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 Miroirs [Le Septième Corbeau]

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Invité
Mar 9 Déc - 16:45

 
Miroirs


 

 Je hais l'hiver.

Le paysage blanc me rappellent l'immaculée aseptisée des hôpitaux. Les magasins de noëls se parent de peluches bougeant en mouvements saccadés, accompagnés de musiques nasillardes et de voix préenregistrées digne de l'exorciste, et les rues s'illuminent de guirlandes à l'heure où l'on nous parle économie d'énergie et où les chauffages turbinent.

Plus que cela, le froid et la glace m'irritaient au plus haut point, et les fêtes que je passerais cette année me laissaient perplexe. Mes récents amis avaient-ils des projets pour ces fêtes? Et si non, devrais-je le passer avec eux? Cela faisait si longtemps que je n'avais pas contribué à cette mascarade que je n'étais plus sûre d'en connaître tous les codes. Et le temps contribuant, je me voyais dans l'âge où l'on devait à son tour arpenter les magasins à la recherche DU cadeau qui ferait plaisir le temps d'une soirée à une personne qui aurait l'estomac trop plein pour apprécier le chocolat ou tout autre délicieux produit alimentaire, de préférence un cadeau cher qui illuminerais la soirée de cette personne, avant qu'elle ne s'en lasse et se demande pourquoi vous avez pensé que ça lui plairait.

La seule chose que j'appréciais en ce mois était le marché de noël et ses châtaignes, churros/chichis et autres barbes à papa et sucres d'orge. Merveilleuse rêveries qui m'auraient parues d'autant plus attirante s'il n'y avait pas le repas de noël. Passer des heures affalée sur un coin de table à manger de quoi hiberner tout l'hiver me semblait d'une stupidité ineffable, d'autant plus que les discussions prolongeant le festin gavage m'ennuyaient profondément dans la mesure où elles ne s'adressaient pas à moi et me laissaient me momifier en silence coincée entre deux personnes inconnues (ou connues car vues une fois l'an ou qui de toute façon se foutent de moi comme de leurs premiers verres d'eau).

Pour l'heure, la nuit était bien avancée et les bicoques avaient sans doute clos leurs devantures enneigées. Et je me trouvais bien loin du centre-ville, frêle silhouette progressant dans l'épaisse neige qui recouvrait la forêt.

Le froid rentrais par tous les interstices possibles, se faufilant entre mon lourd manteau, s'insinuant jusqu'aux plus petits morceaux de peau à découvert. Mes mains tremblaient malgré les épaisses mitaines qui les recouvraient, bien enfoncées dans mes poches. La neige fondait sans bruit sous mes pas, avant de regeler, les camouflant. Effaçant jusqu'à la moindre trace de mon passage. Bougeant péniblement sous ma montagne de tissus, je marchais, un pas après l'autre, à l'affut du moindre bruit. L'Agonie, mince rivière qui serpentait entre les arbres tel un fin trait d'une craie blanche.

La pleine lune l'éclairait de façon incertaine, et le moindre pas de trop d'un côté ou de l'autre m'aurait fait chuter dans la glace, ce qui, au vu de sa solidité, m'aurait valu un magnifique bleu, ou perdue dans la forêt sans autre compagnie que le silence. Réjouissantes perspectives, n'est-ce pas? Je progressais donc lentement, progressivement, pas à pas, écoutant mon cœur battre et, quasi-imperceptible, l'eau couler sous sa surface gelée. La nappe phréatique en-dessous bougeait elle aussi, dans un lent et puissant courant qui aurait noyé n'importe quel humain et qui me paraissais la plus douce des musiques.

Un pas après l'autre. À la recherche d'un endroit où la glace plus fine pourrait se briser et me permettre de me glisser dans l'eau glacée. Qu'importe la température, je suis une ondine non?! Un endroit, si petit soit-il, dont je pourrais me servir pour réchauffer toute la rivière et faire voler en éclats la glace qui l'enserrait, libérer l'eau toute-puissante de sa prison de verre poli.

