est tournée vers le Roi. Complètement perdu sans ses pouvoirs il semblait plus faible que jamais, pris à la gorge par une angoisse qui lui était totalement inconnue. Et là il s’est tourné vers elle et a tendu sa main.

- Serafina, je vais te faire sortir d'ici. Une fois réveillée, fuis ! Moi, je reste et je le retiens tant que je peux...!

Ha. Ha. Ha. La Reine des Neiges a lancé un regard torve au Roi. Il croyait réellement qu’elle allait d’en aller comme ça ? En le laissant se débrouiller tout seul face à un adversaire qui venait clairement de lui montrer qu’il ne pouvait rien contre lui ? Elle ne savait pas ce qu’étaient les Chaînes d’Asgard mais elle n’était pas née de la dernière pluie pour autant ; vu la tête que venait de faire Oberon-en-or, le fait qu’il ne puisse pas invoquer sa magie semblait être un problème de taille pour lui.

Serafina a laissé son aura se renforcer, puisant dans son coeur le souvenir des moments passés avec ses amis, allant jusqu’à devenir d’un blanc tellement lumineux qu’elle en était difficile à regarder. L’air est devenu de plus en plus lourd et les deux Oberon ont dû sentir leurs poumons lutter pour respirer. Tout cela n’était qu’une impression bien entendu puisqu’ils n’étaient pas dans le monde réel. Mais même les impressions sont capables d’être puissantes.

La Reine n’aimait pas ce qu’elle faisait subir à son compagnon d’infortune, cependant il ne lui avait pas laissé le choix. Pour ne pas se retrouver hors du « champ de bataille » elle avait dû réagir vite. Très vite.

- Bon, maintenant que tes armes sont inutiles et qu’il est évident que ma méthode est efficace ... On va peut-être réussir à faire quelque chose ensemble ?

Après un regard appuyé à Oberon, elle s’est tournée vers son ersatz. Celui-ci paraissait particulièrement importuné par son aura. Alors Serafina a laissé tranquille son allié pour mieux se concentrer sur leur adversaire. Elle ressentait du dégoût pour cette incarnation de la haine qui se tenait devant elle. Mais elle ne pouvait en aucun cas laisser ce sentiment prendre le dessus. Seuls des sentiments bons pouvaient lutter contre lui et lui en offrir des mauvais aurait été comme nourrir un dragon pour lui donner un surplus d’énergie avant u combat contre lui. Autant dire qu’elle ne comptait pas lui faciliter les choses comme cela.

- Oberon, tu vaux mieux que ça. Fais-moi un peu confiance je t’en prie ... Tu connais mon passé, tu sais que j’ai des choses à me reprocher. Mais je suis passée à autre chose. Fais de même et éclipse dans ton coeur les parts d’obscurité qu’il renferme. Ouvre-toi à des sentiments plus doux.
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Ven 22 Aoû - 19:10


Son alter ego maléfique n’avait point menti à ce sujet, il n’était plus capable de faire appel à sa magie. Il se sentait démuni, considérablement affaibli comme si on l’avait vidé de ses réserves d’énergie en une seule fois. Il s’agissait là d’une sensation purement psychologique déclenchée par le fait qu’il soit conscient de son impuissance. En vérité, physiquement parlant il se portait plutôt bien malgré le fait qu’il soit juste un corps astral. Et comme l’autre l’affirmait, il ne disposait plus que d’une seule capacité : celle de revenir dans le monde réel. Et il était bien disposé à s’en servir.

Il tendit alors son bras vers Serafina dans le but de l’évacuer en première. Des petites particules lumineuses se mirent à naître entre ses doigts puis se mirent à entamer une dance tourbillonnante dans les airs, se dirigeant vers la jeune femme. Tout à coup, le sort de ce dernier se fit balayer en instant par une puissance lumière dont la source n’était ni plus ni moins que le corps astral de la jeune femme. L’aura qu’elle déployait jusqu'alors s’était amplifié, devenant tellement luminescente qu’il devenait très difficile de distinguer celle qui l’émettait. Logiquement, le souverain plissa les yeux pour ne pas brûler ses rétines et détourna ensuite la tête, le bras devant son visage. Ses globes oculaires se dilatèrent mais ce ne fut pas la lumière qu’il fallait mettre en cause. Sans qu’il ne puisse expliquer ni pourquoi ni comment, il sentit sa tête tourner tandis qu’il commençait à avoir de plus en plus de mal à respirer. "Qu’est-ce que…?". Par reflexe, il se tint fortement le thorax et se mit à inspirer de toutes ses forces mais rien n’y faisait. Pour la simple et bonne raison qu’il n’y avait pas vraiment d’oxygène à consommer dans cette dimension. Une violente douleur gagna alors sa poitrine, remontant lentement jusqu’à son pharynx. Il se tint alors la gorge avec ses deux mains, comme s’il tentait de s’étrangler, mettant un genou à terre. Une épaisse buée noire sortit alors par sa bouche et ses narines, flottant de façon  menaçante au dessus de sa tête,  mais elle ne fit pas long feu. À peine s’était-elle trouvée à l’air libre que la l’aura de Serafina s’en était chargée, la désintégrant littéralement. La douleur s’estompa alors mais laissa le jeune roi légèrement désorienté, rendant la tâche de se relever un peu compliqué. Cela ne dura pas trop longtemps et même un peu étourdi,  il put finalement se redresser, une main sur le front.

«Bon, maintenant que tes armes sont inutiles et qu’il est évident que ma méthode est efficace ... On va peut-être réussir à faire quelque chose ensemble ? »

« Bon sang, que m’a-t-elle fait..? ». La vision un peu floue, il se tourna alors vers son interlocutrice. Étrangement, elle déployait toujours son aura mais il semblerait qu’elle ne fasse plus d’effet sur lui. Négatif du moins. Car il ressentait bel et bien quelque chose à son contact. Un sentiment de  détente, d’apaisement.  Cette lumière dégageait plus que de simples ondes, il y sentait des moments de bonheur dans une ambiance exquise, de la tranquillité. Il s’y laisserait bien bercer encore plus longtemps mais les cris de son autre lui le ramenèrent à la réalité des évènements.

Sefarina le regarda longuement avant de nouveau se tourner vers son double. Dark hurlait, se tenant également la gorge entre ses mains, et se débattait dans tout les sens. La souffrance qu’il éprouvait semblait infiniment plus élevée que celle du vrai Oberon. Les yeux du blond s’illuminèrent lorsqu’il comprit ce qui lui était arrivé. Le pouvoir de Serafina avait « détruit » quelque de sombre qui subsistait encore dans son cœur, c’est pour cela qu’il pouvait à présent se tenir près d’elle sans subir de dommages. Mais pour celui qui se tenait dans les airs, cet amas de noirceur et de mauvais sentiments, c’était comme si on avait déversé un tonneau d’acide sulfurique sur un morceau de chair rouge. Pourtant, quelque chose ne trompa pas l’œil attentif de la fée. Même si l’aura de la Reine semblait effectivement faire beaucoup de mal à son sombre jumeau, il constata que celui-ci se régénérait. Évidemment, même si sa collègue avait réussi à l’apaiser, ce n’était que temporaire. Le doute et la haine subsistait toujours au fond de lui et, à votre avis, qui est ce qui alimentait l’autre en force? C’était peine perdue se dit-il alors, aussi efficace soit la méthode de la femme à la chevelure de neige, il ne se sentait pas capable de produire quelque chose d’aussi pur, aussi doux, surtout qu’il n’était même en plus en mesure de faire appel à la magie.

«Oberon, tu vaux mieux que ça. Fais-moi un peu confiance je t’en prie ... Tu connais mon passé, tu sais que j’ai des choses à me reprocher. Mais je suis passée à autre chose. Fais de même et éclipse dans ton cœur les parts d’obscurité qu’il renferme. Ouvre-toi à des sentiments plus doux. »

Non, ce n’était pas quelque chose qui nécessité de la magie. C’était une force qui lui était inconnue, voire presque inaccessible. Il s’imaginait la grande bibliothèque de son âme et dont ces sentiments plus doux dont elle parlait étaient posés sur la plus haute étagère. Et même du haut de son presque deux mètres et en levant le bras, il s’était convaincu qu’il ne serait jamais en mesure de les atteindre. Pour la première fois, la toute première fois, il ne sentait pas capable de lutter, lui qui était pourtant si fier de son esprit combatif. Il baissa la tête, n’osant même plus regarder Serafina dans les yeux. Était-ce de la honte, de la colère, du dépit ou de la lâcheté? Peut-être un peut de tout cela. Oui, il connaissait le passé de cette femme. Et elle connaissait le sien. Mais il n’était pas comme elle, il ne pouvait tout simplement pas tourner le dos à son passé et faire comme si rien de tout ça ne s’était déroulé. Il ne pouvait pas oublier, il ne pouvait pardonner ce que l’on lui  avait fait, il ne pouvait pas…se pardonner. Il ferma les yeux, serrant alors les dents, les yeux encore une fois au bord des larmes. Et il se mit alors à penser, à réfléchir, à se remettre en question comme jamais.

Ses pensèrent le ramenèrent à une fameuse nuit estivale, dans une dimension similaire à celle où il se trouvait actuellement. C’est dans cet endroit que Callie et lui avaient lutté ensemble contre leurs démons. Ce jour-là, sa partenaire de mission avait réussi à accomplir ce qu’il n’était pas en mesure de faire, dompter ses doutes et sa rancœur pour prendre un nouveau chemin et risquer sa vie pour ramener la fée dans le droit chemin. Le plus ironique dans l’histoire, c’est que la personne qui avait permit à la jeune fille à la chevelure bleue de surmonter ses frayeurs n’était autre que lui. Le médecin qui n’était pas en mesure de se soigner lui-même. C’est véritablement depuis cette expérience marquante qu’il avait commencé à réfléchir à ce qu’il voulait vraiment faire ainsi qu’à son point de vue vis-à-vis de l’espèce humaine. Mais il n’avait toujours pas franchi le cap qui le mènerait à la paix intérieur : savoir pardonner. Vagabondant dans son passé récent, il se vit dans un miroir dans lequel il put voir la silhouette d’Aurore. La Belle pourrait être facilement comparée à lui sur de nombreux aspects. Bien qu’Oberon ait trouvé la force de se relever, il n’en demeurait pas moins que les deux blonds avaient le plus grand mal à se détacher de leurs douloureux passés. Et encore une fois, le roi s’était donné le rôle de moralisateur tout en étant incapable d’appliquer ses propres conseils sur lui-même. Pathétique. L’image d’une Nayomi souriante lui vint alors à l’esprit, lui rappelant comment elle réussit à briser toute sa noirceur à elle seule, en faisant appel à une force similaire à celle que Serafina déployait en ce moment. Effectivement, ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait confronté à sa propre démence, à sa propre noirceur. Et il savait pertinemment que pour la vaincre, c’était la Reine des Neiges qui détenait les bonnes cartes. Alors pourquoi s’obstinait-il à se convaincre du contraire? L’orgueil, le pire ennemi d’un homme et le meilleur ami de la haine.

C’est alors que souvenir le plus puissant refit surface. Ou plutôt, un amalgame de souvenirs réunit en un seul. Ces retrouvailles avec Allen qui, d’un coup, firent rejaillir tout ce que le souverain avait enfoui en lui. Lorsqu’il s’était retrouvé en position de faiblesse comme aujourd’hui, elle n’avait pas hésité à risquer sa vie pour lui, à apporter sa lumière pour vaincre les ténèbres qui enveloppaient l’âme du Roi des Fées. Elle avait mit à jour tout ce qui le hantait, la mort de sa mère, le refus de faire face à son père, croyant que celui-ci l’avait maudit pour l’avoir laissé mourir, la culpabilité pour le meurtre de celle qu’il avait jadis aimé, et tout cet amour qui vivait encore en lui, à travers lui, à travers ses souvenirs et l’héritage que lui ont laissé ces personnes. Oui, il avait connu l’amour et c’est bien pour cela qu’il fut en mesure de connaître la haine. Mais s’il devait reconnaître tout cela, à quoi aura servit tout ce qu’il a accompli jusqu’ici? Il n’a cessé de répandre la haine et la mort là où il passait; encore plus de choses qu’il ne pourra peut-être pas se pardonner.

Après avoir regagné un peu d’espoir à travers tous ces souvenirs, il s’apprêtait de nouveau à sombrer dans l’incertitude. C’est alors que les cubes empilés non loin de lui se mirent à briller d’une lumière similaire à celle de l’aura de Serafina. Une dizaine d’entre elles se s’ouvrirent alors comme des boites en cartons et plusieurs étoiles filantes en sortirent. On aurait dit un lancement de feux d’artifices. Les flèches de lumières se métamorphosèrent pour prendre des formes humaines. Une fois au sol, les silhouettes cessèrent d’émettre de la lumière, révélant leurs identités. Devant lui se tenaient des visages qui lui étaient très familier : son père, sa mère, sa gouvernante, son amie d’enfance, Nayomi, Callie, Aurore et Yonne

Il recula d’un pas, les yeux élargis par un mélange de surprise et de frayeur. Dans un premier temps, il se demande si ce n’était pas encore une ruse de son autre lui pour le déstabiliser. Mais celui-ci semblait toujours souffrir de sa cure de bons sentiments, peinant toujours à se mouvoir. Il s’était même retrouvé au sol, incapable de se maintenir en l’air à cause de la douleur.  Non, ce n’était pas donc lui. C’est alors que ses connaissances tendirent le bras vers lui, posant leurs mains les unes au dessus des autres, comme un signe de ralliement. Ils levèrent alors la tête vers Oberon, lui adressant un sourire chaleureux et rempli d’encouragements. Non, ce n’était pas une illusion. C’était un vœu, un désir de voir tous les gens auxquels il tenait se tenir et se battre à ses côtés. Et ce souhait ne demandait qu’à être réalisé, invitant le souverain, avec un jeu de regards, à poser sa main sur celles de ses compagnons. Il était assez étrange de constater que son propre subconscient était en train de tenter de le convaincre de faire le bon choix. Et si lui n’y arrivait pas, qui d’autre le pourrait? C’est alors que les souvenirs de la fée se tournèrent vers la Reine des Neiges, l’invitant également à joindre ses forces à ce petit groupe. Le blond ne s’en étonna pas. Si son fort intérieur avait agit ainsi, c’est parce qu’il s’agissait là de la volonté du monarque.  Sans l’avouer, il sentait qu’il avait aussi besoin de la lumière de Serafina s’il voulait s’en sortir.