Des jours que l'eau était prisonnière sous l'épais linceul de givre, m'interdisant son accès.

Des jours que l'eau "sauvage", non-traitée pour la potabilité humaine, m'était inaccessible du fait de sa couche gelée. J'en étais devenue quasi-folle, en manque comme une droguée, en manque de l'eau sans javel et sans chlorure. Bien sûr, pas question de dégeler l'eau d'une fontaine du centre-ville, pas très discret. Peu m'importait au fond de remonter jusqu'aux grottes du cri du loup, ces animaux auraient sentit mon appartenance féerique et m'auraient fichu la paix. Et la rivière dégelée, quoi de plus simple et de plus rapide que de nager en apnée et en toute discrétion jusqu'à la lisière de la forêt?

Juste un endroit où la glace était plus fragile... Par pitié...
Cette litanie me tournait en tête, me tourmentais, me bousculait. Je la répétais comme un mantra indou, une prière à la source, aux jeunes noyés et à tous les dieux aquatiques qu'ils soient grecs, romains, celtes, indou, aztèques ou maya, peinant dans l'obscurité et veillant à chaque pas de ne pas m'écarter d'un sens ou de l'autre…

Un infime bruit me figea. Parfaitement immobile, je guettais le moindre indice de présence. Même mes battements de cœur s'étaient ralentis. J'ai pas envie de faire ma parano, mais... je crois qu'il y a quelqu'un qui approche... Un sacré psychopathe pour venir la nuit dans une forêt gelée bourrée de loups!
Ah nan, moi c'est pas pareil chuis pas humaine... Bon ok, je suis une psychopathe.
 
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Invité
Mer 10 Déc - 15:16
Je filais entre les arbres, sentant réapparaître peu à peu en moi les instincts que j'avais développé durant ces 9 ans de solitude intensive. Cette période sombre de ma vie où j'avais dû apprendre rapidement à survivre en milieu hostile et où j'avais oublié le peu d'éducation que mes parents avaient eu le temps de m'enseigner.
Je me souvenais tout de même que l'hiver, malgré le froid et le manque de nourriture, je tapissais de fougères le fond d'un terrier de renards et me pelotonnais contre les fourrures de lapins que j'avais attrapés en construisant des piège. J'étais si bien. C'était la petite zone éclairée de ma vie, ma motivation de continuer à me battre pour rester en vie.
J'étais un enfant à cette époque. J'en sourirais presque aujourd'hui.

La nuit était tombée très tôt aujourd'hui. Je n'avais pris avec moi qu'un manteau et une fine écharpe et l'avais regretté assez rapidement. Le froid brûlait ma peau pâle et mordait mes doigts. J'enfonçais mes mains dans mes poches, tentant d'échapper au vent glacial.
Une fois la lisière loin derrière moi, je retirais mes lunettes, laissant s'échapper de mes pupilles une lumière jaune. L'obscurité ne faisait que l'accentuer mais je n'y faisais pas attention.
Après tout… Personne ne pouvait me voir ici.

Je prévoyais de grimper dans un arbre et de contempler les étoiles quand quelque chose me parut étrange. Un bruit de pas, le son que la neige fait quand on marche dessus. Certainement pas le mien, mes pieds n'étaient plus sur le sol quand je l'ai entendu.
J’aperçus alors entre les branches une silhouette. A en juger par sa corpulence, il s'agissait sûrement d'un ours. Quoi que … ça démarche semblait laborieuse et il était un peu petit. J'envisageais les options qui s'offraient à moi avant de faire quoi que ce soit.