[…]

Oberon ferma alors les yeux, repensant encore une fois à tout ce qui était en train de lui arriver. Peu importe si elle refusait ou non de se battre avec lui, elle en avait déjà fait assez pour l’aider. Il finit par poser sa main sur celles des autres. À ce moment là, les corps de ses souvenirs se mirent à nouveau à briller et redevinrent de simples rayons de lumière, puis s’élevant alors dans les airs avant de fusionner et de s’enrouler autour du bras, encore tendu, du souverain. Le fil lumineux se matérialisa alors en une très longue chaîne blanche, dont les extrémités étaient respectivement ornées d’un cercle et un triangle. Le métal brillait d’un éclat aussi pur que les sentiments qui l’animait. Il toucha l’arme du bout des doigts et sentit un puissant courant électrique lui parcourir le corps. Étrangement, il ne se fit pas électrocuter. Il comprit alors ce qui venait de se passer, et il ne fut pas le seul.

«Noon, comment est-ce possible? Comment as-tu retrouvé tes pouvoirs?! »

hurla alors son double maléfique qui ne lui ressemblait plus tellement. En effet, sous l’influence de la magie de la Reine des Neiges, il ne fut plus en mesure de ce maintenir sous cette forme. Il était en train de se métamorphoser lentement, devenant une créature de plus en plus hideuse au fil des secondes. Il finit par rependre sa vraie forme, celle d’une créature  noire, munie de plusieurs bras armés de lames. Le monstre avait la peau écailleuse, de petits yeux jaunes et une langue sifflante comme celle des reptiles. Enfin, elle possédait plusieurs paires d’ailes similaires à celles des chauves-souris, faisant d’elle une créature aussi hideuse et terrifiante que dangereuse. Sa haine se mit à hurler, balayant alors le pouvoir de la jeune femme aux cheveux blancs. Oberon déploya alors son arme, frappant l’air avec et dont chaque coup envoyait des petits arcs de lumières identiques à l’aura de Serafina, stoppant net l’onde de choc du hurlement sinistre. Les chaînes flottaient avec élégance autour de son utilisateur, comme si elle avait sa propre volonté. C’était quasiment du deux contre un. Enfin, bientôt trois.

«Désolé de t’avoir fait attendre, Serafina. Mais maintenant c’est à mon tour. Je te demanderais de ne pas te mêler de la suite du combat, mais je suppose que c’est peine perdue, n’est-ce-pas?  »

Il s’était tourné vers elle, un sourire léger dans le coin du visage. Il commençait un peu à connaître sa collègue et de toute façon, il ne demandait pas mieux qu’un peu d’aide. Il avait beau avoir gagné en puissance, celui qui lui faisait face était son plus redoutable adversaire et il aurait bien besoin d’un soutien efficace s’il voulait en venir à bout. Tant qu’elle l’immobilisait, c’était amplement suffisant. Cela lui permettrait de se donner un aperçu de ce que ces nouvelles chaînes avaient dans le ventre. D’ailleurs, il faudrait qu’il les baptise.
 



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Jeu 28 Aoû - 12:53
Serafina a senti un changement dans l’attitude de son allié. Quelque chose d’infime, un détail, rien de bien important en d’autres circonstances. Mais dans leur situation cette petite altération de son attitude pourrait bien se révéler capitale pour la façon dont le combat allait tourner.

Néanmoins la Reine des Neiges n’a pas eu le temps de s’attarder plus sur la transformation qu’elle ressentait en Oberon car le concentré de haine qui lui faisait face a vite accaparé toute son attention. Il était en effet en train de perdre toute contenance. Le pouvoir que dégageait la jeune femme atteignait le sombre personnage plus qu’elle n’aurait pu le prévoir. En s’en servant, elle était partie du principe que seul le Roi pourrait infliger de sérieux dégâts à son alter ego. Cependant elle devait se rendre à l’évidence : elle était en train de le faire souffrir en beauté.

Serafina a observé son adversaire perdre peu à peu les traits de son compagnon. Ses bras se sont multipliés et transformés pour laisser apparaître des lames à leur bout. Des ailes se sont déployées dans son dos, membraneuses et laissant voir les veines qui les parcouraient, comme celles des chauve-souris qu’on voit se transformer en vampires dans les films hollywoodiens. Pour venir compléter le tableau, sa peau s’est couverte d’écailles, ses yeux sont devenus jaunes et une longue langue bifide a fait un petit passage entre ses lèvres décharnées.

Toute occupée, et hypnotisée disons-le, par la métamorphose de Dark-Oberon, la Reine en avait complètement oublié l’homme à ses côtés. Elle a brièvement regardé sur le côté et a aperçu un groupe lumineux composé de personnes qu’elle ne connaissait pas ... Quoique, l’une d’entre elles lui rappelait sa fille de coeur mais elle n’en était pas sûre de là où elle se trouvait. Oberon et ces personnes formaient un cercle et avaient emmêlé leurs mains. Un sourire s’est formé sur les douces lèvres de la Reine. Elle avait réussi son pari. Elle n’a pas rejoint le cercle, car elle savait que le Roi n’avait pas besoin d’elle pour gagner à présent. La meilleure preuve lui a été donnée lorsqu’il a fini par invoquer cet objet dont il semblait avoir tellement besoin.

- Noon, comment est-ce possible? Comment as-tu retrouvé tes pouvoirs?! 

Serafina aurait dû faire plus attention. Tellement soulagée par ce qu’était parvenu à faire Oberon, elle en avait relâché son emprise sur leur adversaire. Celui-ci, dont la transformation avait été menée à terme entretemps, a fait voler le bouclier magique de la Reine en éclats. Repoussée par l’onde choc noire, cette dernière a quelque peu titubé en arrière, arrivant à portée de son allié dans ce combat. Les chaînes magiques qu’il détenait ont repoussé momentanément cette puissance sombre, leur laissant le temps d’échanger quelques mots ...

- Désolé de t’avoir fait attendre, Serafina. Mais maintenant c’est à mon tour. Je te demanderais de ne pas te mêler de la suite du combat, mais je suppose que c’est peine perdue, n’est-ce-pas?

La Reine s’est contentée de lui rendre son sourire ... Enfin pas exactement. Avec un doux sourire gravé sur les lèvres, elle s’est approchée du Roi et a posé sa main sur sa joue. Un sentiment de froid extrême s’est propagé entre leurs deux peaux et quand la jeune femme a retiré sa main, un magnifique cristal de glace était comme tatoué en blanc sur la pommette du souverain. Ce simili-tatouage ne s’attarderait pas éternellement, il se contenterait de rester en place le temps que son porteur aurait besoin du bouclier qu’il représentait. Serafina était confiante, le combat ne pouvait que s’achever en leur faveur, mais elle n’en restait pas moins prudente. Avec cette protection supplémentaire, le Roi ne pourrait se faire blesser « physiquement » par son alter-ego; ce dernier n’étant pas capable de passer outre la solidité de la glace. Elle ne pouvait cependant rien faire pour l’empêcher de douter à nouveau. Pour cela, il devrait se débrouiller seul.

- Voici ma contribution à ton combat contre toi-même, il ne sera pas dit que j'ai snobé ton cercle de confiance ..., a-t-elle murmuré, plus pour elle-même que pour son équipier.

Elle a ensuite tourné les yeux vers le monstre qui leur faisait à présent face, l’air furieux. Une brume de glace et de bons sentiments mêlés s’est formée, avançant inexorablement dans sa direction. Jusqu’à atteindre le combattant. Un sentiment de paralysie l’a alors submergé. Oberon ne disposait maintenant que de quelques minutes avant que leur adversaire ne comprenne comment contourner cette sensation illusoire ... La jeune femme espérait que cela serait suffisant. Elle commençait tout doucement à sentir poindre le contre-coup de toute cette énergie qu’elle dépensait depuis un moment maintenant, et elle avait peur de trop forcer sous une forme qu’elle ne maîtrisait pas vraiment.
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Dim 31 Aoû - 18:17


Le Roi ne se mentit pas à lui même. Quelque part, il se sentit un peu mal lorsqu'il vit que la Reine ne s'était pas jointe au groupe pour performer ce numéro de solidarité. Tristesse ou fierté? Il ne le savait pas exactement. Mais il n'avait pas le temps de penser à détails aussi futiles. Malgré le fait qu'Oberon ait réussi à repousser les attaques de la créature, s'en débarrasser s'avérait beaucoup plus compliqué. Pleinement concentré sur son combat, c'est en croisant brièvement le regard de Serafina qu'il se rendit compte qu'elle était également en train de lui sourire. Mais pas seulement. Avec cette douce expression sur son visage, elle s'était doucement approchée de lui avant de poser délicatement une main sur une joue du souverain. Il sentit alors une sensation glacée lui traverser les pores de la peau, s'encrant littéralement dedans. Le froid généré par son geste était intense, polaire, à la limite du supportable...pour le genre humain. Mais étant coutumier à cet élément, le blond fronça juste les sourcils au moment où le froid caressa son épiderme.
Elle retira alors sa main, mais le froid mordant ne disparut pour autant. Il toucha sa joue du bout des doigts lorsqu'il sentit alors une sorte de blizzard d'énergie lui envahir le corps. Oberon reconnut là la sensation familière d'un sort de protection, bien que ce soit rare d'en voir un de cette nature. Il fallait dire que les utilisateurs de la glace étaient plutôt rares, surtout dans le monde des humains.

«Voici ma contribution à ton combat contre toi-même, il ne sera pas dit que j'ai snobé ton cercle de confiance ...»

murmura-t-elle alors, semblait regarder dans le vide avant de finalement se tourner vers le monstre. Le blond fit mine de ne pas avoir entendu les paroles de la jeune fille mais esquissa tout de même un léger sourire, témoin de sa gratitude et d'un certain bonheur. Mais il aurait tout le temps de la remercier plus tard. Il ne savait pas combien de temps il pourrait utiliser ces nouvelles chaînes, d'autant plus que se maintenir sous cette forme astrale nécessitait énormement d'énergie spirituelle. Et pour couronner le tout, sa haine était à présent entrée dans une colère noire, sans mauvais jeux de mots, au point que ses narines étaient en train de siffler en recrachant une épaisse vapeur noire. Mais il n'eut pas le temps de faire parler sa furie, Une brume brillant d'un bel éclat à mi-chemin entre le bleu azur et le blanc fit son apparition, avançant alors en direction de l'hideuse créature. Avalant littéralement la buée sombre, la brume gelait le "sol" sur son passage, paralysant totalement la bête lorsqu'elle fut touchée. Au fur et à mesure que le nuage blanc l'enveloppait, Oberon sentit un sentiment de paix l'envahir petit à petit. Il mit une main sur sa poitrine puis se tourna vers Serafina. Il fronça alors les sourcils, avant de lui dire calmement, tentant de prendre une expression neutre pour masquer son inquiétude

«Serafina, n'en fait pas trop. Tes réserves d'énergies sont déjà bien basses.»

Mais juste par ces paroles, Oberon avait clairement déclaré se faire du soucis pour sa collègue. Et Oberon qui se préoccupait d'un autre, il s'agissait là d'un phénomène  d'une extrême. Il n'attendit pas la réponse de Serafina. Elle avait déjà immobilisé leur adversaire et il savait qu'il ne disposait pas de beaucoup de temps pour lui régler son compte. Le souverain serra fortement les points ainsi que la mâchoire, sa concentration atteignant son paroxysme. Une aura sous la forme d'un vent doré se mit alors à tournoyer autour de lui. Son armure se mit alors à briller puis se transforma pour devenir plus complète, ajoutant des protections là où il n'y en avait pas, dont un casque qui recouvrait à présent le crâne de la fée. Pour finir sa transformation, 6 paires de magnifiques ailes en écailles blanches se déployèrent dans son dos, qui généraient de la poudre dorée lorsqu'elles se mettaient à bouger. Il s'agissait là d'une vieille légende qui n'en était pas une. Si une fée vous offrait un peu de sa poudre, vous deveniez en mesure de vous élancer dans les airs.

Devant la métamorphose du Roi de Concordia, un mode qu'il utilisait lorsqu'il voulait utiliser au delà de 75% de sa force, la créature savait qu'elle venait de perdre le combat. Dans un ultime geste haineux, il concentra le maximum d'énergie qu'il put. Il ouvrit sa gueule, une petite sphère noir se tenant à l'intérieur. Elle se mit à grossir lentement, jusqu'à atteindre une taille qui représentait environ deux fois la taille de son créateur. Le blond fit un sourire au coin, impressionnée par la force de sa propre haine même lorsqu'elle était diminuée. Au fond, il savait qu'il n'était pas encore en mesure de s'en débarrasser totalement. Mais ce n'était pas le moment de douter, trop de gens comptaient sur lui en ce moment. Il se secoua intérieurement pour retrouver ses esprits mais ne fit toujours rien, attendant que la sphère atteigne sa taille optimale. Il aurait put attaquer bien avant  mais il se retint.

«Je ne t'ai pas attaqué tout de suite pour pouvoir t'affronter et battre avec toute la puissance dont tu disposes. Alors, ramènes-toi, qu'on en finisse!»