D'abord, je pourrais descendre de l'arbre et m'enfuir sans faire le moindre bruit mais j'étais trop curieux pour ça.
Ensuite, je pourrais attirer son attention…
Et puis mince ! Le temps que je prenne une décision, la chose serait partit depuis longtemps.
Je sautais de ma branche bruyamment pour qu'elle m'entende. Apparemment, ça avait marché, car la grosse silhouette, qui était en fait une personne sous une couche incalculable de vêtements, se figea.
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Invité
Mer 10 Déc - 18:39

Miroirs


 

O-Ok... Alors, 1: J'hallucine 2: Je rêve/cauchemarde 3: Je suis sacrément dans la m...ouise.
Une grande silhouette sombre de type slenderman sans tentacules se tenait dans la pénombre. Me dites pas que c'est un mythe créé de toutes pièces, je le sait, merci bien. Mais après le coup des deux folles aux USA, y'a peut-être un type du coin un peu psychopathe qui s'est dit "Tiens, je vais aller massacrer des gens dans la forêt en me déguisant en monstre! Ça pourrait être drôle!" et qui se tient devant moi. Riant à l'idée de me tuer et parfaitement ignorant des tortures très imaginatives dans lesquelles je pourrais le plonger. Au sens propre ET figuré bien sûr.
Bon, stop la paranoïa, un détail ne colle pas. Enfin, deux détails: une paire d'yeux jaunes me fixaient. Donc pas le slender sans visage, mais quoi alors? Depuis ma rencontre avec Matthew et Gabriel, je savais que certains humains aussi pouvaient avoir des yeux particuliers, donc? Humain ou esprit? Et plus important: ami ou ennemi? Seul ou en meute?
Ma "famille" m'avait-elle déjà retrouvée? Ou avaient-ils envoyé quelqu'un à ma recherche? Je mesurais maintenant toute la stupidité de mon projet: l'eau dégelée aurait alerté toute la forêt, et par la même aurait attiré des curieux. Animaux, humains et autres.

Retenant un juron et mon souffle, je me baissais jusqu'à finir accroupie. Posture de défense moins imbécile qu'elle n'en à l'air, car permet de bondir assez rapidement et de présenter le moins de surface à viser (armes à feu et armes blanches confondues). Et qui me permis de glisser le plus discrètement mes mains jusqu'à une petite gourde dissimulée sous mon manteau et d'en déboucher l'embout. Quoi, vous pensiez sérieusement que je sortais seule dans une forêt emplie de légendes et donc potentiellement d'esprits, sans possibilité d'avoir de l'eau liquide à disposition? Tss. C'est une précaution élémentaire en cas de sécheresse ou de gel!

Bien. Préparant ma défense au cas où (je n'avais pas l'intention d'attaquer un pauvre humain sans défense (enfin sauf s'il m'attaque en premier (et s'il n'y a pas de témoin))) je levais la tête vers... le... la... l'être et lui demandais:

- Qui êtes-vous?

Ma voix mourut dans un murmure a peine audible, secouée par le froid. Je pris une inspiration et répétais, plus fort cette fois-ci:

- Qui êtes-vous?!

Ah, là c'est mieux. Même si je devais plus avoir l'air sans défense, fragile, perdue et démunie au possible, ma voix ne tremblais plus. Genou à terre et mains cachées, j'avais l'air innocente en préparant une riposte le cas échéant.
 
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Invité
Jeu 18 Déc - 20:22
Elle se tourna vers moi, me scrutant avec méfiance.
Je me remémorais le jour où, dans ma forêt, j'ai fais face à un chien. Celui-ci avait sûrement été abandonné et condamné à se débrouiller seul (pareil que moi en fait). Il était maigre mais imposant et la faim semblait le rendre agressif ... assez pour que je me sente menacer. Nous sommes rester quelques minutes comme ça, face à face, immobiles. Je le regardais dans les yeux sans ciller. Et je ne sais pas si c'était mes yeux jaune ou autre chose, mais il a reculé. D'abord très lentement, puis il a détalé en soulevant dans sa course une montagne de neige. J'espère que ça ne va pas se reproduire maintenant.
Elle remua les lèvres à la manière d'un mime puis prononça une phrase :

- Qui êtes-vous?!