La créature tremblait, une quantité phénoménale de noirceur dans la gueule. Dans un puissant éclair noir, il relâcha tout ce concentré de force sous la forme d'une "planète" couleur ébène, fonçant droit sur la fée et son compagnon. Immobile comme une statue de cire, Zephyrius mit toute sa confiance en Serafina et encaissa l'attaque de plein fouet. La boule se retrouva comme bloquée par un mur de glace qui était apparu devant le monarque. Le choc était d'une rare violence, les deux énergies se neutralisant mutuellement. Mais le blond n'avait pas que la jeune fille comme soutient, comme force. Il brandit alors ses chaînes, qui vinrent former un cercle autour de lui, un peu à la manière de Saturne et ses anneaux. Elle se resserrèrent de plus en plus sur lui et lorsqu'elle se trouvèrent suffisamment proche de son corps, elles se relâchèrent dans une puissante onde de choc, repoussant alors la boule d'énergie vers son envoyeur. Oberon tendit la main et les chaînes vinrent s'enrouler autour de la sphère noire, la faisant exploser quelques secondes plus tard. Le souffle de l'explosion fut retenu par l'arme de la fée, évitant donc de toucher les multitudes de caisses de souvenirs inconscients présents dans cette dimension.

Épuisée par cette ultime offensive, la haine du monarque paraissait à présent plus chétive et beaucoup moins impressionnante, mais demeurant toujours aussi laide. L'homme en armure s'avança alors vers elle, se tenant alors debout devant elle, la regardant de haut.La créature se mit à gémir, parlant alors d'une petite voix faible et presque enfantine, bien loin de la voix monstrueuse qu'elle avait utilisé.

«T-tu crois que tu peux...te débarrasser de m-moi..? Je s-suis toi...nous so-sommes un...et...»

«...oui, personne ne peut se débarrasser de sa haine. Tôt ou tard, je ferais de nouveau appel à toi, mais cette fois...je ne serais plus seul.»

Il termina sa phrase en serrant fortement ses chaînes puis celles-ci vinrent saisir la créature avant de disparaître avec elle, l'emmenant dans un trou dimensionnel qui s'était ouvert presque en même temps. Personne ne peut tuer sa haine. Il l'avait renvoyé au fond de son cœur, sachant pertinemment qu'il ne serait jamais à l'abri de succomber à ses mauvais sentiments un jour. Il n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps. Son corps commençait déjà à disparaître. Sa haine partie, il ne pouvait plus être en mesure de demeurer dans son inconscient, là où il ne devait pas être. Il se tourna rapidement vers Serafina, et tendit sa main vers elle. Le corps de la jeune fille se mit à se décomposer avant de se faire aspirer par une tornade grise. La dernière image qu'il vit fut le visage de sa collègue, en train de lui hurler quelque chose. Puis plus rien.

Il ne savait pas où il se trouvait. Les yeux clos, il avait l'impression de s'être sorti d'un mauvais rêve. Mais il se sentit flotter, comme perdu dans le vide intersidéral, entendant ses propres pensées résonner dans l'espace. Et finalement, il sentit quelque chose dans son dos. Quelque chose de dur. Il sentit quelque chose contre lui, plutôt sur lui et trouva finalement la force d'ouvrir les yeux. Son regard s'ouvrit sur le sol. Il s'était effondrée sur celui-ci, la tête tourné vers la gauche. Il la pivota lentement, afin d'avoir la vue sur ce qu'il y avait au dessus. Et que pourrait-il dire à ce moment, si ce n'était "Quelle vue magnifique..!".




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Ven 5 Sep - 16:08
- Serafina, n'en fait pas trop. Tes réserves d'énergies sont déjà bien basses.

La Reine a souri. C’était tellement mignon de la part du Souverain de s’inquiéter. Mais elle avait un paquet d’années d’expérience derrière elle, bien assez pour savoir où se situaient ses limites, assez pour ne pas avoir besoin d’un chaperon attentionné. Elle aurait pu lui dire cela, lui asséner qu’elle savait se débrouiller seule ; cependant elle a préféré ne rien dire plutôt que de risquer de blesser son compagnon. Il ne semblait pas être un homme spécialement attentionné en temps normal donc, pour une fois qu’il ressentait une émotion proche de l’inquiétude, elle n’allait pas le déstabiliser.

De toute façon il n’aurait pas bien entendu sa réponse puisqu’il était en train de concentrer sa puissance, créant un vent aurique éblouissant. Les yeux légèrement plissés, Serafina a pu observer l’armure d’Oberon se compléter d’elle-même : chaque partie vulnérable l’instant d’avant se retrouvait maintenant couverte et protégée. La chose était déjà sublime en soi - toute personne, même aussi peu intéressée par les armures qu’elle l’était, aurait été impressionnée en voyant un tel spectacle - et la magie du moment a atteint son paroxysme lorsque des ailes se sont déployées dans le dos du guerrier. Les lames écaillées qui composaient les 6 paires étaient d’un blanc pur et légèrement doré qui rappelait à quiconque osait en douter que l’homme qui se tenait là n’en était pas un : il était issu d’une puissante lignée d’un peuple que beaucoup avaient tort de sous-estimer. La légère poudre dorée qui s’échappait des ailes chaque fois qu’elles se mettaient en mouvement a achevé d’impressionner la Reine. Elle qui avait souvent rêvé, étant petite, de voir un jour de ses propres yeux une fée en action ... On pouvait dire qu’en cet instant elle était comblée.

L’attention de Serafina a alors été détournée du Roi pour se fixer sur leur adversaire. A présent immobilisé par le froid, il avait décidé de jouer le tout pour le tout et d’utiliser son affreuse gueule comme réservoir de puissance. Une sphère noire s’est lentement formée, prenant sans cesse plus de place et plus de force. Un frisson glacé s’est emparé de la jeune femme et elle s’est tournée vers son allié. Cependant ce dernier ne semblait pas vouloir réagir. Les sourcils froncés d’incompréhension, elle a commencé à rassembler sa propre aura dans l’hypothèse où le Roi ne pourrait pas les protéger. Elle avait néanmoins confiance en lui et s’est demandé pourquoi il ne faisait pas mine de bouger.

- Je ne t'ai pas attaqué tout de suite pour pouvoir t'affronter et battre avec toute la puissance dont tu disposes. Alors, ramènes-toi, qu'on en finisse!

Ce n’est qu’en voyant l’énorme boule noire être propulsée vers eux que la Reine a eu un déclic. Le Roi ne les laissait pas démunis : il laissait l’occasion de s’exprimer au bouclier qu’elle avait posé sur lui. En urgence elle a invoqué un tatouage similaire, matérialisé sur son fin poignet. Elle n’était pas inquiète car elle connaissait la puissance de sa magie mais celle qui leur faisait face était particulièrement virulent. Comme un méchant rhume. Ou plutôt une très vilaine angine.

Serafina a senti son coeur bondir fort contre sa cage thoracique lorsqu’elle a vu Oberon subir la violence de l’attaque. Peur panique proprement inutile puisque ce dernier n’a absolument rien dû supporter. Un mur de glace aussi grand que la sphère venait de se matérialiser et les deux magies s’étaient percutées avec une tel violence que la jeune femme a senti la secousse dans ses tripes alors qu’elle se trouvait quelques pas plus loin. Entretemps le Souverain était entré dans la danse et commençait à manipuler les lourdes chaînes qui sont venues s’enrouler autour de lui à la manière d’anneaux pulsants de pouvoir. Une fois la boule éloignée des deux alliés, les chaînes se sont chargées de la faire exploser et, petit détail des plus importants, ont endigué la puissance dès lors libérée.

L’adversaire imposant et terrifiant d’autrefois n’était plus que le spectre de lui-même. La haine n’était plus représentée que par une petite chose maigrelette et extrêmement laide. Même sa voix était fluette et plus du tout impressionnante.

- T-tu crois que tu peux...te débarrasser de m-moi..? Je s-suis toi...nous so-sommes un...et...

- ...oui, personne ne peut se débarrasser de sa haine. Tôt ou tard, je ferais de nouveau appel à toi, mais cette fois...je ne serais plus seul.

En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire la chose a été emportée par les chaînes d’Oberon et plus aucune trace n’était visible du combat acharné qui venait d’avoir lieu. Soudain le guerrier a tendu la main vers Serafina qui s’est sentie comme aspirée. Elle a tenté de lui crier un « félicitation » mais de toute évidence les mots s’étaient perdus dans la désintégration de leurs corps psychiques.

La Reine n’a pas immédiatement ouvert les yeux. Elle était posée sur quelque chose d’irrégulier et de dur mais peu importait. Elle venait de faire ce que jamais auparavant elle n’avait eu l’occasion de faire : un voyage dans l’esprit d’une autre personne. Se sondant intérieurement, elle a vérifié que son esprit à elle n’avait pas été endommagé mais rien de subsistait. Même la migraine ne se faisait plus sentir. La jeune femme s’est donc permise d’ouvrir les yeux ... Sur Oberon qui la regardait, agréablement surpris. D’un mouvement brusque elle s’est relevée et s’est éloignée, rouge de confusion.

- Je suis vraiment désolée ! Je ne pensais pas que tous ces combats dans ton esprit allaient nous faire tomber du tronc d’arbre !

Elle a réajusté nerveusement ses vêtements et s’est recoiffée en vitesse. Son coeur battait à tout rompre comme si elle sortait d’une bataille. Elle sentait aussi les tiraillements caractéristiques de l’utilisation poussée de sa magie. Ce ne pouvait être ainsi ... Ils n’avaient combattu que par la pensée, ça n’était pas logique qu’elle en ressente les effets physiques ! S’étant arrangée et laissant tomber l’idée même de comprendre les conséquences de ce qu’il venait de se passer elle a poursuivi :

- J’ai bien cru que ta haine allait nous transformer en chair à pâté ... Mais tu as réussi à reprendre confiance en toi à temps. Toutes mes félicitations, tu viens de prouver que ta force sentimentale est aussi puissance que ta force magique.
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Sam 6 Sep - 7:05




Le fait d'avoir relevé brusquement ses paupières lui avait occasionnée quelques désagréments, notamment une vue partiellement floutée, le temps que ses yeux s'habituent enfin à l'afflux de lumière. Et lorsque sa vision se rétablit enfin, il tomba littéralement nez-à-nez avec Serafina. N'exagérons pas, leurs visages n'étaient pas si proches mais suffisamment pour qu'il puisse détailler celui de la jeune fille. Surpris par cet accueil des plus agréables à regarder, il ne réagit pas, se contentant de fixer sa collègue, non sans masquer une fascination devant ses grandes pupilles en azur. Avec la large protection métallique qu'il portait, il ne sentit pas immédiatement le contact de la Reine des Neiges sur son tronc mais en abaissant légèrement le regard, il se rendit compte qu'elle était assise sur lui, dans une position assez gênante pour un homme et une femme. Oberon n'étant pas un homme très porté sur ce genre de détails, il ne devait  pas se sentir honteux de la situation et devrait faire preuve d'un sang-froid exemplaire. Or, cette fois-ci, et sans qu'il n'en sache exactement le ou les raisons, ses joues prirent une couleur rose très pâle, à peine visible mais bien présente.  La surprise fut des deux côtés, Serafina se relavant brusquement et s'éloignement rapidement de la fée, le visage prenant alors une teinte rougeâtre, son embarras bien en évidence.

«Je suis vraiment désolée ! Je ne pensais pas que tous ces combats dans ton esprit allaient nous faire tomber du tronc d’arbre !»

À vrai dire, c'était plutôt logique. En temps normal, un télépathe gardait une partie de son énergie pour maintenir son corps réel mais lorsqu'il devait concentrer tout son pouvoir comme le fit le souverain, la suite était évidente. Mais ce n'était qu'un détail, il préféra passer outre les excuses de la jeune femme, se concentrant plus sur sa condition physique. Épuisé par cette lutte interne, il était en train de subir le contrecoup d'avoir utilisé plus de 70% de son pouvoir. Oui, même s'il s'agissait d'événements psychiques, l'énergie utilisée demeure la même et les effets sont perceptibles au niveau du corps original.
Avec le peu qui lui restait, il devait être en mesure de se mouvoir et probablement voler mais il se devait d'être prudent. Disposer de moins de 30% de son énergie vitale était une situation dangereuse et qui sait si des ennemis se terraient encore dans cette forêt. Qui sait ce qui était advenue de la barrière de glace pendant que nos deux mages étaient en transe? Les monstruosités arachnides étaient-elle de nouveau lâchées dans la nature? Il valait mieux être vigilants et même si son intention n'était pas d'effrayer sa partenaire, il devra lui faire part de ses craintes bientôt.

«J’ai bien cru que ta haine allait nous transformer en chair à pâté ... Mais tu as réussi à reprendre confiance en toi à temps. Toutes mes félicitations, tu viens de prouver que ta force sentimentale est aussi puissance que ta force magique. »

Toujours allongé sur le sol humide et bien qu'il la sentit s'agiter un peu, il ne vit pas ce qu'elle faisait. Les mains appuyées sur le sol, il se redressa lentement, avec difficulté. Son corps entier le faisait souffrir mais il fit de son mieux pour garder une expression calme. Il prit une grande inspiration puis se releva alors, avec toujours autant de difficultés et tituba jusqu'à ce que sa main trouve un arbre sur lequel s'appuyer. Il respirait assez rapidement et la fatigue se lisait très clairement sur son visage. Il baissa la tête pendant de longues minutes, fixant le sol d'un regard vide. Il ne pouvait le nier, inconsciemment il était capable d'apprécier, de compatir, de chérir et de se souvenir de ces moments affectifs. Il avait un cœur. Et ce coeur lui ouvrait de nouvelles possibilités, de nouveaux pouvoirs mais serait-il capable de faire appel à cette force le moment venue? Ou aurait-il besoin de quelque chose pour l'aider? Quelque chose ou plutôt...quelqu'un..

Finalement, il redressa sa tête, dirigeant ses yeux vers Serafina, un léger sourire sur le visage. Un sourire mêlant à la fois satisfaction et gratitude. Il prit alors la parole et lui répondit d'une voix encore audible mais déformée par la respiration haletante du souverain.

«Peut-être bien...mais tu te trompes sur une chose...à ce moment-là..c'est en toi que j'ai eu confiance, pas en moi..Sans toi, je serais probablement mort à l'heure qu'il est..ça me fait mal de le reconnaître mais..j'ai une dette envers toi à présent, et je...»