Si elle me pose cette question, c'est qu'elle veut en savoir plus sur moi, qu'on deviendra peut-être amis ! Du calme, du calme, pensais-je, d'abord, ne la regarde pas dans les yeux, ça pourrai la faire fuir comme avec le chien dans mon enfance.
Une vague de joie me parcourût entièrement et un grand sourire s'ancra inconsciemment sur mon visage. Je nous voyais déjà tous les deux, discutant et riant ensemble comme des amis, nous baladant comme des amis. Quoi de mieux que les amis ! Les amis c'est bon pour la santé ! Les amis ça s'entraide aussi !
Je m’emporte je crois … Après tout, qu'est-ce qui me dit qu'elle n'est pas une de ces psychopathe qui se promène la nuit dans une forêt pleine de loups !
D'accord, moi aussi je suis là mais c'est différent … Pas tant que ça en fait.
Bref, il faut rester prudent en toutes situations. Je dis donc avec assurance :

- Je m'appelle Hélias et je sais me défendre. Et vous, vous êtes qui ?

J'espère ne pas avoir été trop froid. Ce serait dommage de gâcher une si belle amitié avant même qu'elle ait commencé.
Et puis j'y pense ! Mes lunettes sont toujours dans ma poche, mes yeux brillent donc à pleine puissance mais elle ne s'est pas enfuit en me voyant. Bon d'accord, elle est sur ses gardes …
Mais qui ne le serait pas en apercevant une fine silhouette noire dont la tête est percée de deux yeux jaune semblable à ceux d'un prédateur nocturne.
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Invité
Ven 9 Jan - 18:26

Miroirs



HRP:
 

Le face à face s'étira, interminable. Des milliers de scénarios me passaient en tête, de plus en plus improbables et tordus. Si ça se trouve, c'est un humain qui sait que je n'en suis pas une. Il va m'envoyer une fléchette de sédatifs. Puis il va m'emmener dans un labo, et vont me faire subir des expériences. Une image passa dans mon esprit. Une base équivalente à la Zone 51, bardée de militaires. Moi, le crâne bardé d'électrodes. Et en avant les expériences loufoques et douloureuses. Ou alors une Institution comme dans La forêt des captifs, et mon corps méconnaissable poussé à ses limites, le feu dans les veines et mon esprit en miettes. Les opérations.
Et personne ne saurait où je suis. GML penserais que j'avais pris la fuite. Mes rares connaissances amicales oublieraient la fille étrange qui avait croisé leur vie, l'espace d'un instant.

Ou alors il était un adepte du gamma-hydroxybutyrate qui m'avait suivi. Hm. D'ordinaire une chose aussi simple qu'un violeur ne m'aurait pas fait peur, mais avec aussi peu d'eau sur moi, je doutais de pouvoir me défendre si Bambi décidais de me racketter (adolescence difficile, comprenez il a vu mourir sa mère!) ou si un ours jaune en t-shirt rouge débarquais pour m'enlever et demander une rançon en pots de miels.
Faut dire que le grand sourire qu'il affichait rendait mon malaise encore plus grand, mais m'apporta également une bouffée de colère rouge. Respire. Reste calme. Si ça se passais mal, je n'avais qu'à le toucher et le déshydrater. Je retins un sourire. Tommy n'avais pas tort, je devenais folle. Et inconsciente du danger. Il faut croire que les autres ondines avaient déteintes sur moi avec leurs façons folles d'agir. Mais c'était curieux de voir qu'alors que j'étais en danger, c'était les pensées humaines qui dominaient. La paranoïa est un problème typiquement humain.

- Je m'appelle Hélias et je sais me défendre. Et vous, vous êtes qui ?