Un puissant battement de cœur lui arracha un gémissement rauque. Il se tint le buste avec sa main droite, ayant de plus en plus de mal à garder son équilibre. Il semblerait qu'il se soit trompé dans son estimation. Il n'avait pas prit en compte le coût d'énergie pour avoir maintenue son corps éveillé, celui des nombreux voyages entre les esprits et celui de ses combats contre les araignées. En additionnant tout cela, il se trouvait en fait aux bords de ses limites et il semblerait qu'il ne soit plus en étant de faire un pas de plus. Quel idiot! Il s'était laissé emporté par la fougue du combat qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il en faisait beaucoup trop. Ironique, surtout quand on pense que c'est lui qui avait mit en garde Serafina à ce sujet. Il voulu s'avancer vers elle mais trébucha en avant, se retenant alors sur l'arbre voisin. Mais il sentit déjà ses bras faiblir et sa vue se brouiller à nouveau. Il ne lui restait pas beaucoup de temps pour prendre une décision. Une fois de plus, il allait devoir faire confiance à la Reine. Il leva une fois de plus la tête vers elle.

«J-je ne suis plus en mesure de bouger. Il va falloir que tu nous ramènes à l'Organisation, et cela même si tu dois me porter...Ne me regardes pas de cette façon, je ne suis pas bête tu sais. J'ai un moyen de te faciliter la tâche..ma poudre magique te permettra de..v-voler et me rendra plus léger... ..sert toi juste de tes pensées...de la même façon dont tu uses de ta magie de glace.»

Dans un petit éclair de lumière, l'une de ses ailes se matérialisa et se mit à s'agiter afin de déverser une douche de poudre d'or sur Serafina. Il aurait bien voulu contacter Jack par télépathie mais il n'avait plus de ressources et le fait d'avoir sorti l'un de ses membres aviaires avait puisé dans ses ultimes réserves. Presque complètement vidé, ses bras et ses jambes ne furent plus en mesure de le soutenir et il entama alors une chute vers l'avant, le temps semblant se ralentir pour lui. Il eut l'ultime réflexe de mobiliser le peu de force qu'il avait pour rester éveillé mais pour combien de temps?




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Sam 20 Sep - 14:44
- Peut-être bien...mais tu te trompes sur une chose...à ce moment-là..c'est en toi que j'ai eu confiance, pas en moi..Sans toi, je serais probablement mort à l'heure qu'il est..ça me fait mal de le reconnaître mais..j'ai une dette envers toi à présent, et je...

Toute plongée qu’elle était dans la récupération de ses propres esprits, Serafina n’avait pas remarqué que quelque chose n’allait pas avec le Roi. Ce n’est qu’en entendant le ton qu’il utilisait pour parler qu’elle a pensé à lever les yeux sur lui et s’est rendue compte qu’il était beaucoup plus faible qu’elle. Occultant complètement ce qu’il était en train de lui dire, elle a rapidement analysé la situation. Son visage semblait tiraillé de fatigue, sa respiration était saccadée, et il ne parlait plus qu’avec un filet de voix.

Ayant fini de parler, il a lâché un gémissement rauque tout en tenant sa poitrine. Pas difficile alors de deviner qu’il souffrait. Etait-ce dû à son combat contre les arachnides, aux nombreux souvenirs remis sur le tapis, à son passage dans la tête de la Reine, à son combat contre sa haine ... Ou à l’accumulation de toutes ces choses ? La jeune femme n’a pas approfondi plus avant son analyse puisque son compagnon avait clairement besoin d’un coup de main. Il venait de tenter de s’approcher d’elle mais n’avait réussi qu’à tituber faiblement et à se raccrocher à un autre arbre que celui sur lequel il était appuyé au départ. Remarquez qu’il y avait eu une progression d’un arbre.

- J-je ne suis plus en mesure de bouger. Il va falloir que tu nous ramènes à l'Organisation, et cela même si tu dois me porter...Ne me regardes pas de cette façon, je ne suis pas bête tu sais. J'ai un moyen de te faciliter la tâche..ma poudre magique te permettra de..v-voler et me rendra plus léger... ..sert toi juste de tes pensées...de la même façon dont tu uses de ta magie de glace.

Serafina a eu vite fait d’effacer le petit sourire ironique qui s’était dessiné sur ses lèvres pour le remplacer par une moue inquiète. Non pas inquiète, carrément paniquée. Elle aurait donné beaucoup pour pouvoir aider son camarade, mais voler ne faisait absolument pas partie des choses qu’elle maîtrisait. Et encore moins avec un passager. S’il voulait mourir, ce serait plus tranquille et moins douloureux de rester là et d’attendre la Grande Faucheuse en discutant. Parce qu’elle doutait qu’un nez-à-nez impromptu avec le sol - avec un départ situé à une hauteur de plusieurs mètres - soit vraiment la manière la plus douce et la plus agréable de mourir.

Le refus de la Reine s’est étranglé dans sa gorge quand elle a senti la poudre de fée se déposer sur elle. Bon. Il ne lui laissait pas franchement d’alternative, alors tant pis pour lui : ils allaient voler jusqu’à l’Organisation. Ses yeux ont intercepté un mouvement et elle a juste eu le temps de se précipiter en avant pour amortir la chute d’Oberon. Par contre elle n’a pas su le maintenir debout et s’est décidée à l’allonger sur le sol le temps de décider quoi faire. Il semblait encore éveillé mais elle ne savait pas combien de temps cela allait durer. Il était vraiment urgent qu’elle le transporte jusqu’à l’infirmerie de l’Organisation. Elle ne pensait pas devoir un jour ravaler les critiques amusées qu’elle avait lancée au Loup lorsque celui-ci lui avait montré l’infirmerie. Dans la tête de la jeune femme de l’époque, une infirmerie n’était en rien utile pour des agents tels qu’eux. Mais il était évident qu’elle se devait de réviser son jugement à présent.

Elle a placé un bras sous les épaules et l’autre dans le pli des genoux du Roi et l’a soulevé. La légèreté de la fée l’a surprise puis elle s’est souvenue qu’il lui avait dit que la poudre de fée le rendrait aussi plus léger ...

- Prie pour qu'on s'en sorte ..., a-t-elle murmuré au guerrier avant de poursuivre.