Et apparemment celui-là est bien atteint! Mais s'il ignorait qui j'étais, alors il ne me recherchait pas. Donc il n'était pas dangereux. CQFD. Exit les idées d'expériences flippante, bonjour les images de meurtres et autres atrocités. Je me relevais lentement sans le quitter du regard. Les deux yeux jaunes de... Hélias, brillaient dans le noir, mais malgré ma méfiance je n'avais pas (trop) peur.

- Ondine. Et si vous êtes un pervers, psychopathe ou assimilé, je vous invite à rebrousser chemin si vous tenez à la vie.

Et sinon, je vis dans un monde où y'a que des poneys et des bisounours, Casimir nous fait des câlins et le plus horrible crime que j'ai commis, c'est arracher une patte à une peluche. Enfin bon, je me doutais que là, javais l'air soit d'une niaise, soit d'une psychopathe, peut-être même les deux à la fois. Ben ça doit bien exister un psychopathe niaise? Non?
Je dois avoir les neurones en trains de geler...

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Invité
Dim 25 Jan - 17:17
Le temps commençait à s'éterniser. Elle me toisait de haut en bas, sûrement jugeait-elle de la menace que je pouvais représenter. Elle paraissait fragile comme une fleur en hiver, avec sa triple couche de vêtement qui recouvrait son corps tout fin. Mais si j'ai bien appris quelque chose dans ma forêt, c'est qu'il na fallait pas se fier aux apparences, surtout quand la rencontre s'effectuait la nuit dans un bois.
Je remarquais, à la lumière de la lune, que ses yeux étaient rouges. Cela rendait son regard plus intense encore et il commençait réellement à me rendre mal à l'aise, moi, celui qui mesurait une bonne tête de plus qu'elle, celui qui était justement sensé l'intimider par son teint pale et son regard de prédateur. Mes cheveux commencèrent à se teinter de gris en partant de la racine, indicateurs de mon malaise. A mon grand soulagement, il ne faisait pas assez clair pour que cela se remarque, rendant invisible comme une panthère dans la nuit le moindre signe de faiblesse.

- Ondine. Et si vous êtes un pervers, psychopathe ou assimilé, je vous invite à rebrousser chemin si vous tenez à la vie.

D'accord ... au moins les choses étaient clairs entre nous. Mais bon, grâce à l’expérience que j'avais accumulé, je pouvais dire que notre relation amicale commençait sur de bonne bases (je dis bien grâce à MON expérience attention). Il fallait quand même que je désamorce un peu la situation parce que oui, en tout honnêteté, je l'avoue, je suis franc, vous allez peut-être trouver ça osé, vous allez peut-être avoir envie de me lapider (même si c'est un peu excessif) mais je décelais une certaine tension dans sa voie qu'il valait mieux apaiser pour repartir sur des bases seines.
Je tentais alors de lui proposer une activité comme le font les amis entre eux, tout en essayant sans grand succès d'effacer se sourire sur mon visage pale qui pouvait être interprété comme "sadique" par qui ne me connaissait pas assez ... c'est à dire n'importe qui (bouhouhouu je suis seul).
Animer par le souhait de briser ma situation solitaire, je me lançais (tête baissée je l'avoue) dans ma proposition de faire plus ample connaissance :

- Ca t'dirait qu'on discute en marchant parc'que j'aime pas trop êt' seul malgré qu'la j'sois seul et que j't'ai vu et ... qu' ...

Ho non, ho non !!! Le stress de la rencontre, son regard rouge pesant et le fait que ce soit une personne (je sais ça peut paraître étrange dit comme ça) et voila, je me perd, me mélange, je trébuche contre les mots et les sons qui sortent de ma bouche sont totalement incompréhensibles !

Mes racines foncent un peu plus, tirant vers le noir. Vous me direz que je ne peut pas savoir de quelle couleur elle sont si je ne me trouve pas devant un miroir. Pourtant je le sent, au plus profond de moi, je sent l'intensité de la noirceur, je sent aussi la couleur partir de mes racines pour descendre jusqu'à mes pointe. J'en ai conclu que les sentiments positifs éclaircissaient mes cheveux et que les négatifs les assombrissaient.

J'attendais donc, silencieux, la réaction de ... Ondine, m'attendant à ce qu'elle se moque de moi comme la grande majorité des gens avec qui j'avais déjà conversé.
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Invité
Lun 9 Fév - 22:44

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Froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid froid

Mon esprit se résumait à ce mot, cette sensation, et la notion de danger, rognée par le ralentissement progressif de mes pensées. J'étais un esprit, je ne mourrais pas pour si peu, mais tomber en hibernation n'est pas non plus l'état le plus rassurant face à un étranger. Tout un tas de pensées tordues et terrifiante me traversèrent l'esprit. Vous regardez les infos? Faites une compil des affaires de viols, enlèvements, meurtres et mutilations et vous aurez un aperçu de ma paranoïa.

Il-ne-faut-pas-que-je-m'endorme !

Ne pas s'endormir était mon seul et unique souhait. Même si la neige ressemblait de plus en plus à un nid douillet où me poser, m’appelant silencieusement. Une certaine fatigue venait, comme si j'étais bourrée. Je devais me concentrer pour rester debout et soutenir le jeune homme du regard. Ses étranges yeux jaunes... Après moi, Matthew, Gabriel et Yumi, voici Hélias! Bienvenue dans la capitale des yeux chelous!
Bref.
Sa voix me surpris encore, m'ôtant ces pensées voltigeants comme des filles en colère (faut vraiment que j'arrête d'écouter Indochine...)

- Ca t'dirait qu'on discute en marchant parc'que j'aime pas trop êt' seul malgré qu'la j'sois seul et que j't'ai vu et ... qu' ...

Il bégayait? Mais... pourquoi? Réfléchiiiis, réfléchiiiiis... Aw, mon temps de réflexion se prolongeai de façon désagréable. Mais au bon de quelques tentatives de dégripper les rouages de mon cerveau, la lumière hésitante d'une ampoule métaphorique éclaira un coin de l'esprit congelé qui me restait. Avait-il peur de moi?
Hmmmmm... Une gamine à demi flippée et à demi menaçante aux yeux rouges qui se balade la nuit dans des bois sombres. Bon. Je suis une psychopaaaataaaaate!

Reprenant mon calme, je fermais la gourde d'eau, me relevai lentement et fis un pas, puis un autre, restant sur la défensive.

- Hé ben... Heu... Quelle éloquence! Ça me va...

Je détournais le regard. Oui, au vu des circonstances, je pouvais, je devais même, me méfier de lui. Mais bon, mon instinct laissait entendre qu'il était pas dangereux, et si il s'imaginait pouvoir me battre, je le lyophiliserais en un temps record! Revenant donc à mon objectif premier, je fis mine d'épousseter mes vêtements et demander comme si cela m'était totalement égal:

-Au fait, par le plus grand des hasards, est-ce que tu ne saurais pas si une partie de l'Agonie a dégelé?

Heu... C'est moi ou ma phrase fait bizarre?

- Je veux dire... Tu sais, la rivière? Elle s'appelle l'Agonie. C'est un beau nom n'est-ce pas?

... Baka, baka, baka, baka da naa! J'enchaîne les bourdes! Mais, bizarrement, tout me semblait parfaitement logique. J'étais enfoncé dans un brouillard opaque d'où tout semblais bien, non tout semblait au mieux. Dans le meilleure des mondes. Logique.

Tout-est-logique...
Enfin-non...
Tout-est-blanc...
Tellement-blanc..
Tellement...
Noir.

Mes jambes lâchèrent et il me sembla tomber, tomber plus bas que sol dans l'obscurité née de mon esprit, comme une fleur succombant au gel.
 
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