Elle a fermé les yeux et a suivi ses instructions : lorsqu’elle utilisait sa magie de glace, elle se contentait d’imaginer puis de concentrer son pouvoir dans ce qu’elle avait imaginé. Les yeux toujours clos, elle a imaginé être en train de voler à 6 mètres du sol et s’est sentie soulevée par une force invisible mais puissante. Après avoir rouvert les yeux, elle a continué de concentrer son attention sur leur vol. Il ne s’agissait pas de perdre le fil de ce qu’elle faisait. Imaginant qu’elle avançait, elle a vu avec bonheur que leur vol commençait plutôt bien. Il ne restait plus qu’à espérer que cela se poursuivrait dans d’aussi bonnes conditions ...
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Lun 22 Sep - 6:46
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Persuadé qu'il allait terminer sa chute la face la première sur la mousse humide de la forêt, Oberon ferma les yeux et serra ses dents quelques secondes afin d'encaisser le choc. Contre toutes attentes, il se heurta à quelque chose de plutôt mou et une odeur agréable vint lui titiller lentement ses narines. Ouvrant lentement ses paupières, son nez s'était retrouvé dans un amas de fils blancs qui se frottaient avec douceur sur son épiderme. Ses pupilles se déplacèrent vers la gauche pour lui donner le visuel du profil de Serafina, qui s'était précipité sur lui pour lui éviter une énième chute. Mais soutenir un homme déjà imposant, mais qui plus est vêtu d'une armure lourde, n'était pas tâche aisée pour les bras fins de la jeune femme. Elle manœuvra tant bien que mal afin de pouvoir l'allonger sur le sol puis se mit à observer le souverain, l'air pensive. Les yeux  entrouvert, le blond fixait son partenaire, qui paraissait perdue dans de vaines réflexions. De toutes évidences, elle hésitait à suivre les directives du jeune homme. Mais avait-elle vraiment le choix? Attendre dans cet endroit lugubre reviendrait à servir de pâture à une horde d'araignée affamée et en quête de revanche. Bien que la Reine soit suffisamment puissante pour en venir à bout, sa phobie constituait un handicap et finir dévoré ne figurait pas dans la liste de projets de la fée.

Et finalement, l'agente se décida. Elle plaça un bras sous les épaules du jeune homme et l'autre sous ses jambes, puis elle le souleva tout en se redressant sur ses propres jambes. L'expression de surprise sur le visage de la jeune femme fut assez amusante à observer. À présent, Oberon ne devait peser que l'équivalent d'une petite dizaine de kilogrammes et il attendait avec impatience l'expression qu'elle affichera lorsqu'elle s'élancera dans les airs. Mais ce n'était pas vraiment le moment de s'extasier pour des choses aussi futiles. Surtout qu'en réalité, il se sentait plus gêné qu'autre chose. Serafina le portait d'une façon inconfortable pour son égo. Il tenait le rôle de la jeune fille en détresse dans les bras de son sauveur. "Pourquoi ne m'a-t-elle pas tout simplement porté sur ses épaules...?"

«Prie pour qu'on s'en sorte ...»

avait-elle murmuré avant de fermer les yeux afin de se concentrer. Elle n'avait qu'à suivre ses instructions et tout irait bien. Et puis, bien que les fées soient des créatures très croyantes aux divinités mystiques, le concept de prière est d'une absurdité aux yeux d'Oberon. Son esprit rationnel refusa de s'adonner à cette pratique et il se contenta de fixer le sol en attendant que sa collègue trouve enfin ses marques. C'est avec une sérénité absolue qu'il vit alors le sol s'éloigner de plus en plus, plaçant le peu de foi qu'il avait dans les capacités de la jeune femme. L'ascension se déroula sans encombres mais il évita tout de même de croiser le visage de son porteur afin de ne pas le déconcentrer. Au bout de quelques minutes, nos deux protagonistes flottaient à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, leur offrant une vision panoramique splendide de la forêt. Lentement mais sûrement, elle se mit à voler vers l'avant, en direction de la ville. Il tourna discrètement son regard vers elle, affichant son visage en contre-plongée. Elle semblait nerveuse mais pleinement concentrée sur sa tâche. Toujours par soucis de ne pas la perturber, Oberon ne dit rien de tout le trajet et détourna son regard vers l'horizon, se laissant bercer par la caresse du vent sur son épiderme. Le vol se déroulait sans encombre lorsqu'il sentit une présence familière qui venait de faire son apparition dans la zone. L'esprit complètement focalisé sur ce qu'elle devait faire, Serafina ne sembla pas l'avoir remarqué. Un tourbillon de feu se matérialisa devant elle, lui arrachant un cri de panique. Perdant la maitrise de son nouveau pouvoir, elle perdit "l'équilibre" et se mit à chuter dans le vide. Mais pour longtemps. Elle atterrit sur son postérieur dans ce qui ressemblait à un siège en cuir, à l'intérieur d'une calèche dorée tiré par de magnifiques chevaux à la robe noir,  qui flottait dans les airs.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle put apercevoir un individu de très grande taille, presque aussi imposant que le Roi des fées mais dont la tête était beaucoup plus...impressionnante. Une citrouille orange sur laquelle était sculptée des yeux, des narines et une bouche affichant un sourire à l'envers et une immense flamme qui sortait par le haut, comme une immense torche humaine. Instinctivement, elle s'était apprêtée à riposter en levant le bras  mais d'Oberon s'était dressée pour se poser délicatement sur l'avant-bras de Serafina. Elle se tourna vers le blond et ce dernier se contenta de bouger négativement la tête de gauche à droite pour lui signifier qu'il ne s'agissait pas d'un ennemi. L'inconnu flottait également dans les airs et celui-ci lévita lentement vers la calèche avant de s'arrêter à 5 mètres des portes et effectuer une élégante référence.

«Pardonnez-moi Mademoiselle Serafina, je ne voulais pas vous effrayer.» commença-t-il d'une voix plutôt rassurante. Les yeux de la Reine s'écarquillèrent mais l'homme-citrouille ne lui laissa pas le temps de réagir. «Ne vous étonnez pas si je connais votre identité. Sa Majesté est un homme avisé et l'usage d'un lien télépathique entre lui et moi-même lui semblait être nécessaire. Et il a eu raison. Lorsque je sentis que ce lien s'était rompu, j'en déduis que quelque chose était arrivé alors je suis venu aussi vite que je pouvais.»

Oberon avait toujours un coup d'avance et sans rien dire à sa partenaire, il avait anticipé que son serviteur se précipiterait à sa rescousse dans une telle situation. Le souverain esquissa un sourire au coin en direction de son fidèle majordome avant de finalement fermer les yeux pour plonger dans un profond sommeil. Ayant atteint ses limites, il était à présent plus judicieux pour lui de prendre du repos. Sa tête s'accota contre l'épaule de la Reine des Neiges et c'est en affichant un visage serein et apaisé qu'il s'en alla dans les bras de Morphée. L'homme de feu se posa sur le marchepied de la calèche puis  s'adressa de nouveau à Serafina.

«Pardonnez mon impolitesse, j'en oubliais de me présenter. Jack-ô-Lantern, premier conseiller et serviteur de sa Majesté. À présent, voulez-vous bien vous décaler vers la gauche, que je puisse m'installer s'il-vous plait? Bien entendu, je me ferais un plaisir de vous déposer là où il vous plaira. À moins que vous ne vouliez...nous suivre.»

finit-il sur une pointe d'humour.

Jack prit place sur la large banquette et les portes se refermèrent alors par magie. Il fit un geste de la main et le convoi se mit alors en mouvement avant de finalement disparaitre en un point lumineux dans le ciel. Pour aller où? Et bien,  demandez à cette chère Reine des Neiges!

FIN




Oberon's theme~ Heavens Divide


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[PV Reine des Neiges] Le collier de la Reine

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